Blog littéraire 2024

Partons vivre en Théorie

Ce livre-là, je l’ai écrit la rage au cœur. Les lecteurs connaissant mon écriture seront peut-être un peu déstabilisés par le changement de ton, le côté plus cash de mes dialogues et la manière qu’ont mes personnages de s’adresser à vous. Mais c’était nécessaire.

Le déclencheur de cette histoire, c’est la colère et l’émotion. La rage, donc. L’impuissance. La fatalité. Et puis parce qu’on ne peut pas en rester là, j’ai cherché autre chose, d’où pouvait donc bien venir la lumière alors ? Parce que même dans ces situations dramatiques qu’il m’arrive d’accompagner à l’hôpital, il y en a de la lumière. Il y en a. Et la plupart du temps, elle vient des enfants.

J’ai voulu retranscrire la vie dans ce qu’elle a de plus inacceptable et de plus merveilleux. Compliqué, hein ?

L’ensemble a donné ce roman, cette ode aux humains que je vous livre avec confiance. Vous vous y reconnaîtrez forcément, à un moment ou à un autre.

J’en profite pour vous remercier du fond du cœur, à vous qui avez la curiosité de me lire et l’infinie gentillesse de me l’écrire, à travers tous vos commentaires et vos étoiles. J’en suis touchée comme au premier jour ❤️

Alors belle découverte, soyez à nouveau curieux et confiants, et vive le partage de toutes ces émotions que nous échangeons.

Découvrez les cinq premiers chapitres de Partons vivre en Théorie ici

Blog littéraire 2022, Livre reçu dans une box

Repose-toi sur moi de Serge Joncour

Quand les contraires s’attirent… un très beau livre auquel je ne m’attendais pas du tout.

Ludovic est un agriculteur reconverti dans le recouvrement de dettes et vit seul dans un Paris hostile où les gens se frôlent, se dévisagent sans humanité. Aurore a beau habiter au même endroit, elle est aux antipodes. Styliste élégante, mariée à un homme d’affaires américain et maman de jumeaux de six ans, sa vie brille de l’extérieur. De l’intérieur, c’est une autre histoire.

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Blog littéraire 2022, Livre reçu dans une box

Sara ou l’émancipation de Carl Jonas Love Almqvist

Présenté comme un court roman féministe avant l’heure, ce petit livre dont l’histoire serait banale aujourd’hui – un homme et une femme se rencontrent lors d’un voyage et se plaisent sans pour autant avoir de projet de vie commun – a pourtant fait scandale lors de sa parution en 1838 dans une Suède protestante et conservatrice.

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Blog littéraire 2022, Livre reçu dans une box

La vie qui m’attendait de Julien Sandrel

Romane est médecin, hypocondriaque et malgré ses trente-neuf ans très dépendante de l’avis de son père pour prendre la moindre décision concernant sa vie. Une vie étriquée, triste et solitaire même si la jeune femme ne manque pas d’humour.

Lorsqu’une de ses patientes affirme avec certitude l’avoir aperçue dans un hôpital nord de Marseille, Romane est troublée. A-t-elle un double quelque part, un sosie? L’occasion est trop belle pour fuir enfin son quotidien pesant. Elle découvre alors avec stupéfaction qu’elle a probablement une sœur jumelle. Malade certes, mais tellement plus épanouie qu’elle. Libraire et maman d’une petite fille de cinq ans, Juliette est son double lumineux.

Confronté à cette stupéfiante réalité, le père de Romane nie en bloc la possibilité de cette gémellité tombée du ciel. Je ne peux en dire plus sous peine de dévoiler l’intrigue…

Ce roman tendre joue à fond le registre émotionnel, et ça fonctionne! J’ai passé un joli moment de lecture, comme à chaque fois avec Julien Sandrel, dont c’est le troisième livre que j’ai l’occasion de découvrir.

Celui-là m’a été envoyé par la box littéraire Kube, que je remercie pour ses choix éclectiques, variés et de ce fait toujours inattendus!

Blog littéraire 2022, Livre reçu dans une box

La brodeuse de Winchester de Tracy Chevalier

Winchester, 1932. Violet Speedwell a 38 ans et après avoir perdu son fiancé lors de la guerre 14-18, elle fait partie de ces « femmes excédentaires », celles qui ont dû rester célibataire faute de mari potentiel tant les hommes de sa génération ont été décimés sur les champs de bataille.

C’est au cœur d’un univers singulier que l’auteure nous invite, celui d’un cercle de brodeuses mené par la solaire Louisa Pesel (qui a réellement existé) pour créer les broderies destinées aux agenouilloirs et coussins de la grande cathédrale de Winchester. Dès la première réunion, Violet est happée par l’ambiance à la fois studieuse et solidaire de ces femmes aussi différentes que possible, de la fantasque Gilda à la cinglante Mrs Biggins, et se prend de passion pour cette activité créative qu’elle mène tant bien que mal en parallèle de sa vie professionnelle de dactylo au sein d’une compagnie d’assurances.

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Blog littéraire 2022, Livre reçu dans une box

Les étoiles s’éteignent à l’aube de Richard Wagamese

Les étoiles s'éteignent à l'aube par Wagamese

Si vous aimez Steinbeck et la littérature américaine, n’hésitez surtout pas à vous plonger dans cette splendide odyssée à travers l’ouest du Canada, entre le Pacifique et les chaînes montagneuses.

J’ai été saisie par ce périple initiatique dans lequel Franklin Starlight, un jeune homme de seize ans, recherche ses origines en accompagnant son père Eldon jusqu’à sa dernière demeure. Ce dernier souhaite être enterré comme un guerrier, dans la tradition des indiens ojibwé dont il est issu. Mais Eldon est détruit par l’alcoolisme et son fils peine à le mener en haut de la montagne. Peu à peu, nous découvrons pourquoi Eldon a eu tant de mal à vivre une vie digne de celle de ses ancêtres, l’origine de toutes ses failles et les multiples épreuves auxquelles il a été confronté.

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Blog littéraire 2022, Livre reçu dans une box

L’aube sera grandiose de Anne-Laure Bondoux

L'aube Sera Grandiose (Folio)

Un très beau livre d’initiation, entre secrets de famille et transmission mère-fille, qui m’a beaucoup plu pour son écriture sincère et les portraits tendres et authentiques de ses personnages.

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Blog littéraire 2022, Mes coups de coeurs ❤️

S’adapter de Clara Dupont-Monod

S’adapter – Poche 7,90€*

❤️ Coup de cœur ❤️ J’ai été bouleversée par ce livre à l’écriture magnifique qui lève un voile authentique et pudique sur le handicap lourd de l’enfant. Confrontée dans ma vie professionnelle à « l’envers du décor », voir cet enfant à travers les yeux de ses frères et sœur m’a aidée à comprendre mieux encore toutes les ambivalences et le bouleversement à long terme que peut représenter l’arrivée d’un enfant vraiment inadapté au sein d’une famille.

Le titre « S’adapter » est d’ailleurs d’une justesse terrible. Effectivement, apprendre que son bébé, son frère ne verra jamais, ne tiendra jamais debout, ne sera jamais dans les interactions attendues… ne laisse pas d’autre choix. En fonction de ses possibilités, de son tempérament, de la famille telle qu’elle préexistait avant ce séisme, chacun doit trouver sa voie jusqu’à cet enfant si particulier et s’adapter à lui, car lui ne fera pas le chemin inverse.

S’adapter signifie-t-il accepter ? pas forcément, et surtout ça ne veut pas dire que tout se fasse sans colère, sans révolte. Si le fils aîné fait preuve d’un dévouement et même d’une abnégation admirables et stupéfiants pour son jeune âge, la sœur cadette déteste ce petit frère qui lui a volé le bonheur de ses parents et le temps passé avec son grand frère. Il la dégoûte avec son palais creux, ses gouttes dans les yeux et son regard vide. Cette déshumanisation de l’enfant n’est ni méchante ni égoïste, c’est un réflexe de survie.

Enfin, nous découvrons aussi le point de vue de l’enfant qui vient après. Le dernier, celui qui répare et console, qui adoucit et renforce des liens abîmés mais non rompus ; et cette ombre persistante – ou cette lumière ? – de l’enfant inadapté qui accompagnera toujours ses pas. Il ne l’a pas connu mais il l’imagine et lui parle en secret, tentant de donner à son absence en creux la plénitude d’une présence.

Le parallèle lyrique effectué entre la nature sauvage des Cévennes et l’histoire de cette famille, de leur adaptation à l’enfant, est d’une grande beauté. Tout en délicatesse et en retenue, sans aucune sensiblerie ni voyeurisme, l’ensemble est vrai et extrêmement fort. J’ai eu les larmes aux yeux à de nombreuses reprises et cela ne m’arrive pas souvent en cours de lecture…

Bref, lisez ce livre absolument ❤️

« On parlait doux pour ne pas brusquer l’enfant si sage dans son transat. Il sentait bon la fleur d’oranger. Il semblait attentif et tranquille. Il avait les joues rondes et pâles, des cheveux bruns, de grands yeux noirs. Un bébé de la région, qui lui appartenait. Les montagnes ressemblaient à des matrones veillant sur le transat, les pieds dans les rivières et le corps nappé de vent. L’enfant était accepté, semblable aux autres. Ici les bébés avaient les yeux noirs, les vieux étaient minces et secs. Tout était dans l’ordre. »

« C’était un spectacle un peu étrange de voir ce garçon d’une dizaine d’années, en pleine santé, recueilli contre un autre, déjà étrange sans être encore bizarre : la taille d’un enfant de presque un an mais la bouche entrouverte, sans effort de contact, très calme, les yeux noirs vagabondant. Leur ressemblance physique sautait aux yeux et nul n’aurait su dire pourquoi cette similitude perçait le cœur. »

« Il aimait par-dessus tout l’impassible bonté, la primaire candeur de l’enfant. Le pardon était dans sa nature puisqu’il n’émettait aucun jugement. Son âme ignorait, de façon absolue, la cruauté. Son bonheur se réduisait à des choses simples, la propreté, la satiété, le moelleux de son pyjama violet ou une caresse. L’aîné comprenait qu’il tenait là l’expérience de la pureté. Il en était bouleversé. Aux côtés de l’enfant, il ne cherchait plus à brusquer la vie dans la crainte qu’elle ne lui échappe. La vie, elle était là, à portée de souffle, ni craintive ni combattante, juste là. »

« Jamais il ne pensa aux autres enfants qui, à cet âge, auraient effectué d’immenses progrès. Il ne le comparait pas. Moins par réflexe de protection qu’en vertu d’un bonheur plein, complet, si original que la norme lui paraissait fade. Par conséquent, il s’en désintéressait. »

« Cet être n’apprendrait jamais rien et, de fait, c’est lui qui apprenait aux autres. »

« Il ne se demandait pas, comme le faisaient ses parents la nuit, quelle aurait été sa voix s’il avait pu parler, quel caractère aurait été le sien, enjoué ou taciturne, casanier ou turbulent, quel aurait été son regard s’il avait pu voir. Il le prenait tel qu’il était. »

« L’inquiétude a planté en lui ses racines, germé comme le figuier des montagnes, coriace et résistant. Cela passera peut-être un jour. Peut-être pas. »

« Personne ne se doute que derrière ce cadre en costume, un enfant étrange laisse danser ses yeux noirs. » 

« En la cadette s’implanta la colère. L’enfant l’isolait. Il traçait une frontière invisible entre sa famille et les autres. Sans cesse, elle se heurtait à un mystère : par quel miracle un être diminué pouvait-il faire tant de dégâts ? »

« Si la cadette résumait, l’enfant avait pris la joie de ses parents, transformé son enfance et confisqué son frère aîné. »

« Dira-t-on un jour l’agilité que développent ceux que la vie malmène, leur talent à trouver chaque fois un nouvel équilibre, dira-t-on les funambules que sont les éprouvés ? »

« Il sentait bien que ce n’aurait pas dû être son rôle. Mais il sentait aussi que le sort aime défaire les rôles, et qu’il fallait s’adapter. Cela n’appelait ni réflexion, ni révolte. Les choses étaient ainsi données. »

« S’il avait pu connaître l’enfant, il aurait eu cela en commun avec lui, l’acceptation entière de la montagne. »


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Blog littéraire 2022, Livre reçu dans une box

Seul l’avenir le dira de Jeffrey Archer

Chroniques des Clifton, tome 1 : Seul l'avenir le dira par Archer

Harry Clifton est né en 1920 en Angleterre. Fils d’un docker et d’une serveuse, ses origines modestes le complexent lorsqu’il entre à la prestigieuse école de Saint-Bède, où se côtoient essentiellement les fils de bonne famille de l’Angleterre snob de l’entre-deux-guerres.

Le parcours de Harry est complexe. Son père étant mort à la guerre, il est élevé par sa mère qui tente par tous les moyens de subvenir à ses besoins et de lui donner les meilleures chances possibles pour son avenir. Durant sa petite enfance, Harry est peu assidu en cours et sait à peine lire et écrire tant il préfère fréquenter les docks en compagnie de son oncle plutôt que les bancs de l’école. La découverte de sa voix exceptionnelle de soprano au hasard des messes dominicales le propulse dans la chorale de la paroisse et lui donnent enfin la motivation nécessaire pour travailler à l’école. Il fait alors partie des meilleurs élèves, et son talent conjugué à son intelligence lui ouvrent les portes de St-Bède.

Harry y forgera son amitié avec Giles Barrington, le fils de Hugo Barrington qu’avait croisé dans sa jeunesse sa mère Maisie. La famille Barrington est riche, puissante, et cache de lourds secrets qui viendront bouleverser le destin de Harry. Lorsqu’il tombe amoureux d’Emma, la jeune sœur de Giles, des tensions inédites apparaissent et menacent le bonheur naissant des jeunes gens. Mais le vieux Jack Tar veille dans l’ombre. Singulier ami d’Harry depuis toujours et devenu son mentor au fil du temps, il tentera par tous les moyens de sortir le jeune homme et sa mère des pièges que le destin leur tend.

Il s’agit du premier volet d’une saga de 4 tomes, que j’ai découvert grâce à la box littéraire Kube.

J’ai passé un très bon moment de lecture, et si l’occasion s’en présente je n’hésiterai pas à lire la suite.

Blog littéraire 2021, Livre reçu dans une box

Le fils du professeur de Luc Chomarat

Le fils du professeur par Chomarat

J’ai eu l’impression de lire Le petit Nicolas version littérature ❤

Tendre, nostalgique, drôle, le regard d’un enfant sur son monde dans les années 70-80 nous emporte avec lui dans sa vision simple et authentique, naïve et émouvante, pour une tranche de vie sincère et juste au cœur des mœurs de cette époque-là.

La légèreté n’est cependant qu’apparente et l’insouciance souvent feinte ; grâce à une plume aussi pudique que sensible nous comprenons à demi-mot les tourments et les blessures qui affleurent et dureront longtemps, bien au-delà de l’adolescence sur la fin de laquelle nous quittons cet enfant précoce fasciné par les bandes dessinées au grand dam de son père, professeur sérieux et austère qui navigue en des sphères inatteignables.

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