Blog littéraire 2022, Livre reçu dans une box

La brodeuse de Winchester de Tracy Chevalier

Winchester, 1932. Violet Speedwell a 38 ans et après avoir perdu son fiancé lors de la guerre 14-18, elle fait partie de ces « femmes excédentaires », celles qui ont dû rester célibataire faute de mari potentiel tant les hommes de sa génération ont été décimés sur les champs de bataille.

C’est au cœur d’un univers singulier que l’auteure nous invite, celui d’un cercle de brodeuses mené par la solaire Louisa Pesel (qui a réellement existé) pour créer les broderies destinées aux agenouilloirs et coussins de la grande cathédrale de Winchester. Dès la première réunion, Violet est happée par l’ambiance à la fois studieuse et solidaire de ces femmes aussi différentes que possible, de la fantasque Gilda à la cinglante Mrs Biggins, et se prend de passion pour cette activité créative qu’elle mène tant bien que mal en parallèle de sa vie professionnelle de dactylo au sein d’une compagnie d’assurances.

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Les étoiles s’éteignent à l’aube de Richard Wagamese

Les étoiles s'éteignent à l'aube par Wagamese

Si vous aimez Steinbeck et la littérature américaine, n’hésitez surtout pas à vous plonger dans cette splendide odyssée à travers l’ouest du Canada, entre le Pacifique et les chaînes montagneuses.

J’ai été saisie par ce périple initiatique dans lequel Franklin Starlight, un jeune homme de seize ans, recherche ses origines en accompagnant son père Eldon jusqu’à sa dernière demeure. Ce dernier souhaite être enterré comme un guerrier, dans la tradition des indiens ojibwé dont il est issu. Mais Eldon est détruit par l’alcoolisme et son fils peine à le mener en haut de la montagne. Peu à peu, nous découvrons pourquoi Eldon a eu tant de mal à vivre une vie digne de celle de ses ancêtres, l’origine de toutes ses failles et les multiples épreuves auxquelles il a été confronté.

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Restons bons amants de Virginie Carton

Restons bons amants par Carton

Un roman tout en pudeur et en finesse sur un thème qui peut sembler éculé mais qui ne l’est pas tant que ça au vu de la manière chaque fois différente et nouvelle dont il est abordé en littérature…

L’auteure explore le déchirement entre un amour passé et présent, ce vertige qui saisit l’héroïne lorsqu’elle retrouve son amant, puis l’abîme qui menace de l’engloutir lorsqu’elle mesure les risques qu’elle prend, tout ce qu’elle met en balance… l’amour de son mari, qu’elle aime toujours, sa vie de famille, ses enfants…

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L’aube sera grandiose de Anne-Laure Bondoux

L'aube Sera Grandiose (Folio)

Un très beau livre d’initiation, entre secrets de famille et transmission mère-fille, qui m’a beaucoup plu pour son écriture sincère et les portraits tendres et authentiques de ses personnages.

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Dans le souffle de la bombe de Karen Northshield

Dans le souffle de la bombe

Le combat d’une rescapée des attentats de Bruxelles… ou l’histoire d’une vie fracturée par l’indicible horreur du terrorisme, avec tout ce que ce mot comporte d’injustice et d’anéantissement. Négation de l’être humain, de la vie, de tout ce qui donne sens à nos existences.

Comment se relève-t-on d’une épreuve pareille ?

Karen est une belle jeune femme de 30 ans, une athlète qui a enfin réussi à aligner ses passions et son métier, depuis quelques mois elle est coach sportive à temps plein et s’épanouit pleinement dans cette nouvelle vie qui démarre à peine. Elle vit en Belgique et décide de rendre visite à sa grand-mère aux Etats-Unis. Ce matin-là, le jour du départ, elle se presse un peu pour ne pas stresser, elle préfère être en avance et elle pense qu’elle a eu raison, vu la file d’attente au comptoir d’embarquement.

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La beauté du ciel de Sarah Biasini

La beauté du ciel par Biasini

Comment s’autorise-t-on a devenir mère lorsque la sienne est à ce point iconique, sublime de beauté, de talent, de reconnaissance et d’amour? Tout le monde connaît Romy Schneider et chacun pense qu’elle lui appartient un peu, après tout elle incarne le patrimoine culturel français qui le lui rend bien…

Oui mais. Cette icône était aussi et avant tout une femme, traversée par des désirs, des angoisses, confrontée à des épreuves et des deuils, dont le dernier, celui de son fils David, l’a mise à terre. Elle est décédée à 44 ans, laissant derrière elle sa fille Sarah, alors âgée de 4 ans et demi. À travers ce court récit autobiographique, cette dernière raconte avec beaucoup de pudeur son parcours de fille, de femme et de mère qui a du se construire envers et contre tout « ça ».

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La vie rêvée des hommes de François Roux

La vie rêvée des hommes par Roux

De 1944 à nos jours, l’auteur retrace à travers le destin de Stanley et Paul l’évolution des mœurs et les luttes de la communauté homosexuelle pour vivre au grand jour, sans honte, sans stigmatisation, sans exclusion.

Du cercle familial le plus intime à la société toute entière, nous percevons l’intense détresse dans laquelle peuvent plonger ceux que les « bien-pensants » rejettent en les considérant comme des êtres pervertis, en déshumanisant cette partie indissociable d’eux-mêmes et qu’ils n’ont pourtant pas choisi d’incarner. Lorsque Luca, le petit protégé de Paul, se fait tabasser par son père et rejeter par sa mère à l’âge de seize ans parce qu’ils ont trouvé et lu son journal intime, on espère devant tant d’injustice qu’ils finiront par cheminer avec l’âge, mais il n’en sera rien. Combien d’hommes brisés vivront-ils le même rejet destructeur avant qu’enfin les mentalités s’ouvrent un peu ?

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Blog littéraire 2022, Mes coups de coeurs ❤️

S’adapter de Clara Dupont-Monod

S’adapter – Poche 7,90€*

❤️ Coup de cœur ❤️ J’ai été bouleversée par ce livre à l’écriture magnifique qui lève un voile authentique et pudique sur le handicap lourd de l’enfant. Confrontée dans ma vie professionnelle à « l’envers du décor », voir cet enfant à travers les yeux de ses frères et sœur m’a aidée à comprendre mieux encore toutes les ambivalences et le bouleversement à long terme que peut représenter l’arrivée d’un enfant vraiment inadapté au sein d’une famille.

Le titre « S’adapter » est d’ailleurs d’une justesse terrible. Effectivement, apprendre que son bébé, son frère ne verra jamais, ne tiendra jamais debout, ne sera jamais dans les interactions attendues… ne laisse pas d’autre choix. En fonction de ses possibilités, de son tempérament, de la famille telle qu’elle préexistait avant ce séisme, chacun doit trouver sa voie jusqu’à cet enfant si particulier et s’adapter à lui, car lui ne fera pas le chemin inverse.

S’adapter signifie-t-il accepter ? pas forcément, et surtout ça ne veut pas dire que tout se fasse sans colère, sans révolte. Si le fils aîné fait preuve d’un dévouement et même d’une abnégation admirables et stupéfiants pour son jeune âge, la sœur cadette déteste ce petit frère qui lui a volé le bonheur de ses parents et le temps passé avec son grand frère. Il la dégoûte avec son palais creux, ses gouttes dans les yeux et son regard vide. Cette déshumanisation de l’enfant n’est ni méchante ni égoïste, c’est un réflexe de survie.

Enfin, nous découvrons aussi le point de vue de l’enfant qui vient après. Le dernier, celui qui répare et console, qui adoucit et renforce des liens abîmés mais non rompus ; et cette ombre persistante – ou cette lumière ? – de l’enfant inadapté qui accompagnera toujours ses pas. Il ne l’a pas connu mais il l’imagine et lui parle en secret, tentant de donner à son absence en creux la plénitude d’une présence.

Le parallèle lyrique effectué entre la nature sauvage des Cévennes et l’histoire de cette famille, de leur adaptation à l’enfant, est d’une grande beauté. Tout en délicatesse et en retenue, sans aucune sensiblerie ni voyeurisme, l’ensemble est vrai et extrêmement fort. J’ai eu les larmes aux yeux à de nombreuses reprises et cela ne m’arrive pas souvent en cours de lecture…

Bref, lisez ce livre absolument ❤️

« On parlait doux pour ne pas brusquer l’enfant si sage dans son transat. Il sentait bon la fleur d’oranger. Il semblait attentif et tranquille. Il avait les joues rondes et pâles, des cheveux bruns, de grands yeux noirs. Un bébé de la région, qui lui appartenait. Les montagnes ressemblaient à des matrones veillant sur le transat, les pieds dans les rivières et le corps nappé de vent. L’enfant était accepté, semblable aux autres. Ici les bébés avaient les yeux noirs, les vieux étaient minces et secs. Tout était dans l’ordre. »

« C’était un spectacle un peu étrange de voir ce garçon d’une dizaine d’années, en pleine santé, recueilli contre un autre, déjà étrange sans être encore bizarre : la taille d’un enfant de presque un an mais la bouche entrouverte, sans effort de contact, très calme, les yeux noirs vagabondant. Leur ressemblance physique sautait aux yeux et nul n’aurait su dire pourquoi cette similitude perçait le cœur. »

« Il aimait par-dessus tout l’impassible bonté, la primaire candeur de l’enfant. Le pardon était dans sa nature puisqu’il n’émettait aucun jugement. Son âme ignorait, de façon absolue, la cruauté. Son bonheur se réduisait à des choses simples, la propreté, la satiété, le moelleux de son pyjama violet ou une caresse. L’aîné comprenait qu’il tenait là l’expérience de la pureté. Il en était bouleversé. Aux côtés de l’enfant, il ne cherchait plus à brusquer la vie dans la crainte qu’elle ne lui échappe. La vie, elle était là, à portée de souffle, ni craintive ni combattante, juste là. »

« Jamais il ne pensa aux autres enfants qui, à cet âge, auraient effectué d’immenses progrès. Il ne le comparait pas. Moins par réflexe de protection qu’en vertu d’un bonheur plein, complet, si original que la norme lui paraissait fade. Par conséquent, il s’en désintéressait. »

« Cet être n’apprendrait jamais rien et, de fait, c’est lui qui apprenait aux autres. »

« Il ne se demandait pas, comme le faisaient ses parents la nuit, quelle aurait été sa voix s’il avait pu parler, quel caractère aurait été le sien, enjoué ou taciturne, casanier ou turbulent, quel aurait été son regard s’il avait pu voir. Il le prenait tel qu’il était. »

« L’inquiétude a planté en lui ses racines, germé comme le figuier des montagnes, coriace et résistant. Cela passera peut-être un jour. Peut-être pas. »

« Personne ne se doute que derrière ce cadre en costume, un enfant étrange laisse danser ses yeux noirs. » 

« En la cadette s’implanta la colère. L’enfant l’isolait. Il traçait une frontière invisible entre sa famille et les autres. Sans cesse, elle se heurtait à un mystère : par quel miracle un être diminué pouvait-il faire tant de dégâts ? »

« Si la cadette résumait, l’enfant avait pris la joie de ses parents, transformé son enfance et confisqué son frère aîné. »

« Dira-t-on un jour l’agilité que développent ceux que la vie malmène, leur talent à trouver chaque fois un nouvel équilibre, dira-t-on les funambules que sont les éprouvés ? »

« Il sentait bien que ce n’aurait pas dû être son rôle. Mais il sentait aussi que le sort aime défaire les rôles, et qu’il fallait s’adapter. Cela n’appelait ni réflexion, ni révolte. Les choses étaient ainsi données. »

« S’il avait pu connaître l’enfant, il aurait eu cela en commun avec lui, l’acceptation entière de la montagne. »


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Un automne en clair-obscur de Martine Delomme

Claire est une jeune femme à qui tout réussit. Issue d’un milieu modeste et après une brève carrière dans l’enseignement, elle s’est reconvertie dans le commerce au sein de l’entreprise de cartonnage de son époux Henri, puissant homme d’affaires qui lui a ouvert les portes d’un univers luxueux.

Tout bascule par un froid matin d’automne, lorsque Henri est victime d’un accident de chasse et plongé dans un coma profond. Les épreuves surgissent alors les unes après les autres, au rythme de révélations qui font douter Claire au sujet de la vraie personnalité de son mari. Le connaissait-elle vraiment? Son ex-épouse Olivia, aussi belle que machiavélique, est omniprésente et la harcèle de menaces en tous genres, allant jusqu’à la chasser de sa maison et de l’entreprise d’Henri.

Claire est sous le choc mais elle s’entoure de précieux alliés ; entre Charles l’avocat providentiel, et sa grand-mère Maminette, elle trouve le soutien nécessaire pour faire face à l’adversité.

Une histoire sans prétention mais très prenante et très ancrée dans le réel grâce à une immersion dans la région de Brive et ses usines de cartonnage…

Bref, un bon moment de lecture, entre roman du terroir et thriller psychologique 😉

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Le meilleur est à venir de Françoise Bourdin

Le meilleur est à venir par Bourdin

Une lecture simple et agréable mais qui manquait de piquant à mon goût…

Margaux est une décoratrice d’intérieur attachée à la vie parisienne. Mariée et mère de deux enfants, elle a néanmoins accepté pour son mari Axel de déménager en Normandie afin que toute la famille s’installe aux Engoulevents, un joli manoir en piteux état auquel ce dernier est particulièrement attaché à la fois en tant qu’historien et parce que cette noble bâtisse un peu délabrée appartient à ses ancêtres depuis plusieurs générations.

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