Blog littéraire 2022, Mes coups de coeurs ❤️

S’adapter de Clara Dupont-Monod

S’adapter – Poche 7,90€*

❤️ Coup de cœur ❤️ J’ai été bouleversée par ce livre à l’écriture magnifique qui lève un voile authentique et pudique sur le handicap lourd de l’enfant. Confrontée dans ma vie professionnelle à « l’envers du décor », voir cet enfant à travers les yeux de ses frères et sœur m’a aidée à comprendre mieux encore toutes les ambivalences et le bouleversement à long terme que peut représenter l’arrivée d’un enfant vraiment inadapté au sein d’une famille.

Le titre « S’adapter » est d’ailleurs d’une justesse terrible. Effectivement, apprendre que son bébé, son frère ne verra jamais, ne tiendra jamais debout, ne sera jamais dans les interactions attendues… ne laisse pas d’autre choix. En fonction de ses possibilités, de son tempérament, de la famille telle qu’elle préexistait avant ce séisme, chacun doit trouver sa voie jusqu’à cet enfant si particulier et s’adapter à lui, car lui ne fera pas le chemin inverse.

S’adapter signifie-t-il accepter ? pas forcément, et surtout ça ne veut pas dire que tout se fasse sans colère, sans révolte. Si le fils aîné fait preuve d’un dévouement et même d’une abnégation admirables et stupéfiants pour son jeune âge, la sœur cadette déteste ce petit frère qui lui a volé le bonheur de ses parents et le temps passé avec son grand frère. Il la dégoûte avec son palais creux, ses gouttes dans les yeux et son regard vide. Cette déshumanisation de l’enfant n’est ni méchante ni égoïste, c’est un réflexe de survie.

Enfin, nous découvrons aussi le point de vue de l’enfant qui vient après. Le dernier, celui qui répare et console, qui adoucit et renforce des liens abîmés mais non rompus ; et cette ombre persistante – ou cette lumière ? – de l’enfant inadapté qui accompagnera toujours ses pas. Il ne l’a pas connu mais il l’imagine et lui parle en secret, tentant de donner à son absence en creux la plénitude d’une présence.

Le parallèle lyrique effectué entre la nature sauvage des Cévennes et l’histoire de cette famille, de leur adaptation à l’enfant, est d’une grande beauté. Tout en délicatesse et en retenue, sans aucune sensiblerie ni voyeurisme, l’ensemble est vrai et extrêmement fort. J’ai eu les larmes aux yeux à de nombreuses reprises et cela ne m’arrive pas souvent en cours de lecture…

Bref, lisez ce livre absolument ❤️

« On parlait doux pour ne pas brusquer l’enfant si sage dans son transat. Il sentait bon la fleur d’oranger. Il semblait attentif et tranquille. Il avait les joues rondes et pâles, des cheveux bruns, de grands yeux noirs. Un bébé de la région, qui lui appartenait. Les montagnes ressemblaient à des matrones veillant sur le transat, les pieds dans les rivières et le corps nappé de vent. L’enfant était accepté, semblable aux autres. Ici les bébés avaient les yeux noirs, les vieux étaient minces et secs. Tout était dans l’ordre. »

« C’était un spectacle un peu étrange de voir ce garçon d’une dizaine d’années, en pleine santé, recueilli contre un autre, déjà étrange sans être encore bizarre : la taille d’un enfant de presque un an mais la bouche entrouverte, sans effort de contact, très calme, les yeux noirs vagabondant. Leur ressemblance physique sautait aux yeux et nul n’aurait su dire pourquoi cette similitude perçait le cœur. »

« Il aimait par-dessus tout l’impassible bonté, la primaire candeur de l’enfant. Le pardon était dans sa nature puisqu’il n’émettait aucun jugement. Son âme ignorait, de façon absolue, la cruauté. Son bonheur se réduisait à des choses simples, la propreté, la satiété, le moelleux de son pyjama violet ou une caresse. L’aîné comprenait qu’il tenait là l’expérience de la pureté. Il en était bouleversé. Aux côtés de l’enfant, il ne cherchait plus à brusquer la vie dans la crainte qu’elle ne lui échappe. La vie, elle était là, à portée de souffle, ni craintive ni combattante, juste là. »

« Jamais il ne pensa aux autres enfants qui, à cet âge, auraient effectué d’immenses progrès. Il ne le comparait pas. Moins par réflexe de protection qu’en vertu d’un bonheur plein, complet, si original que la norme lui paraissait fade. Par conséquent, il s’en désintéressait. »

« Cet être n’apprendrait jamais rien et, de fait, c’est lui qui apprenait aux autres. »

« Il ne se demandait pas, comme le faisaient ses parents la nuit, quelle aurait été sa voix s’il avait pu parler, quel caractère aurait été le sien, enjoué ou taciturne, casanier ou turbulent, quel aurait été son regard s’il avait pu voir. Il le prenait tel qu’il était. »

« L’inquiétude a planté en lui ses racines, germé comme le figuier des montagnes, coriace et résistant. Cela passera peut-être un jour. Peut-être pas. »

« Personne ne se doute que derrière ce cadre en costume, un enfant étrange laisse danser ses yeux noirs. » 

« En la cadette s’implanta la colère. L’enfant l’isolait. Il traçait une frontière invisible entre sa famille et les autres. Sans cesse, elle se heurtait à un mystère : par quel miracle un être diminué pouvait-il faire tant de dégâts ? »

« Si la cadette résumait, l’enfant avait pris la joie de ses parents, transformé son enfance et confisqué son frère aîné. »

« Dira-t-on un jour l’agilité que développent ceux que la vie malmène, leur talent à trouver chaque fois un nouvel équilibre, dira-t-on les funambules que sont les éprouvés ? »

« Il sentait bien que ce n’aurait pas dû être son rôle. Mais il sentait aussi que le sort aime défaire les rôles, et qu’il fallait s’adapter. Cela n’appelait ni réflexion, ni révolte. Les choses étaient ainsi données. »

« S’il avait pu connaître l’enfant, il aurait eu cela en commun avec lui, l’acceptation entière de la montagne. »


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Blog littéraire 2021, Mes coups de coeurs ❤️

Les lendemains de Mélissa Da Costa

Les lendemains par Da Costa

Les lendemains – Poche 8,90€*

Totalement charmée par la plume tendrement mélancolique de Mélissa Da Costa, qui possède un talent fou pour nous immerger délicatement dans l’univers de ses personnages par petites touches subtiles, comme un peintre impressionniste.

Le deuil est un sujet ultrasensible, surtout lorsqu’il concerne des sujets très jeunes comme c’est le cas ici. Amande s’apprêtait à devenir maman lorsqu’une double tragédie la frappe et la met à terre. Ne vous laissez pas effrayer par ce thème, car il n’y a aucun voyeurisme dans la manière dont il est traité, aucune sensiblerie, au contraire l’auteure réalise la prouesse de célébrer la vie malgré tout avec une justesse rare.

Nous suivons pas à pas Amande dans l’année qui suit la fin de son monde d’avant, nous trébuchons avec elle, nous espérons, nous retenons notre souffle…

Il y a quelque chose d’universel et de sacré, de sage presque dans Les lendemains, ce roman qui est tout sauf du feel good pour moi. Il n’en a ni la légèreté ni l’optimisme à tous crins et pourtant il fait tant de bien. Je lui ai trouvé un petit air de Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin et c’est un sacré compliment car j’avais vraiment adoré ce livre.

Une respiration dans le ciel encombré de nos vies, une invitation à faire une pause, une vraie, à se reconnecter à nos origines et aux racines du monde. Sous couvert de résilience, il s’agit pour moi d’un vrai questionnement, d’une invitation sensible et authentique à la réflexion, au retour sur soi, sur sa vie, à ce que l’on souhaite vraiment.

J’ai même préféré ce livre au best-seller Tout le bleu du ciel de la même auteure, que j’avais aimé bien sûr mais j’ai trouvé l’écriture ici beaucoup plus fluide et l’ensemble encore plus harmonieux.

Un vrai coup de cœur ♥

« J’ai été prise d’une urgence ce soir. La pleine lune. Un besoin de célébrer. Un besoin de sacré. Anne avait raison, bien sûr. Mais je n’ai pas besoin d’église, ni de prières, ni de chapelet pour célébrer mes morts. J’ai un saule pleureur qui porte le nom d’un défunt, un chat qui m’a adoptée, et des bougies que j’ai moulées moi-même. J’ai la pleine lune et la brise aussi, car sans elle les bougies ne valseraient pas… Et nos ombres alors… ? »

« Je suis bien ici. C’est ce que je dis à ma mère. Je ne lui dis pas que ce n’est pas juste une maison, mais que c’est un univers à part que je me suis construit, un univers fait de couleurs dans les arbres, de bougies à la pleine lune, d’un pin sacré et de petits rites mortuaires joyeux. Je ne lui dis pas qu’ici, tout ce que je fais est chargé de sens : les rituels pour mes morts et la vie que je fais naître dans mon jardin comme l’ont fait les hommes pendant des millénaires avant moi. »


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Enrage contre la mort de la lumière de Futhi Ntshingila

Enrage contre la mort de la lumière par Ntshingila

Enrage contre la mort de la lumière – Poche 7,80€*

❤ Coup de cœur ❤ pour ce livre écrit avec les tripes, avec le cœur, avec la puissance d’une voix qui s’élève pour dénoncer les ravages du sida en Afrique et les conditions de vie déplorables des femmes et des enfants dans les taudis des banlieues, mais qui célèbre aussi le courage, la foi et la lumière persistant dans l’âme de ces femmes courageuses dont la beauté n’a d’égale que leur dignité.

Mvelo a juste quatorze ans se sent « vieille comme une chaussure usée », et pour cause… elle doit s’occuper de sa mère Zola trentenaire malade du VIH qui malgré tout son courage ne peut plus grand-chose pour protéger sa fille, victime comme elle de la barbarie des hommes. Le destin de Zola n’était pourtant pas parti pour être si dramatique : elle a été une ado amoureuse, athlétique, championne de course et aimée des siens, mais sa vie tourne au chaos lorsqu’elle apprend sa grossesse à tout juste 16 ans. Les viols, les tests de virginité, la maudite maladie aux « trois lettres » … les jeunes filles sont des proies faciles et l’histoire se répète, de génération en génération. Mais au milieu de la misère et du désespoir, contre la mort de la lumière, quelques voix émergent, de belles personnes surnagent et tirent les autres vers des lendemains meilleurs. Nonceba est de celles-là, jeune femme indépendante et forte qui prendra Mvelo sous son aile. À la mort de Sipho, le beau-père de Mvelo, les hasards de la vie rapprocheront les deux jeunes femmes d’une manière surprenante. Du côté de la lumière…

Ce très beau roman court se lit d’une seule traite, il serait réellement dommage de passer à côté…

Merci à la box Lumières pour cette très belle découverte !

« Mvelo regarda le visage de sa mère dans le cercueil. Il avait l’air paisible. Elle ne lui dirait plus jamais un seul mot. Mvelo s’imagina que si sa mère pouvait prononcer une dernière chose ce serait : « Chante, Mvelo, tu es née pour chanter. » Alors c’est ce qu’elle fit. »

« Le soleil brillait et le ciel était pur, du plus pur des bleus. Il était serein et clair comme l’esprit de Sipho à la fin de sa vie. Après la bénédiction du corps, le ciel s’effondra sur eux. Il se mit à pleuvoir à verse, de grosses gouttes rafraîchissantes. La terre et les femmes les absorbèrent. Du sol s’élevait une odeur délicieuse. Les femmes se tenaient debout sous la pluie, étendant leurs bras pour recevoir son baiser. Elles firent valser leurs talons hauts, riant et pleurant pieds nus pendant que les hommes le descendaient dans sa dernière demeure, la terre avide. »

« Ceux que l’on aime le plus ont le pouvoir de nous faire le plus de mal. »


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Le pays des autres de Leïla Slimani

Le Pays des autres par Slimani

Le pays des autres – Poche 9,50€*

J’avais hâte depuis longtemps de découvrir la plume de Leïla Slimani et je n’ai pas été déçue, bien au contraire !

Le pays des autres est un livre fort, un de ceux qui vous emportent dans un souffle épique et qui vous donnent une vision puissante d’un monde ancien dont les passions restent pourtant étonnamment actuelles.

Lire la suite « Le pays des autres de Leïla Slimani »
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L’aile des vierges de Laurence Peyrin

L'aile des vierges

L’aile des vierges – Poche 9€*

♥ Coup de cœur ! ♥

Je viens de passer de très beaux moments à lire ce livre, fabuleuse ode aux femmes, à leurs combats, victoires et contradictions. Et du romantisme aussi, juste ce qu’il faut 😉

Maggie est issue d’une lignée féministe et engagée qu’elle respecte et admire, aussi cette place de femme de chambre qu’elle obtient en tant que jeune veuve de guerre dans le Kent en Angleterre se marie-t-elle difficilement avec ses convictions. Cultivée, indocile et vibrante des choix de ses aînées, elle ne peut totalement se soumettre aux règles edwardiennes de la maîtresse de maison. Tout se complique encore lorsque Sir John la remarque et que leurs désirs convergent. Maggie doit alors effectuer des choix, certains bien plus douloureux que d’autres.

Les rebondissements arrivent toujours au bon moment, lorsque l’intérêt du lecteur commence à faiblir et c’est une grande force du livre, de même que la richesse des descriptions sur la période concernée et les mœurs de l’époque.

Une lecture parfaite pour les vacances !


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Les demoiselles de Anne-Gaëlle Huon

Les demoiselles – Poche 8,90€*

♥ Coup de cœur pour ce roman qu’on ne présente plus ! ♥

Ce livre m’a fait beaucoup de bien, une très belle énergie, des personnages hauts en couleur et un rythme soutenu qui donnent presque envie de lire à reculons tant on n’a pas envie que la dernière page arrive !!

C’est l’histoire de Rosa, jeune espagnole de 15 ans en 1923, qui prend la décision de traverser les Pyrénées à pied avec sa sœur Alma pour rejoindre les Hirondelles en pays basque, leurs consœurs saisonnières à l’usine d’espadrilles de Mauléon. Le groupe de jeunes filles part l’espoir au cœur dans le but de se constituer une future dot, mais rien ne se passe vraiment comme prévu et même si elle obtient un poste à l’usine comme monteuse d’espadrilles sous la houlette de l’odieux Sancho, Rosa se retrouve rapidement mise à la porte de la petite pension qui abritait ses nuits à Mauléon.

C’est alors que démarre une vie nouvelle lorsqu’en désespoir de cause elle toque à la porte de la maison des Demoiselles, trio de femmes fortes et rebelles chacune à leur manière, fantasques et fascinantes dans un monde encore dominé par la gent masculine. Accueillie comme si elle était des leurs, Rosa se laisse emporter dans un tourbillon de fêtes, de livres, de discussions à n’en plus finir, de champagne et de tissus merveilleux… sans compter le majordome détonnant, un perroquet grossier et une cuisinière sympathique. Créative et déterminée, la jeune femme continuera néanmoins de travailler dur et saura se servir de son nouvel univers comme d’un tremplin pour mener une vie extraordinaire, dans tous les sens du terme.

La fin est à la hauteur de l’ensemble, flamboyante et inattendue.

Je ne peux que recommander cette lecture fraîche et très bien documentée, j’ai adoré !


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Les déracinés de Catherine Bardon

Les déracinés

Les déracinés – Poche 10,70€*

❤ Coup de cœur ❤ pour cette saga qui m’a tout de suite embarquée…

Une écriture sobre pour raconter l’histoire vibrante et bouleversante d’un homme et d’une femme qui se rencontrent dans les années 30 à Vienne, en pleine naissance du mouvement nazi. Ils sont beaux, jeunes, libres, fous amoureux. Et juifs. Pris dans la tourmente de l’histoire, ils découvrent alors la montée d’un antisémitisme insidieux puis une violence croissante qui les pousse à l’exil afin d’éviter le pire.

D’un premier camp en Suisse où leur présence reste tolérée par la communauté internationale alors aveugle à leur détresse, ils erreront ensuite à travers la France, l’Espagne, le Portugal, puis franchiront l’Atlantique en espérant poser leurs valises à New York.

Ils finiront par s’établir en République dominicaine, formant ainsi les premiers colons d’une sorte de kibboutz improvisé financé par une organisation internationale chargée de l’émigration juive. Ils devront alors s’adapter coûte que coûte à leurs nouvelles conditions de vie. Tout est à faire, à inventer sur cette île paradisiaque mais terriblement isolée du reste du monde. D’intellectuels urbains ils devront s’improviser fermiers et reconstruire tous leurs repères, toute leur vie.

Leur courage, les liens qu’ils tissent avec les autres membres de la colonie, la ferveur et la résilience dont ils font preuve imprègnent ce livre magnifique et nous fait voyager à travers le temps et l’espace. J’ai appris énormément de choses sans même m’en rendre compte et je vais de ce pas attaquer le second tome (pour les amateurs, il y en a 4 et le premier fait tout de même plus de 750 pages donc pas de frustration possible !).

« Almah me démontrait chaque jour que l’être humain a une capacité de résilience inouïe, qui lui permet de surmonter toutes les douleurs, quelle que soit leur intensité, et toutes les pertes, aussi irréparables soient-elles. »

« Elle voulait de toutes ses forces que notre exil aboutisse à une nouvelle forme d’enracinement, car sans racines nous ne sommes que des ombres, disait-elle. »


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Le dernier des nôtres de Adélaïde de Clermont-Tonnerre

               

Le dernier des nôtres par Clermont-Tonnerre

Le dernier des nôtres – Poche 9,40€*

❤️ Coup de cœur pour ce roman et cette plume ❤️

Comment dire, dès les premières lignes j’ai été happée et touchée au cœur, j’ai ri, tremblé, aimé bref j’ai ressenti toutes ces émotions, ces vacillements et ce bonheur intime que peuvent provoquer une lecture, un style qui vous emporte… Adélaïde de Clermont-Tonnerre vous êtes une magicienne des mots ! 🙂

 C’est l’histoire de Wern, jeune homme flamboyant et si attachant, dont nous découvrons la vie trépidante au cœur du Manhattan des années 60-70, et son coup de foudre pour Rébecca, une jeune artiste milliardaire au charme magnétique. Sur fond de secret de famille dont nous découvrons peu à peu les arcanes, l’auteure nous emmène alors dans un aller-retour spatio-temporel fascinant entre les ruines de Dresde au cœur de la seconde guerre mondiale et le rêve américain du New York éblouissant de 1969. Nous suivons ces trajectoires parallèles haletantes en attendant le moment où forcément, les deux mondes s’entremêleront.

La fougue et les emportements du jeune et beau Werner sont impayables (à l’image de son chien Shakespeare qui m’a fait bien rire), et c’est là tout le charme de ce roman puissant, parvenir à mêler aux drames bouleversants une pointe de rire, en somme la vie… une vie nimbée d’aura romanesque évidemment 😉

Merci à la box littéraire Kube et son libraire Aymeric pour m’avoir fait découvrir cette précieuse pépite !


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Le tatoueur d’Auschwitz de Heather Morris

Le tatoueur d'Auschwitz par Morris

Le tatoueur d’Auschwitz – Poche 7,90€*

Coup de cœur pour ce livre à mi-chemin entre réalité et fiction… Inspiré d’une histoire vraie, celle de Lale et Gita, juifs déportés en 1942 dans le camp de la mort tristement célèbre et qui malgré le contexte abominable parviennent à vivre une histoire d’amour au cœur de l’enfer.

Lale est intelligent, polyglotte, rusé et généreux. Rapidement formé pour être le nouveau Tätowierer d’Auschwitz et Birkenau, il est chargé de tatouer un numéro de matricule sur l’avant-bras des nouveaux arrivants destinés au travail, les autres étant tués directement. C’est ainsi qu’il croise pour la première fois le regard de Gita.

Malgré la barbarie et les atrocités quotidiennes qui sont décrites sans complaisance tout au long du récit, Lale parvient à nouer de nombreuses relations au sein des détenus et tâche de ne pas se mettre à dos les SS tous plus froids et impitoyables les uns que les autres. Lale est convaincu que sauver un homme équivaut à sauver l’humanité, aussi il prend tous les risques pour obtenir des rations supplémentaires de nourriture ou des médicaments pour lui et ses semblables et bien sûr pour marchander de précieux moments avec Gita dont il est éperdument amoureux. Malheureusement rattrapés par la réalité des camps de la mort, les deux jeunes gens devront faire face plus d’une fois à l’insoutenable… Mais Lale a promis à Gita qu’un jour ils seront libres et pourront vivre leur amour où et quand ils l’entendent.

La lecture est addictive car le rythme du roman est rapide et dense, l’écriture descriptive très facile à suivre et l’ascenseur émotionnel fonctionne à plein régime…

J’ai juste regretté une fin très survolée par rapport aux nombreux événements qui s’y produisent et qui contraste par rapport à la densité du reste, mais qui n’enlève en rien mon coup de cœur – pour vous dire, j’ai été tellement happée par mon récit que j’en ai oublié de relever des citations comme je le fais d’habitude ! 😉


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La Vraie Vie de Adeline Dieudonné

La Vraie Vie par Dieudonné

La vraie vie – Poche 7,90€*

♥ Gros coup de cœur pour ce livre bouleversant !! ♥

Entre un père chasseur de gros gibier ultra violent et une mère aussi effacée qu’une amibe, la jeune narratrice âgée de 10 ans ne trouve de réconfort qu’auprès de son petit frère Gilles, ses six ans et son rire plein de dents de lait qu’elle aime tant provoquer. Ensemble, ils ont moins peur et parviennent à s’évader dans un monde acceptable.

Mais dans ce vieux lotissement, un drame se produit devant les enfants, choquant le petit Gilles au point qu’il ne parvient plus ni à parler ni à rire, devenant comme absent de lui-même. Il change tant que sa sœur ne vit plus que dans l’espoir d’inventer une machine à remonter le temps pour effacer cet accident de leur mémoire.

Lorsqu’elle réalisera que ce projet est impossible, elle construira son « royaume » autrement, à la fois pour échapper aux griffes de son père et pour ramener son petit frère à la vie. Nous la suivons alors jusqu’à ses 15 ans, le cœur serré d’angoisse et de compassion, admiratifs de cette force intérieure qui la pousse à se dépasser pour entrer à pieds joints dans la « vraie vie ».

Un roman d’apprentissage sur fond de cruauté et d’espoir, d’une densité à couper le souffle, si juste, profond et authentique dans la restitution des émotions de sa jeune héroïne qu’il m’a fait plusieurs fois monter les larmes aux yeux…

A lire absolument ! En une soirée pour moi 😉

« Tout me semblait irréel. Le jardin, la piscine, le romarin, la nuit qui tombait. Ou plutôt, nimbé d’une réalité nouvelle. La réalité sauvage de la chair et du sang, de la douleur et de la marche du temps, linéaire, impitoyable. Mais surtout, la réalité de cette force que j’avais entendue rire quand le corps du vieux s’était effondré. Ce rire qui n’était ni en moi ni à l’extérieur. Ce rire qui était partout, en tout, comme cette force. Elle pouvait me trouver n’importe où. Nulle part où me cacher. Et si je ne peux pas me cacher, rien n’existe. Rien d’autre que le sang et la terreur. »

« Il y a des choses qu’on ne peut pas accepter. Sinon on meurt. Et je n’avais pas envie de mourir. »

« Puis, sous ses gros sourcils, il a fait quelque chose de curieux. Il n’a pas bougé. Et, en même temps, il m’a prise dans ses bras. Avec ses yeux. »

« J’ai fait un effort pour pleurer, je sentais que c’était nécessaire, un réflexe de survie. Je donnais de grands coups de pioche pour dégager ma source intérieure. Je n’ai pas eu besoin de creuser longtemps. Les larmes ont jailli en un déluge salé sur mon oreiller. »


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