Blog littéraire 2020, Mes coups de coeurs ❤️

La petite fille de Monsieur Linh, de Philippe Claudel

La petite fille de Monsieur Linh – Poche 7,90€*

Merveilleux livre, un portrait tout en finesse et la pudeur d’une écriture simple pour décrire sobrement et magnifiquement la nostalgie, la douleur, le deuil mais aussi la beauté de l’être humain dans ce qu’il a de plus vrai, presque de sacré.

Monsieur Linh est un vieux monsieur qui fuit son pays en guerre, sa petite-fille de six semaines sous le bras, tous deux presque seuls rescapés de leur village en ruines. Au bout d’un long voyage en mer, une terre d’accueil, étrangère et hostile. Mais au milieu de la dévastation et de la peine d’avoir tout perdu, une petite lueur brille. La rencontre avec un autre être humain, qui ne parle pas la même langue que lui, ou plutôt si, le langage universel des déracinés sur terre, des êtres ébréchés qui laissent passer la lumière.

Cette rencontre va permettre à Monsieur Linh de se raccrocher à l’essentiel finalement, le lien à l’autre. Et de ne jamais perdre totalement espoir malgré la vie qui va et lui enlève peu à peu tout ce en quoi il espérait.

La fin m’a tiré des larmes mais je ne peux en dire plus…

Extrêmement touchant, poétique et surprenant, ce court récit m’a enchantée.

Un livre qui me donne envie d’écrire, c’est toujours très bon signe en ce qui me concerne 😉

♥ Bref, vous l’aurez compris, un gros gros coup de cœur ! ♥

« Il voit des paysages, des matins lumineux, la marche lente et paisible des buffles dans les rizières, l’ombre ployée des grands banians à l’entrée de son village, la brume bleue qui descend des montagnes vers le soir, à la façon d’un châle qui glisse doucement sur des épaules. »

« Les mots viennent sur les lèvres de Monsieur Linh, ses vieilles lèvres, minces et craquelées. Et les mots sont un baume qui adoucit ses lèvres, ainsi que son âme. »


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Bakhita de Véronique Olmi

Bakhita – Poche 9,40€*

♥ Coup de coeur ! ♥ Un livre envoûtant, d’une puissance rare, où les mots percutent autant qu’ils caressent, mêlant l’insoutenable à l’espoir d’un avenir meilleur.

C’est l’histoire bouleversante et vraie d’une petite fille enlevée à 7 ans dans son village du Darfour à la fin du 19ème siècle, berceau d’une enfance paisible, un paradis perdu qu’elle essaiera de se remémorer durant sa vie entière. Malheureusement le traumatisme est trop grand, le choc lui ôtera jusqu’à la mémoire de son vrai prénom. Bakhita, c’est celui que lui donneront les marchands d’esclaves, ceux qui maltraitent ces hommes et femmes d’Afrique arrachés à leur terre d’origine d’une façon qu’il serait impossible de concevoir sans lire les sévices et l’inhumanité totale et absolue dont ils font preuve. C’est une lecture difficile de ce point de vue-là, tant les détails crus et l’injustice brutale et barbare, la bêtise alliée à la cruauté sont présents à chaque page ou presque.

La deuxième partie du livre nous permet de respirer un peu mieux, grâce à l’irruption de certaines personnes dans la vie de Bakhita qui enfin la considèrent comme ce qu’elle est, une victime solitaire et perdue dans un monde hostile. Peu à peu, elle passe du statut d’esclave à celui de domestique, même si on sent bien que la frontière est mince pour certains… Nous suivons son émouvant cheminement en admirant sa capacité de résilience malgré la souffrance, et cet élan naturel vers les plus faibles et les plus démunis qu’elle conserve intact toute sa vie, jusqu’à se dévouer entièrement à l’humanité en choisissant d’entrer dans les ordres.

« Les enfants l’aiment comme on aime celle qui ne vous trahira jamais. Elle sent le chaud et sa voix est lente et grave. Elle est noire comme une nuit douce, elle est celle que l’on trouve tout de suite au milieu des autres, la pas-pareille, une enfant géante, et ceux qui rentrent chez eux le soir n’en parlent pas, ils gardent pour eux la découverte de leur Moretta Bella et serrent les lèvres quand leurs parents leur demandent si la négresse a le mauvais œil. »


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Par amour de Valérie Tong Cuong

Par amour

Par amour – Poche 8,20€*

♥ Coup de coeur ! ♥ J’en ai eu les larmes aux yeux, plusieurs fois… Quel beau livre, un page turner pour moi, dès les premières lignes j’ai été embarquée par l’histoire de cette famille prise dans la tourmente de la seconde guerre mondiale, avec le point de vue des femmes et des enfants, des résistants, des civils, des sacrifiés. L’histoire démarre par l’exode des havrais dont la ville fut massacrée par les alliés, et se poursuit par le long cauchemar des bombardements et de l’invasion allemande. J’ai particulièrement aimé la description du quotidien des personnages, leurs préoccupations, leurs liens et la peur primaire que chacun ressent pour les siens. C’est toute la beauté du livre. Qu’il s’agisse de l’amour de Joseph pour sa petite sœur Marline devenue muette, de celui de Muguette pour ses enfants, de sa sœur Émélie pour les siens, de celui qui unit ces deux dernières ou bien encore de l’amour conjugal, les drames que tous vivent subliment les liens qui les unissent. Malgré les horreurs de la guerre, il n’y a pas de renoncement, pas d’abdication. Les âmes sont fortes.

Le récit est enlevé, très vivant, et l’écriture est belle ! Un livre qui fait du bien à tous les niveaux, en ce moment c’est précieux 😉


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Les oubliés du dimanche de Valérie Perrin, Albin Michel

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Les oubliés du dimanche – Poche 9,20€*

Gros coup de cœur ! Ce roman m’a bouleversée, une montée en puissance rare qui prend aux tripes et vous coupe le souffle sur les dernières pages…

Au départ j’ai acheté ce livre uniquement parce que j’avais adoré Changer l’eau des fleurs de la même auteure, avec la crainte de ne pas retrouver cet univers familier qui m’avait séduite, mais rapidement l’envoûtement a fonctionné à nouveau, grâce notamment à un scénario riche, des personnages hauts en couleur et une trame foisonnante. Tout comme dans Changer l’eau des fleurs, on ne s’y perd pas, au contraire même on s’attache à tout ce petit monde, aux rituels, aux habitudes, aux détails de la vie quotidienne qui donnent du relief aux grands rebondissements des destinées individuelles.

Valérie Perrin a réellement un don pour raconter les histoires, de vraies histoires, avec des analepses, des rebondissements inattendus, des secrets (et quels secrets ! accrochez-vous 😉), des non-dits qui nous tiennent en haleine d’un bout à l’autre du livre. On y revient vite parce qu’on n’a pas le choix, on veut savoir ce qu’il advient de ces personnages simples auxquels on s’attache fort. J’adore cette façon de les serrer au plus près tout en leur donnant de la hauteur pour que l’on puisse aussi comprendre les grandes lignes de leur vie.

En un très bref résumé, Justine est aide-soignante dans une maison de retraite, elle est jeune, sensible, à l’écoute des personnes âgées qu’elle adore et s’attache particulièrement à l’une d’entre elles, Hélène. Au fur et à mesure du livre, on découvre en parallèle le passé de la vieille dame à l’époque de la seconde guerre mondiale, sa grande histoire d’amour avec Lucien, et l’histoire dramatique de la famille de Justine, qui a perdu ses parents et son oncle dans un accident de voiture lorsqu’elle était enfant.

La plume de Valérie Perrin, légère et sensible, réaliste et poétique, juste, nous embarque complètement.

Une auteure à suivre et un vrai bon moment de lecture que je ne peux que vous recommander !

« Sous le chêne, elle s’arrête d’abord à quelques centimètres de l’oiseau. C’est la mouette. Sa mouette ! Celle qui la suit comme une ombre depuis qu’elle est petite. Celle qu’elle observe dans le ciel, quand elle veut se laver les yeux des phrases qu’elle ne parvient pas à lire. Celle qu’elle dessine avec l’ombre de ses doigts contre le mur de l’atelier. Elle existe vraiment. Elle n’est pas le fruit de son imagination. »

 « Il faut toujours mettre de la vérité dans ses rêves, ou le contraire. »


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