Blog littéraire

La goûteuse d’Hitler de Rosella Postorino

La goûteuse d'Hitler

♥ Coup de cœur ! ♥ Mais quel roman !! Impossible de le lâcher, plus on avance dans la lecture plus on est hameçonné…

Rosa Sauer est une jeune berlinoise née en 1917, amoureuse de son mari Gregor qui a choisi de combattre l’ennemi en s’engageant dans l’armée au tout début de la seconde guerre mondiale. En 1943, ses parents étant morts, elle choisit de rejoindre ses beaux-parents Joseph et Herta à la campagne, près du quartier général d’Hitler, pour attendre ensemble le retour de Gregor. C’est alors qu’elle est recrutée d’office par les nazis pour devenir une goûteuse du Führer, celui-ci craignant qu’on veuille l’empoisonner.

Elle partagera désormais son quotidien avec neuf autres femmes, chacune avec son caractère et son histoire. Leur sort commun les contraindra à s’aimer, se détester, se soutenir ou se trahir, la peur de mourir à chaque coup de fourchette en toile de fond.

L’irruption du lieutenant SS Ziegel à la caserne et dans la vie de Rosa bouscule alors ses certitudes et introduit dans sa vie des nuances qu’elle n’aurait jamais envisagé auparavant.

Ce livre est difficile à résumer tant sa richesse est grande. L’auteure décrit à merveille les émotions de Rosa en guidant le lecteur suffisamment pour qu’il ne se perde pas mais en lui laissant une liberté d’interprétation qui lui permet de construire ses propres représentations à travers les yeux de l’héroïne, et c’est ce qui la rend si profondément humaine. En pointillés surgissent aussi les grands questionnements de cette période si sombre de l’Allemagne, la culpabilité et l’héroïsme, le pire et le meilleur. L’Humain, donc.

Une œuvre foisonnante réellement fascinante, je vous le recommande sans hésitation, même si vous n’aimez pas les livres historiques tant la « petite histoire » domine la grande…

« Nous avons vécu douze ans sous une dictature, presque sans nous en apercevoir ? Qu’est-ce qui permet à des êtres humains de vivre sous une dictature ? Il n’y avait pas d’autre voie, voilà notre alibi. »

« La capacité d’adaptation est la principale ressource des êtres humains, mais plus je m’adaptais et moins je me sentais humaine. »

« Enfermées dans la caserne, nous étions des soldats sans armes, des esclaves de rang supérieur, nous étions quelque chose qui n’existe pas et en effet, hors de Rastenburg, personne n’a jamais su que nous existions. »

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