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Bakhita de Véronique Olmi

Bakhita   de Olmi Véronique  Format Beau livre

♥ Coup de coeur ! ♥ Un livre envoûtant, d’une puissance rare, où les mots percutent autant qu’ils caressent, mêlant l’insoutenable à l’espoir d’un avenir meilleur.

C’est l’histoire bouleversante et vraie d’une petite fille enlevée à 7 ans dans son village du Darfour à la fin du 19ème siècle, berceau d’une enfance paisible, un paradis perdu qu’elle essaiera de se remémorer durant sa vie entière. Malheureusement le traumatisme est trop grand, le choc lui ôtera jusqu’à la mémoire de son vrai prénom. Bakhita, c’est celui que lui donneront les marchands d’esclaves, ceux qui maltraitent ces hommes et femmes d’Afrique arrachés à leur terre d’origine d’une façon qu’il serait impossible de concevoir sans lire les sévices et l’inhumanité totale et absolue dont ils font preuve. C’est une lecture difficile de ce point de vue-là, tant les détails crus et l’injustice brutale et barbare, la bêtise alliée à la cruauté sont présents à chaque page ou presque.

La deuxième partie du livre nous permet de respirer un peu mieux, grâce à l’irruption de certaines personnes dans la vie de Bakhita qui enfin la considèrent comme ce qu’elle est, une victime solitaire et perdue dans un monde hostile. Peu à peu, elle passe du statut d’esclave à celui de domestique, même si on sent bien que la frontière est mince pour certains… Nous suivons son émouvant cheminement en admirant sa capacité de résilience malgré la souffrance, et cet élan naturel vers les plus faibles et les plus démunis qu’elle conserve intact toute sa vie, jusqu’à se dévouer entièrement à l’humanité en choisissant d’entrer dans les ordres.

« Les enfants l’aiment comme on aime celle qui ne vous trahira jamais. Elle sent le chaud et sa voix est lente et grave. Elle est noire comme une nuit douce, elle est celle que l’on trouve tout de suite au milieu des autres, la pas-pareille, une enfant géante, et ceux qui rentrent chez eux le soir n’en parlent pas, ils gardent pour eux la découverte de leur Moretta Bella et serrent les lèvres quand leurs parents leur demandent si la négresse a le mauvais œil. »

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