Blog littéraire

Enrage contre la mort de la lumière de Futhi Ntshingila

Enrage contre la mort de la lumière par Ntshingila

❤ Coup de cœur ❤ pour ce livre écrit avec les tripes, avec le cœur, avec la puissance d’une voix qui s’élève pour dénoncer les ravages du sida en Afrique et les conditions de vie déplorables des femmes et des enfants dans les taudis des banlieues, mais qui célèbre aussi le courage, la foi et la lumière persistant dans l’âme de ces femmes courageuses dont la beauté n’a d’égale que leur dignité.

Mvelo a juste quatorze ans se sent « vieille comme une chaussure usée », et pour cause… elle doit s’occuper de sa mère Zola trentenaire malade du VIH qui malgré tout son courage ne peut plus grand-chose pour protéger sa fille, victime comme elle de la barbarie des hommes. Le destin de Zola n’était pourtant pas parti pour être si dramatique : elle a été une ado amoureuse, athlétique, championne de course et aimée des siens, mais sa vie tourne au chaos lorsqu’elle apprend sa grossesse à tout juste 16 ans. Les viols, les tests de virginité, la maudite maladie aux « trois lettres » … les jeunes filles sont des proies faciles et l’histoire se répète, de génération en génération. Mais au milieu de la misère et du désespoir, contre la mort de la lumière, quelques voix émergent, de belles personnes surnagent et tirent les autres vers des lendemains meilleurs. Nonceba est de celles-là, jeune femme indépendante et forte qui prendra Mvelo sous son aile. À la mort de Sipho, le beau-père de Mvelo, les hasards de la vie rapprocheront les deux jeunes femmes d’une manière surprenante. Du côté de la lumière…

Ce très beau roman court se lit d’une seule traite, il serait réellement dommage de passer à côté…

Merci à la box Lumières pour cette très belle découverte !

« Mvelo regarda le visage de sa mère dans le cercueil. Il avait l’air paisible. Elle ne lui dirait plus jamais un seul mot. Mvelo s’imagina que si sa mère pouvait prononcer une dernière chose ce serait : « Chante, Mvelo, tu es née pour chanter. » Alors c’est ce qu’elle fit. »

« Le soleil brillait et le ciel était pur, du plus pur des bleus. Il était serein et clair comme l’esprit de Sipho à la fin de sa vie. Après la bénédiction du corps, le ciel s’effondra sur eux. Il se mit à pleuvoir à verse, de grosses gouttes rafraîchissantes. La terre et les femmes les absorbèrent. Du sol s’élevait une odeur délicieuse. Les femmes se tenaient debout sous la pluie, étendant leurs bras pour recevoir son baiser. Elles firent valser leurs talons hauts, riant et pleurant pieds nus pendant que les hommes le descendaient dans sa dernière demeure, la terre avide. »

« Ceux que l’on aime le plus ont le pouvoir de nous faire le plus de mal. »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s