Blog littéraire

Le pays des autres de Leïla Slimani

Le Pays des autres par Slimani

J’avais hâte depuis longtemps de découvrir la plume de Leïla Slimani et je n’ai pas été déçue, bien au contraire !

Le pays des autres est un livre fort, un de ceux qui vous emportent dans un souffle épique et qui vous donnent une vision puissante d’un monde ancien dont les passions restent pourtant étonnamment actuelles.

C’est l’histoire de Mathilde, jeune alsacienne sensible, sensuelle et généreuse, qui tombe amoureuse d’Amine Belhaj, un Marocain combattant dans l’armée française lors de la seconde guerre mondiale. Le couple s’installe alors à Meknès, sur des terres inhospitalières qu’Amine s’épuisera à vouloir faire fructifier à tout prix. Le climat, la langue, les coutumes, tout est à découvrir pour Mathilde qui s’adaptera tant bien que mal à sa nouvelle patrie. Ses deux enfants l’aideront à s’ancrer mais elle ne se fondra jamais totalement dans la culture de son mari. Leurs tempéraments de feu les aideront à lutter contre l’adversité mais les opposera aussi à maintes reprises. La puissance de leurs acquis et de leurs convictions réciproques se transmettront à Aïcha, leur petite fille sensible, touchante et profondément intelligente qui observe la folie de son monde et se forge des croyances et de nombreuses incertitudes.

Il est question d’identité bien sûr, tant sur le plan personnel que national, d’indépendance d’un pays, de celle des femmes, d’une mixité possible ou impossible, voire inaccessible… un récit riche et foisonnant, qui prend le parti de tous ses personnages et qui explore les multiples facettes de l’humain, les plus sombres comme les plus lumineuses.

Un très beau moment de littérature !

« Les yeux baissés, son voile remonté jusqu’au nez, elle se sentait disparaître et elle ne savait pas vraiment quoi en penser. Si cet anonymat la protégeait, la grisait même, il était comme un gouffre dans lequel elle s’enfonçait malgré elle et il lui semblait qu’à chaque pas elle perdait un peu plus son nom, son identité, qu’en masquant son visage elle masquait une part essentielle d’elle-même. Elle devenait une ombre, un personnage familier mais sans nom, sans sexe et sans âge. »

« Ils étaient à la fois victimes et bourreaux, compagnons et adversaires, deux êtres hybrides capables de donner un nom à leur loyauté. Ils étaient deux excommuniés qui ne peuvent plus prier dans aucune église et dont le dieu est un dieu secret, intime, dont ils ignorent jusqu’au nom. »

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