Blog littéraire

Les déferlantes de Claudie Gallay

Les déferlantes

Il y a du Marguerite Duras dans ce récit, des phrases courtes et percutantes, descriptives, la vie brute.

La narratrice est installée depuis peu à La Hague, sorte de bout du monde face à l’océan atlantique, des landes perdues et un petit village de pêcheurs où tout le monde se connaît depuis des générations. Elle loge à la Griffue, une maison modeste en bord de mer avec un artiste sculpteur et sa petite sœur Morgane. Dès le début nous comprenons qu’elle vit un deuil, la perte de l’amour de sa vie qu’elle voudrait enterrer avec sa vie de femme, ici, au bord de falaises abruptes au sein d’un milieu hostile. Elle fera malgré tout une rencontre, celle de Lambert, cet homme mystérieux venu enquêter sur la mort en mer de ses parents et de son petit frère survenue il y a maintenant quarante ans. Taiseux par nature, les habitants du village ne l’aideront pas dans ses recherches. Mais il y a Théo, ce grand-père isolé ancien gardien du phare, et Florelle, que ce dernier a aimée toute sa vie tout en restant marié à une autre. Eux savent des choses que les autres ignorent.

J’ai eu un petit passage à vide au milieu du roman car j’attendais une forme d’action qui n’est jamais venue, et pour cause, là n’est pas le propos. Au contraire, toute la force et la subtilité du livre tiennent dans la retenue de ses personnages, leur vécu qu’on lit entre les lignes, et dans cette nature dense et sauvage qui imprègne l’ensemble d’une lecture que j’ai fini par beaucoup aimer.

« J’avais trop regardé le soleil. Des tâches de couleur dansaient derrière mes paupières, on aurait dit des petits hippocampes de feu. »

« J’ai pris le chemin qui redescendait sur la Roche. À cet endroit, la mer apportait des odeurs très fortes de large. Des embruns qui se collaient à ma bouche. Les lèvres tour à tour mouillées ou brûlées. Les désirs, ici, sont mis à vif par les vents. C’est une affaire de peau, la Hague. Une affaire de sens. »

« À la Hague, les vieux et les arbres se ressemblent, pareillement torturés et silencieux. Façonnés par les vents. »

« On s’est arrêtés tout en haut de la falaise, presque au bord, deux solitudes face à la mer, revenus aux origines du monde. La mer reculait, elle revenait, des arbres poussaient et les enfants naissaient et ils mouraient. D’autres enfants les remplaçaient. Et la mer, toujours. »

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