Blog littéraire 2022, Mes coups de coeurs ❤️

Betty de Tiffany McDaniel

Betty – Poche 13€

❤️ Coup de cœur pour ce roman à la fois enchanteur et tragique ❤️

C’est d’une plume authentique, poétique et crue que l’auteure nous emmène sur les traces de Betty Carpenter, la Petite Indienne. Sixième d’une fratrie de huit enfants, mais surtout fille de Landon Carpenter, Cherokee, et de Alka Lark, aussi blonde et blanche qu’elle-même a la peau foncée et les cheveux noirs et lisses hérités de son père, elle grandit bercée par la magie des histoires que lui raconte ce dernier, formidable conteur à l’imagination débordante et guérisseur aux multiples talents.

Mais nous sommes au début des années soixante dans l’Ohio et les familles mixtes sont considérées comme incarnant le péché, le mal ; l’ostracisme que Betty subit à l’école en est la parfaite illustration. Rejetés par leurs semblables, Betty et les siens n’ont pas leur place au cœur de la communauté de Breathed.

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Alabama 1963 de Ludovic Manchette et Christian Niemiec

Alabama 1963 – Poche 8,70€

J’ai adoré ce livre brut, sans fard, authentique et plein d’humanité.

Le contexte est dur, dès les premières pages nous sommes plongés au cœur d’un drame que va tenter d’élucider Bud, flic raté reconverti en détective privé à la petite semaine, ignorant encore qu’il ne sera que le premier d’une triste série.

Des fillettes noires disparaissent en effet les unes après les autres, et dans cette Amérique des années soixante rongée par la ségrégation, le meurtre d’enfants de couleur ne pèse pas bien lourd dans l’actualité. La police recherche sans conviction le tueur et violeur en série, forcément noir, qui sévit sur la petite localité de Birmingham, mais le manque d’efficacité des forces de l’ordre amène les parents désespérés à faire régulièrement appel aux bons services de Bud Larkin.

Adela Cobb, jeune veuve mère de deux enfants qui fait le ménage chez les Blancs pour gagner sa vie, se retrouve par hasard à travailler un jour chez Bud, dont les enquêtes s’enlisent sous les litres d’alcool qu’il ingurgite quotidiennement. Il comprend vite néanmoins à quel point Adela pourrait lui être utile pour s’introduire auprès de la communauté noire, et rapidement leur duo singulier donne naissance à une complicité aussi inattendue que drôle. La rencontre des deux univers est fascinante – entre le détective blanc bougon pétri de contradictions d’une part et la jeune femme noire vive, sensible et intelligente d’autre part – car totalement inédite à cette époque où régnait encore la terreur entretenue par le Ku Klux Klan, et démontre à quel point la curiosité de l’autre et le respect de la différence peuvent être vecteurs d’espoir.

Rien n’est en trop dans ce livre pétri de tendresse malgré l’âpreté du sujet ; chaque phrase, chaque répartie a du sens. L’ensemble est dosé à la perfection et forme une enquête haletante qui envoie bouler tous les préjugés.

« D’ailleurs, je me demandais : vous préférez que l’on dise de vous que vous êtes une femme noire ou que vous êtes une femme de couleur ?

Je préfère qu’on dise que je suis une femme bien. »


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Blog littéraire 2022, Livre reçu dans une box, Mes coups de coeurs ❤️

Stoner de John Williams

Stoner – Poche 9,90€*

Un bijou de littérature tout en finesse, en pudeur et en authenticité.

Ce livre qui retrace la vie d’un professeur de littérature anglais né en 1910 m’a bouleversée par son écriture délicate et sans fioriture. On lit entre les lignes, on devine les épreuves, les tempêtes émotionnelles, les doutes, les peurs de William Stoner plus qu’on ne les lit réellement, et c’est ce qui fait toute la beauté de cette œuvre.

Du jeune homme solitaire un peu taciturne à l’homme d’âge mûr, et jusqu’à la fin de sa vie, nous suivons le destin austère de cet homme bon, si émouvant pour cette passion qu’il éprouve envers son métier, pour sa patience magnifique face aux aléas que la vie lui impose, pour la tendresse et les émois d’une histoire d’amour qui lui donne enfin la douceur qu’il mérite…

Beaucoup d’abnégation, peu de rébellion. William commence tout jeune par travailler dur à la ferme de ses parents taiseux, puis chez des cousins éloignés afin de financer ses études à l’université, avant de s’engager corps et âme dans l’enseignement sur les conseils d’un vieux professeur charismatique qui ne lui voit pas d’autre destin.

Novice et solitaire, il épousera la première jeune femme qu’il trouvera charmante, mais c’est beaucoup plus tard qu’il découvrira l’éclat de l’amour véritable. Ces passages-là sont très beaux, très émouvants, tout comme la fin du livre qui m’a tiré quelques larmes.

Ne vous attendez à rien de spectaculaire, c’est la délicatesse de l’ensemble qui sublime le destin de ce professeur transcendé par son art d’enseigner et son amour pur pour la littérature, quitte à lui sacrifier la plus belle partie de sa vie.

Je suis heureuse qu’Anna Gavalda ait pris l’initiative de traduire ce très beau roman car il aurait été vraiment dommage de passer à côté.

Merci à la box littéraire My Book Box pour cette jolie découverte.

« L’amour n’est pas une fin en soi, mais un cheminement grâce auquel un être humain apprend à en connaître un autre. »


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S’adapter de Clara Dupont-Monod

S’adapter – Poche 7,90€*

❤️ Coup de cœur ❤️ J’ai été bouleversée par ce livre à l’écriture magnifique qui lève un voile authentique et pudique sur le handicap lourd de l’enfant. Confrontée dans ma vie professionnelle à « l’envers du décor », voir cet enfant à travers les yeux de ses frères et sœur m’a aidée à comprendre mieux encore toutes les ambivalences et le bouleversement à long terme que peut représenter l’arrivée d’un enfant vraiment inadapté au sein d’une famille.

Le titre « S’adapter » est d’ailleurs d’une justesse terrible. Effectivement, apprendre que son bébé, son frère ne verra jamais, ne tiendra jamais debout, ne sera jamais dans les interactions attendues… ne laisse pas d’autre choix. En fonction de ses possibilités, de son tempérament, de la famille telle qu’elle préexistait avant ce séisme, chacun doit trouver sa voie jusqu’à cet enfant si particulier et s’adapter à lui, car lui ne fera pas le chemin inverse.

S’adapter signifie-t-il accepter ? pas forcément, et surtout ça ne veut pas dire que tout se fasse sans colère, sans révolte. Si le fils aîné fait preuve d’un dévouement et même d’une abnégation admirables et stupéfiants pour son jeune âge, la sœur cadette déteste ce petit frère qui lui a volé le bonheur de ses parents et le temps passé avec son grand frère. Il la dégoûte avec son palais creux, ses gouttes dans les yeux et son regard vide. Cette déshumanisation de l’enfant n’est ni méchante ni égoïste, c’est un réflexe de survie.

Enfin, nous découvrons aussi le point de vue de l’enfant qui vient après. Le dernier, celui qui répare et console, qui adoucit et renforce des liens abîmés mais non rompus ; et cette ombre persistante – ou cette lumière ? – de l’enfant inadapté qui accompagnera toujours ses pas. Il ne l’a pas connu mais il l’imagine et lui parle en secret, tentant de donner à son absence en creux la plénitude d’une présence.

Le parallèle lyrique effectué entre la nature sauvage des Cévennes et l’histoire de cette famille, de leur adaptation à l’enfant, est d’une grande beauté. Tout en délicatesse et en retenue, sans aucune sensiblerie ni voyeurisme, l’ensemble est vrai et extrêmement fort. J’ai eu les larmes aux yeux à de nombreuses reprises et cela ne m’arrive pas souvent en cours de lecture…

Bref, lisez ce livre absolument ❤️

« On parlait doux pour ne pas brusquer l’enfant si sage dans son transat. Il sentait bon la fleur d’oranger. Il semblait attentif et tranquille. Il avait les joues rondes et pâles, des cheveux bruns, de grands yeux noirs. Un bébé de la région, qui lui appartenait. Les montagnes ressemblaient à des matrones veillant sur le transat, les pieds dans les rivières et le corps nappé de vent. L’enfant était accepté, semblable aux autres. Ici les bébés avaient les yeux noirs, les vieux étaient minces et secs. Tout était dans l’ordre. »

« C’était un spectacle un peu étrange de voir ce garçon d’une dizaine d’années, en pleine santé, recueilli contre un autre, déjà étrange sans être encore bizarre : la taille d’un enfant de presque un an mais la bouche entrouverte, sans effort de contact, très calme, les yeux noirs vagabondant. Leur ressemblance physique sautait aux yeux et nul n’aurait su dire pourquoi cette similitude perçait le cœur. »

« Il aimait par-dessus tout l’impassible bonté, la primaire candeur de l’enfant. Le pardon était dans sa nature puisqu’il n’émettait aucun jugement. Son âme ignorait, de façon absolue, la cruauté. Son bonheur se réduisait à des choses simples, la propreté, la satiété, le moelleux de son pyjama violet ou une caresse. L’aîné comprenait qu’il tenait là l’expérience de la pureté. Il en était bouleversé. Aux côtés de l’enfant, il ne cherchait plus à brusquer la vie dans la crainte qu’elle ne lui échappe. La vie, elle était là, à portée de souffle, ni craintive ni combattante, juste là. »

« Jamais il ne pensa aux autres enfants qui, à cet âge, auraient effectué d’immenses progrès. Il ne le comparait pas. Moins par réflexe de protection qu’en vertu d’un bonheur plein, complet, si original que la norme lui paraissait fade. Par conséquent, il s’en désintéressait. »

« Cet être n’apprendrait jamais rien et, de fait, c’est lui qui apprenait aux autres. »

« Il ne se demandait pas, comme le faisaient ses parents la nuit, quelle aurait été sa voix s’il avait pu parler, quel caractère aurait été le sien, enjoué ou taciturne, casanier ou turbulent, quel aurait été son regard s’il avait pu voir. Il le prenait tel qu’il était. »

« L’inquiétude a planté en lui ses racines, germé comme le figuier des montagnes, coriace et résistant. Cela passera peut-être un jour. Peut-être pas. »

« Personne ne se doute que derrière ce cadre en costume, un enfant étrange laisse danser ses yeux noirs. » 

« En la cadette s’implanta la colère. L’enfant l’isolait. Il traçait une frontière invisible entre sa famille et les autres. Sans cesse, elle se heurtait à un mystère : par quel miracle un être diminué pouvait-il faire tant de dégâts ? »

« Si la cadette résumait, l’enfant avait pris la joie de ses parents, transformé son enfance et confisqué son frère aîné. »

« Dira-t-on un jour l’agilité que développent ceux que la vie malmène, leur talent à trouver chaque fois un nouvel équilibre, dira-t-on les funambules que sont les éprouvés ? »

« Il sentait bien que ce n’aurait pas dû être son rôle. Mais il sentait aussi que le sort aime défaire les rôles, et qu’il fallait s’adapter. Cela n’appelait ni réflexion, ni révolte. Les choses étaient ainsi données. »

« S’il avait pu connaître l’enfant, il aurait eu cela en commun avec lui, l’acceptation entière de la montagne. »


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Blog littéraire 2021, Mes coups de coeurs ❤️

Les lendemains de Mélissa Da Costa

Les lendemains par Da Costa

Les lendemains – Poche 8,90€*

Totalement charmée par la plume tendrement mélancolique de Mélissa Da Costa, qui possède un talent fou pour nous immerger délicatement dans l’univers de ses personnages par petites touches subtiles, comme un peintre impressionniste.

Le deuil est un sujet ultrasensible, surtout lorsqu’il concerne des sujets très jeunes comme c’est le cas ici. Amande s’apprêtait à devenir maman lorsqu’une double tragédie la frappe et la met à terre. Ne vous laissez pas effrayer par ce thème, car il n’y a aucun voyeurisme dans la manière dont il est traité, aucune sensiblerie, au contraire l’auteure réalise la prouesse de célébrer la vie malgré tout avec une justesse rare.

Nous suivons pas à pas Amande dans l’année qui suit la fin de son monde d’avant, nous trébuchons avec elle, nous espérons, nous retenons notre souffle…

Il y a quelque chose d’universel et de sacré, de sage presque dans Les lendemains, ce roman qui est tout sauf du feel good pour moi. Il n’en a ni la légèreté ni l’optimisme à tous crins et pourtant il fait tant de bien. Je lui ai trouvé un petit air de Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin et c’est un sacré compliment car j’avais vraiment adoré ce livre.

Une respiration dans le ciel encombré de nos vies, une invitation à faire une pause, une vraie, à se reconnecter à nos origines et aux racines du monde. Sous couvert de résilience, il s’agit pour moi d’un vrai questionnement, d’une invitation sensible et authentique à la réflexion, au retour sur soi, sur sa vie, à ce que l’on souhaite vraiment.

J’ai même préféré ce livre au best-seller Tout le bleu du ciel de la même auteure, que j’avais aimé bien sûr mais j’ai trouvé l’écriture ici beaucoup plus fluide et l’ensemble encore plus harmonieux.

Un vrai coup de cœur ♥

« J’ai été prise d’une urgence ce soir. La pleine lune. Un besoin de célébrer. Un besoin de sacré. Anne avait raison, bien sûr. Mais je n’ai pas besoin d’église, ni de prières, ni de chapelet pour célébrer mes morts. J’ai un saule pleureur qui porte le nom d’un défunt, un chat qui m’a adoptée, et des bougies que j’ai moulées moi-même. J’ai la pleine lune et la brise aussi, car sans elle les bougies ne valseraient pas… Et nos ombres alors… ? »

« Je suis bien ici. C’est ce que je dis à ma mère. Je ne lui dis pas que ce n’est pas juste une maison, mais que c’est un univers à part que je me suis construit, un univers fait de couleurs dans les arbres, de bougies à la pleine lune, d’un pin sacré et de petits rites mortuaires joyeux. Je ne lui dis pas qu’ici, tout ce que je fais est chargé de sens : les rituels pour mes morts et la vie que je fais naître dans mon jardin comme l’ont fait les hommes pendant des millénaires avant moi. »


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Enrage contre la mort de la lumière de Futhi Ntshingila

Enrage contre la mort de la lumière par Ntshingila

Enrage contre la mort de la lumière – Poche 7,80€*

❤ Coup de cœur ❤ pour ce livre écrit avec les tripes, avec le cœur, avec la puissance d’une voix qui s’élève pour dénoncer les ravages du sida en Afrique et les conditions de vie déplorables des femmes et des enfants dans les taudis des banlieues, mais qui célèbre aussi le courage, la foi et la lumière persistant dans l’âme de ces femmes courageuses dont la beauté n’a d’égale que leur dignité.

Mvelo a juste quatorze ans se sent « vieille comme une chaussure usée », et pour cause… elle doit s’occuper de sa mère Zola trentenaire malade du VIH qui malgré tout son courage ne peut plus grand-chose pour protéger sa fille, victime comme elle de la barbarie des hommes. Le destin de Zola n’était pourtant pas parti pour être si dramatique : elle a été une ado amoureuse, athlétique, championne de course et aimée des siens, mais sa vie tourne au chaos lorsqu’elle apprend sa grossesse à tout juste 16 ans. Les viols, les tests de virginité, la maudite maladie aux « trois lettres » … les jeunes filles sont des proies faciles et l’histoire se répète, de génération en génération. Mais au milieu de la misère et du désespoir, contre la mort de la lumière, quelques voix émergent, de belles personnes surnagent et tirent les autres vers des lendemains meilleurs. Nonceba est de celles-là, jeune femme indépendante et forte qui prendra Mvelo sous son aile. À la mort de Sipho, le beau-père de Mvelo, les hasards de la vie rapprocheront les deux jeunes femmes d’une manière surprenante. Du côté de la lumière…

Ce très beau roman court se lit d’une seule traite, il serait réellement dommage de passer à côté…

Merci à la box Lumières pour cette très belle découverte !

« Mvelo regarda le visage de sa mère dans le cercueil. Il avait l’air paisible. Elle ne lui dirait plus jamais un seul mot. Mvelo s’imagina que si sa mère pouvait prononcer une dernière chose ce serait : « Chante, Mvelo, tu es née pour chanter. » Alors c’est ce qu’elle fit. »

« Le soleil brillait et le ciel était pur, du plus pur des bleus. Il était serein et clair comme l’esprit de Sipho à la fin de sa vie. Après la bénédiction du corps, le ciel s’effondra sur eux. Il se mit à pleuvoir à verse, de grosses gouttes rafraîchissantes. La terre et les femmes les absorbèrent. Du sol s’élevait une odeur délicieuse. Les femmes se tenaient debout sous la pluie, étendant leurs bras pour recevoir son baiser. Elles firent valser leurs talons hauts, riant et pleurant pieds nus pendant que les hommes le descendaient dans sa dernière demeure, la terre avide. »

« Ceux que l’on aime le plus ont le pouvoir de nous faire le plus de mal. »


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Le pays des autres de Leïla Slimani

Le Pays des autres par Slimani

Le pays des autres – Poche 9,50€*

J’avais hâte depuis longtemps de découvrir la plume de Leïla Slimani et je n’ai pas été déçue, bien au contraire !

Le pays des autres est un livre fort, un de ceux qui vous emportent dans un souffle épique et qui vous donnent une vision puissante d’un monde ancien dont les passions restent pourtant étonnamment actuelles.

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L’aile des vierges de Laurence Peyrin

L'aile des vierges

L’aile des vierges – Poche 9€*

♥ Coup de cœur ! ♥

Je viens de passer de très beaux moments à lire ce livre, fabuleuse ode aux femmes, à leurs combats, victoires et contradictions. Et du romantisme aussi, juste ce qu’il faut 😉

Maggie est issue d’une lignée féministe et engagée qu’elle respecte et admire, aussi cette place de femme de chambre qu’elle obtient en tant que jeune veuve de guerre dans le Kent en Angleterre se marie-t-elle difficilement avec ses convictions. Cultivée, indocile et vibrante des choix de ses aînées, elle ne peut totalement se soumettre aux règles edwardiennes de la maîtresse de maison. Tout se complique encore lorsque Sir John la remarque et que leurs désirs convergent. Maggie doit alors effectuer des choix, certains bien plus douloureux que d’autres.

Les rebondissements arrivent toujours au bon moment, lorsque l’intérêt du lecteur commence à faiblir et c’est une grande force du livre, de même que la richesse des descriptions sur la période concernée et les mœurs de l’époque.

Une lecture parfaite pour les vacances !


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Les demoiselles de Anne-Gaëlle Huon

Les demoiselles – Poche 8,90€*

♥ Coup de cœur pour ce roman qu’on ne présente plus ! ♥

Ce livre m’a fait beaucoup de bien, une très belle énergie, des personnages hauts en couleur et un rythme soutenu qui donnent presque envie de lire à reculons tant on n’a pas envie que la dernière page arrive !!

C’est l’histoire de Rosa, jeune espagnole de 15 ans en 1923, qui prend la décision de traverser les Pyrénées à pied avec sa sœur Alma pour rejoindre les Hirondelles en pays basque, leurs consœurs saisonnières à l’usine d’espadrilles de Mauléon. Le groupe de jeunes filles part l’espoir au cœur dans le but de se constituer une future dot, mais rien ne se passe vraiment comme prévu et même si elle obtient un poste à l’usine comme monteuse d’espadrilles sous la houlette de l’odieux Sancho, Rosa se retrouve rapidement mise à la porte de la petite pension qui abritait ses nuits à Mauléon.

C’est alors que démarre une vie nouvelle lorsqu’en désespoir de cause elle toque à la porte de la maison des Demoiselles, trio de femmes fortes et rebelles chacune à leur manière, fantasques et fascinantes dans un monde encore dominé par la gent masculine. Accueillie comme si elle était des leurs, Rosa se laisse emporter dans un tourbillon de fêtes, de livres, de discussions à n’en plus finir, de champagne et de tissus merveilleux… sans compter le majordome détonnant, un perroquet grossier et une cuisinière sympathique. Créative et déterminée, la jeune femme continuera néanmoins de travailler dur et saura se servir de son nouvel univers comme d’un tremplin pour mener une vie extraordinaire, dans tous les sens du terme.

La fin est à la hauteur de l’ensemble, flamboyante et inattendue.

Je ne peux que recommander cette lecture fraîche et très bien documentée, j’ai adoré !


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Les déracinés de Catherine Bardon

Les déracinés

Les déracinés – Poche 10,70€*

❤ Coup de cœur ❤ pour cette saga qui m’a tout de suite embarquée…

Une écriture sobre pour raconter l’histoire vibrante et bouleversante d’un homme et d’une femme qui se rencontrent dans les années 30 à Vienne, en pleine naissance du mouvement nazi. Ils sont beaux, jeunes, libres, fous amoureux. Et juifs. Pris dans la tourmente de l’histoire, ils découvrent alors la montée d’un antisémitisme insidieux puis une violence croissante qui les pousse à l’exil afin d’éviter le pire.

D’un premier camp en Suisse où leur présence reste tolérée par la communauté internationale alors aveugle à leur détresse, ils erreront ensuite à travers la France, l’Espagne, le Portugal, puis franchiront l’Atlantique en espérant poser leurs valises à New York.

Ils finiront par s’établir en République dominicaine, formant ainsi les premiers colons d’une sorte de kibboutz improvisé financé par une organisation internationale chargée de l’émigration juive. Ils devront alors s’adapter coûte que coûte à leurs nouvelles conditions de vie. Tout est à faire, à inventer sur cette île paradisiaque mais terriblement isolée du reste du monde. D’intellectuels urbains ils devront s’improviser fermiers et reconstruire tous leurs repères, toute leur vie.

Leur courage, les liens qu’ils tissent avec les autres membres de la colonie, la ferveur et la résilience dont ils font preuve imprègnent ce livre magnifique et nous fait voyager à travers le temps et l’espace. J’ai appris énormément de choses sans même m’en rendre compte et je vais de ce pas attaquer le second tome (pour les amateurs, il y en a 4 et le premier fait tout de même plus de 750 pages donc pas de frustration possible !).

« Almah me démontrait chaque jour que l’être humain a une capacité de résilience inouïe, qui lui permet de surmonter toutes les douleurs, quelle que soit leur intensité, et toutes les pertes, aussi irréparables soient-elles. »

« Elle voulait de toutes ses forces que notre exil aboutisse à une nouvelle forme d’enracinement, car sans racines nous ne sommes que des ombres, disait-elle. »


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