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La beauté du ciel de Sarah Biasini

La beauté du ciel par Biasini

Comment s’autorise-t-on a devenir mère lorsque la sienne est à ce point iconique, sublime de beauté, de talent, de reconnaissance et d’amour? Tout le monde connaît Romy Schneider et chacun pense qu’elle lui appartient un peu, après tout elle incarne le patrimoine culturel français qui le lui rend bien…

Oui mais. Cette icône était aussi et avant tout une femme, traversée par des désirs, des angoisses, confrontée à des épreuves et des deuils, dont le dernier, celui de son fils David, l’a mise à terre. Elle est décédée à 44 ans, laissant derrière elle sa fille Sarah, alors âgée de 4 ans et demi. À travers ce court récit autobiographique, cette dernière raconte avec beaucoup de pudeur son parcours de fille, de femme et de mère qui a du se construire envers et contre tout « ça ».

Le livre commence par les événements de sa vie qui l’ont poussée à prendre la plume : la profanation de la tombe de sa mère (ne peut-on pas la laisser enfin tranquille, même dans le repos éternel?…) et surtout la conception un peu tardive et inespérée de sa fille Anna, dans le mois qui a suivi cette épreuve. Effectivement, comment ne pas y voir une corrélation? Sarah Biasini fait preuve d’une authenticité touchante à travers ces confidences parfois un peu décousues. La petite fille blessée en elle n’est jamais très loin.

À travers ces destins de femmes peu communs, la transmission opère malgré tout grâce à des figures maternelles de substitution exceptionnelles, Nadou la nounou et surtout Monique la grand-mère, si aimante, qui contribueront à donner à Sarah la force de transmettre à son tour la vérité du féminin à sa fille, avec ses propres armes et sans craindre ses faiblesses.

L’écriture est simple, concise même si un peu maladroite parfois, et aborde beaucoup de thèmes passionnants qu’on aurait aimé voir un peu plus creusés, même si on sent bien que pour l’auteur là n’était pas l’enjeu : celui du deuil évidemment, mais aussi la difficulté de trouver sa place en tant qu’enfant, dans l’ombre ou la lumière de notre parent, la transmission mère-fille, les relations parents enfants, la célébrité, la zone grise entre personnalité publique et privée… et bien d’autres.

« Si j’écrivais ici le nom de ma mère, j’aurais l’impression de parler de quelqu’un d’autre, d’une étrangère. Son nom d’actrice, de travail, ne lui appartient presque plus et j’ai l’impression qu’à moi, il n’a jamais appartenu. Son nom de jeune fille, toutes les biographies l’ont déjà écrit. Ce n’est pas grave, c’est comme ça, elle était déjà célèbre avant que je naisse. L’appeler « ma mère », il n’y a rien de plus beau. Personne à part moi ne peut le faire. Je ne vais pas m’en priver. »

« Devenir mère, c’est devenir folle. D’inquiétude. »

« Je marche constamment sur ce fil qui nous lie, tendu mais incassable. La vie que tu m’as donnée, qui me reste. Une vie interrompue il y a trente-huit ans, une autre qui commence aujourd’hui. Au milieu, je suis là. Au milieu, je reste. »

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