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Le fils du professeur de Luc Chomarat

Le fils du professeur par Chomarat

J’ai eu l’impression de lire Le petit Nicolas version littérature ❤

Tendre, nostalgique, drôle, le regard d’un enfant sur son monde dans les années 70-80 nous emporte avec lui dans sa vision simple et authentique, naïve et émouvante, pour une tranche de vie sincère et juste au cœur des mœurs de cette époque-là.

La légèreté n’est cependant qu’apparente et l’insouciance souvent feinte ; grâce à une plume aussi pudique que sensible nous comprenons à demi-mot les tourments et les blessures qui affleurent et dureront longtemps, bien au-delà de l’adolescence sur la fin de laquelle nous quittons cet enfant précoce fasciné par les bandes dessinées au grand dam de son père, professeur sérieux et austère qui navigue en des sphères inatteignables.

Le regard du père est constant dans tout le livre, depuis la fascination enfantine du petit garçon vers ce géant intimidant mais rassurant, jusqu’à la déception de ne pas correspondre aux attentes paternelles à l’adolescence, le tout menant à des conflits larvés d’incompréhensions mutuelles et de communication défaillante.

Entre catéchisme, télé en noir et blanc, jeux d’indiens dans la cour, vacances en Espagne avec la cousine, questionnements sur Dieu, les filles et leurs sous-vêtements, le petit frère insupportable… autant de thèmes variés, graves ou légers, d’anecdotes et de réflexions infiniment drôles (dignes du Petit Nicolas, vraiment !) sur ce parcours universel et initiatique du monde de l’enfance vers l’âge adulte, ce monde  que nous quittons tous un jour et que nous aimons tant retrouver, fût-ce le temps d’un livre comme celui-ci !

Merci à la box littéraire Lumières 💡 pour cette jolie découverte, une fois de plus 😉

« Au zoo tout le monde a essayé de me montrer l’éléphant qui était venu me regarder sous le nez, sans doute intrigué de ma présence ici à Vincennes. C’est un animal impressionnant, le plus gros animal qu’on peut voir sur la terre. Mais je n’ai pas vu l’éléphant. Il y avait un petit oiseau entre ses grosses pattes de devant qui me fascinait. Cela peut donner une idée de tout ce qui me séparait des adultes à l’époque. »

« Un matin pourtant, j’ai réussi à sauter de la troisième marche de l’escalier, et je me suis dit que tout était possible. »

« À quel moment avons-nous cessé d’être des enfants? Cela ne s’est pas fait en un jour. Les enfants ça met du temps à grandir. En fait, les années ont passé, tout simplement. Une DS 19 a remplacé la Traction. Nous avons regardé Les Envahisseurs, Les Incorruptibles, Destination Danger et Ma Sorcière bien-aimée. »

« Après les vacances de Noël les pompiers viennent sonner à la porte avec le nouveau calendrier des pompiers et je dois aider ma mère à choisir, mais c’est compliqué parce qu’ils sont tous moches. je préfère le calendrier des Postes, il y en a toujours un avec des chats et j’aime bien les chats. Mais enfin, ce n’est pas un chef-d’œuvre, pas plus que celui de l’année dernière. Il va sur le mur à côté du frigo et maman enlève celui d’avant, le 1971 dont on a oublié de tourner les pages de toute façon. En tout cas, avec le calendrier des pompiers je vois bien que les années passent même si j’ai l’impression que tout est toujours pareil. C’est parce que je m’ennuie tellement au collège. Peut-être que je m’ennuie dans la vie en général, mais c’est triste de penser ça. Il existe toutes sortes de calendriers, il y en a même avec des filles à poil, mais on n’en a pas à la maison, bien sûr. On est une famille normale. »

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