Blog littéraire

La liste de Schindler de Thomas Keneally

La liste de Schindler

« Celui qui sauve une seule vie sauve le monde entier. »

Les mots manquent pour parler de ce livre documentaire bouleversant sur l’extraordinaire Herr Oskar Schindler, qui restera dans ma mémoire comme le témoignage d’une époque indicible et la lueur d’espoir d’un monde meilleur grâce à des êtres tels que ce grand homme, reconnu comme un Juste par les lois du Talmud.

Dans la nuit noire d’une Europe contaminée par la vermine nazie, ce grand jeune homme allemand charmeur et flambeur va diriger toutes ses forces vives et ses richesses vers un seul but : sauver le plus de juifs possibles en les soustrayant aux camps d’extermination par le biais de son usine qui nécessite des ouvriers qualifiés. Il détournera si bien cette forme d’esclavage nazie que peu à peu les prisonniers feront des pieds et des mains pour entrer à Emalia, son usine de production, puis pour être inscrits sur sa fameuse liste qui recensera un maximum de noms afin d’envoyer « ses » ouvriers à Brinnlitz, une autre usine montée de toutes pièces pour leur éviter une déportation en masse à Auschwitz où une mort certaine les attend.

Le récit, à mi-chemin entre roman et témoignage, est d’une précision redoutable et j’avoue avoir de nombreuses fois alterné entre larmes et nausées… et j’ai souri aussi, grâce aux actions d’Oskar et à son humanité débordante de vie qui lui a fait sauver le monde, à sa manière. Heureusement que des êtres de lumière comme lui ont existé et je l’espère existeront encore, ils nous permettent de garder foi en l’humain. 

C’est en tous cas un livre d’une puissance rare.

« Il aurait fallu être aveugle, ce jour-là, pour ne pas voir. C’est à partir de ce jour-là que j’ai décidé de tout mettre en œuvre pour qu’un tel régime s’effondre. »

« Quelqu’un avait donc envoyé le nom d’Oskar aux groupes sionistes de Palestine. Sans le savoir, Herr Schindler avait été promus au rang d’homme juste. »

« Quand on imagine Oskar marchant de long en large au bord de la voie ferrée, passant pour un bouffon aux yeux de SS rigolards afin d’apporter à des prisonniers inconnus ce dernier témoignage futile de chaleur humaine, on se dit que l’homme n’était pas seulement téméraire. Il avait la foi qui soulève les montagnes. »

« C’était un univers (Auschwitz ndlr) qui avait basculé cul par-dessus tête, un lieu où toutes les normes n’étaient pas seulement érodées mais inversées, un peu comme un trou noir sur la croûte terrestre où tout le mal se serait concentré, où l’histoire, la religion, les us et coutumes auraient été aspirés, où les noms qu’on donnait aux choses ne signifiaient plus rien, sauf leur contraire. »

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