Blog littéraire

Né d’aucune femme de Franck Bouysse

Né d'aucune femme

Amateurs de littérature sombre, foncez ! Les autres, comme moi, si vous êtes curieux allez-y mais respirez un grand coup avant… Franchement je ne m’attendais pas du tout à autant de noirceur mais après tout de temps en temps il faut bien aussi sortir de sa zone de confort 😉

Dans ce monde rural ancien, la vie est rude, austère voire misérable. Le père de Rose, l’aînée d’une fratrie de quatre sœurs, a bien du mal à nourrir toute la famille et il commet alors l’irréparable ; pour quelques pièces sonnantes et trébuchantes il vend sa fille au maître du domaine des forges. Il regrettera son geste et culpabilisera mais le mal est fait. Agée de quatorze ans à peine, la jeune fille découvre alors l’enfer sur terre et le diable en personne incarné par ce maître abominable et « la vieille », sa mère aussi cruelle que lui.

Ils lui feront subir des abominations physiques, morales et psychologiques que je ne vous dévoilerais pas, en revanche je peux vous parler du courage et de la dignité de Rose qui brillent comme une flamme à laquelle on se raccroche désespérément tant son histoire est effroyable. On aimerait tant la sauver de ce destin dont elle descend les marches, une à une, inexorablement, sous la pression de tous ses bourreaux.

Je ne suis vraiment pas fan des histoires qui nous plongent dans les ténèbres de l’humain… mais j’ai lu ce livre si rapidement, avec une pointe d’angoisse au cœur, que je ne peux que saluer bien bas le talent de l’auteur ! Quel panache ! Un réel conteur et une superbe écriture, alliés à l’art d’un suspense bien distillé au fil des pages, et voilà le tout avalé sans presque s’en rendre compte…

Ce n’est pas pour autant que je réitèrerai l’expérience, mais encore une fois si vous aimez ce genre-là il n’y a pas l’ombre d’une hésitation à avoir.

« J’étais coincée entre ces deux éternités, à penser à la folie que c’était de sortir quelqu’un d’une éternité paisible pour le rendre conscient de la prochaine, tout ce temps passé à comprendre pourquoi on est au monde tous autant qu’on est, pourquoi on tient tant à la vie, à essayer de toujours repousser le grand mur de la mort, alors qu’il suffirait peut-être bien de l’escalader, ou de passer à travers pour plus se poser de questions. Parce que vivre, c’est précisément être coincé entre deux éternités, la première qu’on n’a jamais eu à choisir et la deuxième qui est l’œuvre de Dieu, à ce qu’on dit. »

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