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Avec toutes mes sympathies de Olivia de Lamberterie, Stock – Prix Renaudot Essai 2018

Ce récit autobiographique est le premier livre d’Olivia de Lamberterie, elle-même critique littéraire de haut vol. On pourrait croire qu’après avoir lu et commenté des centaines, voire des milliers de livres, l’auteure prendrait la plume de façon presque attendue. Et pourtant concernant cet ouvrage, le premier mot qui me vient est :  authenticité.

La force qui se dégage de ce livre est celle du cri que l’on pousse pour sortir de soi l’indicible, le trop, l’impossible à exprimer autrement que par le biais des mots couchés sur la page, ceux qui font du mal et du bien en même temps, ceux qui sortent presque malgré soi, parce que c’est trop dur, trop injuste, trop intense. Ceux qui déchirent et qui libèrent.

Olivia de Lamberterie a vécu le drame de perdre son frère, beaucoup trop jeune pour mourir, d’autant plus qu’il l’a choisi…

Âmes blessées, hypersensibles, mélancoliques et joyeux, Olivia et son frère Alex étaient unis dans la vie par une complicité hors du commun. Quand sa sœur trouve des chemins de traverse pour garder la tête hors de l’eau, lui plonge dans la malédiction familiale… Dysthymie selon les médecins qui posent enfin un nom sur cette maladie invisible de la dépression chronique. Hospitalisations, médicaments, rien n’y fera… et nous suivons avec émotion le parcours de cette famille touchée en plein cœur.

J’ai été émue par la sincérité de l’ensemble, par la vulnérabilité avouée de l’auteure, et par sa force aussi bien sûr. Ce n’est pas un livre plaintif, bien au contraire. Le sujet est poignant, l’émotion à flux tendu tout au long du récit, la nostalgie affleure en continu, et par moments la grâce surgit, le rire aussi, et les larmes mêlées.

La photo de couverture est hyper touchante et on ne peut s’empêcher au cours de la lecture de revenir scruter le visage enfantin de ces deux êtres solaires, tant on aimerait les voir retrouver, juste pour un instant, la grâce de cette innocence-là.

« Ce livre qui n’aurait jamais dû exister, puisque tu n’aurais jamais dû mourir. »

« Empêche-t-on un tsunami de déferler, un volcan d’exploser et de figer le paysage sous sa lave ? La liberté individuelle ? J’ai toujours respecté celle de mon frère. S’il pensait que sa paix résidait dans un au-delà aussi doux que l’en-deçà d’où l’on vient sans s’en souvenir, pouvait-on, devait-on s’y opposer ? Le droit de mourir dans la dignité qui agite les débatteurs ? Ces questions sans réponse conjuguées à la menace d’une catastrophe étouffaient toute allégresse. »

« Les seules personnes avec qui il est possible d’échanger autre chose que des banalités sont ceux à qui c’est arrivé. La petite famille de ceux qui restent. Le monde se divise entre ceux qui savent et les autres. »

« Où es-tu, mon frère ? »

 

 

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