Blog littéraire 2024

Des matins heureux de Sophie Tal Men

Résumé éditeur :

Dans le quartier du Montparnasse à Paris, Elsa, Marie et Guillaume se croisent sans le savoir. Si le jour, leur quotidien les éloigne, le soir, tous trois affrontent une même peur de la nuit.

Elsa se réfugie dans le bus pour éviter la violence de la rue, Marie, qui vient de quitter Brest, multiplie les gardes à l’hôpital pour combler son vide sentimental, et Guillaume retarde la fermeture de son bar afin de fuir la solitude.

C’est au détour d’un Lavomatic, d’un irish pub ou par le biais d’une annonce sur Leboncoin qu’ils finiront par se trouver. Mais parviendront-ils, ensemble, à aller jusqu’au bout de leur nuit ? À se reconstruire ?

Des matins heureux est le roman des nouveaux départs, la rencontre de trois personnages blessés, touchants dans leur fragilité, inspirants dans leur force de résilience.

MON AVIS :

Une histoire de solidarité et de résilience entre trois personnages à un carrefour de leur vie.

J’ai beaucoup aimé le personnage d’Elsa, jeune fille de dix-neuf ans qui doit faire face à la solitude et la brutalité de la rue, j’aurais aimé que tout le livre soit centré sur elle, car son destin est à lui seul un sujet. J’ai trouvé les personnages de Marie et Guillaume un peu moins profonds, même si leur rencontre improbable reste intéressante.

Bref, un livre à l’écriture fluide et légère, très agréable, qui vous fera passer un bon moment de détente 😉

Blog littéraire 2024

Évidemment Martha de Meg Mason

Résumé éditeur :

Quelque chose ne tourne pas rond chez Martha, et depuis longtemps. Lorsqu’elle avait dix-sept ans, une petite bombe a explosé dans son cerveau et elle n’a plus jamais été la même. Et malgré toutes les consultations, thérapies sans fin et traitements hasardeux, elle ne sait toujours pas ce qui ne va pas…
Pourquoi passe-t-elle des journées entières au fond de son lit ? Et pourquoi continue-t-elle à se mettre à dos des inconnus, et des proches, avec ses remarques cruelles et désinvoltes ?
Aujourd’hui, son mari l’a quittée et elle n’a plus nulle part où aller, si ce n’est dans la maison de son enfance, une maison bohème (délabrée) dans un quartier romantique (délabré) de Londres. Et rien d’autre à faire que retrouver sa mère, une sculptrice au talent confidentiel – et très alcoolique – et son père, un poète célèbre – bien que jamais publié… Mais comment survivre là-bas sans sa sœur dévouée, grande gueule, qui rendait tout ce chaos supportable pendant leur enfance, et qui est maintenant trop occupée ou trop fatiguée pour prendre soin d’elle ?
Peut-être qu’en repartant de zéro, Martha pourra écrire un meilleur dénouement pour son histoire ratée – ou découvrir que cette histoire n’est pas encore tout à fait terminée.

Mon avis :

Je suis passée par beaucoup « d’états » durant la lecture de cet ovni littéraire…

Côté négatif, il y a eu l’agacement (assez souvent! surtout lorsque je ne comprenais vraiment pas où l’auteure voulait nous emmener, et une traduction assez aléatoire par moments), et l’ennui (un peu au début) ;

Côté positif, il y a eu un certain intérêt pour un genre de littérature très contemporaine qui me laisse dubitative mais curieuse tout de même (un peu comme l’impression que m’avait laissée la lecture des livres de Sally Rooney), et une empathie – malgré l’agacement … – pour une héroïne qui reste attachante malgré son éternelle déprime assez plombante, il faut le reconnaître! On a beau savoir qu’elle est atteinte d’une maladie mentale, sa fragilité ne compense pas toujours ses errances…

Mais ce n’est que mon avis 🙈

Blog littéraire 2024

Une belle vie de Virginie Grimaldi

Résumé éditeur :

Agathe et Emma Delorme sont sœurs. Elles ont grandi l’une contre l’autre, mais sont pourtant très différentes. Depuis le jour de sa naissance, Agathe, la plus jeune, bordélique et ardente, prend toute la place dans le bain, dans la chambre et dans le cœur d’Emma.
Après cinq ans d’un silence inexpliqué, Emma donne rendez-vous à Agathe dans la maison de vacances : Mima, leur grand-mère adorée, n’est plus, il faut vider les lieux et faire le tri dans les souvenirs. Les sœurs Delorme ont une semaine pour tout se dire et rattraper le manque de l’autre, avant l’arrivée des nouveaux propriétaires. Parviendront-elles à réparer le passé ?
Dans la beauté de cet été au pays basque, où leur enfance cogne à la porte, résonne la force de leurs éclats de rire. Se moquer du temps qui passe dans les bras de ceux qu’on aime, et si c’était ça, une belle vie ?
Virtuose des émotions, Virginie Grimaldi nous livre un roman bouleversant et irrésistible.

Mon avis :

Un livre bien dans la veine de tous ceux de l’auteure, qui sait manier l’humour et l’autodérision comme personne, tout en réservant une touche de gravité pour le twist final, auquel on ne s’attend pas forcément.

J’avoue cependant ne pas avoir été très touchée par ces personnages aux profils par ailleurs intéressants, mais traités un peu trop superficiellement à mon goût pour que je « croie » vraiment à leur histoire.

Cela reste néanmoins un bon moment de distraction si c’est ce que l’on recherche.

Mais ce n’est que mon avis 🙈😉

PS : en tant qu’auteure, j’hésite toujours à poster un avis sur une lecture qui ne m’a pas emballée, mais sur un blog littéraire il me semble que cela fait partie d’une certaine honnêteté intellectuelle malgré tout nécessaire, et puis surtout je suis attentive à toujours respecter le travail accompli par l’écrivain, ce n’est pas parce qu’un livre ne me plaît pas qu’il n’est pas bon, bien évidemment! C’est plutôt une histoire de sensibilité personnelle, mais cela me semble utile de le préciser 💕

Blog littéraire 2024

Le peuple des cigognes de Malika Halbaoui

Résumé éditeur :

Trois femmes, trois générations, trois destins qui se tissent.
C’est avec impatience que Sana attend, dans son petit village marocain, le passage de Lella Tamima, fabuleuse conteuse itinérante. Éprise de chants et d’histoires, l’enfant éprouve pour la vieille femme une véritable fascination. Aussi, lorsque Lella Tamima ne revient plus au village, c’est toute la vie de Sana qui en sera affectée.
Devenue adulte et mère, Sana parlera de Lella à sa fille Nour, née en France. À la fin de ses études cinématographiques, celle-ci décide de se lancer sur les traces de cette femme, figure à la lisière de la légende, du fantasme et du souvenir, qui a tant marqué sa mère.
Décidée à lever cette ombre qui a plané sur son enfance, à la recherche du passé, Nour se rencontrera en chemin.

Mon avis :

J’avoue avoir eu du mal à rentrer dans l’histoire, car l’écriture est plus proche de celle du conte que d’une narration classique, de sorte que malgré le caractère attachant de certains personnages, ainsi qu’un intérêt de l’intrigue accentué sur la fin du livre, la distance instaurée par le style de l’ensemble m’a empêchée de réellement apprécier cette lecture, qui reste néanmoins dépaysante.

Mais ce n’est que mon avis! 🙈😉

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L’ambition du bonheur de Katharina Fuchs

Le destin de deux jeunes allemandes de 1913 à 1953, venant de milieux différents mais caractérisées par la même force de vie.

Anna grandit au milieu des bois, au cœur de la Vallée de la Sprée et au sein d’une famille nombreuse aux revenus modestes. Contrairement à Charlotte, issue d’une riche famille de propriétaires terriens, elle doit lutter pour trouver sa place parmi les siens, à la maison comme à l’école. Rien n’est acquis, surtout en temps de guerre, où la précarité se fait plus dure que jamais. Grâce à sa formation de couturière, et à quelques rencontres opportunes, en 1919 Anna décrochera un emploi dans le prestigieux KaDeWe, grand magasin berlinois qui lui permettra d’élever son rang social et d’affirmer plus tard ses talents de couturière.

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Les sœurs d’Auschwitz de Heather Morris

Inspiré d’une histoire vraie, ce livre dans la lignée des précédents de la même auteure (Le tatoueur d’Auschwitz et Le voyage de Cilka), explore avec beaucoup d’humanité une période en ayant cruellement manqué.

Cibi, Livi et Magda Meller sont trois sœurs unies par une promesse faite à leur père disparu, celle de ne jamais se quitter. Aussi, lorsque Livi, la plus jeune, est déportée à Auschwitz, Cibi, l’aînée, se porte volontaire pour l’accompagner, tandis que Magda, opportunément hospitalisée à ce moment-là, reste auprès de leur mère et de leur grand-père, dans leur Slovaquie natale.

Les deux sœurs connaissent l’enfer et l’horreur des camps de concentration, survivant grâce au soutien mutuel qu’elles s’apportent et à quelques bonnes âmes qui subsistent malgré le chaos. Lorsque Magda finit par les rejoindre, deux ans plus tard, rongée par la culpabilité de ne pas avoir été avec elles avant, elles se promettent une fois de plus de s’en sortir, et de quitter vivantes cet abîme de souffrance.

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Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson

Un livre à lire lentement, par petites touches, comme une longue randonnée à travers les sentiers oubliés de la littérature…

Sylvain Tesson l’aventurier s’est retrouvé cloué au sol, puis sur un lit d’hôpital, durant de longs mois après une chute gravissime. À peine remis et diminué physiquement par cet accident, il entreprend de traverser la France à pieds. Sa façon à lui d’accomplir sa rééducation. Il choisit alors de suivre ce qu’on appelle les chemins noirs, vestiges d’une ruralité dont il cherche à retrouver les traces au sein d’une France rongée par le progrès, mitée par le goudron des autoroutes et les zones commerciales péri-urbaines.

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Blog littéraire 2024, Livre reçu dans une box, Mes coups de coeurs ❤️

Des diables et des saints de Jean-Baptiste Andrea

❤️ COUP DE COEUR ! ❤️

Des diables et des saints – Poche 10€*

Une merveille de littérature! Quand le talent XXL croise les valeurs humanistes, voilà ce que ça donne… Un petit bijou qui m’a fait verser des larmes sur la fin, ce qui est plutôt rare en ce qui me concerne!

Joe joue au piano dans les gares, les aéroports, les lieux de passage… Il attend on ne sait quoi, on ne sait qui, frappant au cœur les voyageurs émus qui ne comprennent pas qu’un homme « comme lui » se retrouve à jouer ainsi en public au lieu de remplir des salles de concert.

Mais Joe revient de loin, peut-être même n’est-il jamais vraiment revenu du drame qu’il a vécu à l’âge de seize ans. Après avoir perdu brutalement ses parents, lui qu’une adolescence paisible et plutôt aisée ne distinguait pas des autres, si ce n’est des leçons particulières délivrées par un artiste féru de Beethoven, se retrouve ainsi du jour au lendemain propulsé au sombre orphelinat des Confins, géré par un abbé sournois et un surveillant monstrueux.

Aucune pitié pour tous ces gosses livrés à eux-mêmes, doublement abandonnés, que l’abbé Sénac, sur les principes d’une foi totalement arbitraire, soumet aux pires humiliations, quels que soient leur âge et leur histoire. On s’indigne, on se révolte avec eux, on s’émeut lorsqu’ils trouvent la force de se rassembler en une mini société secrète, et de faire croire au plus jeune d’entre eux qu’ils sont là pour accomplir une mission de protection capitale, donnant ainsi du sens à l’absurde et de l’espoir face au vide.

Et puis il y a Rose, cette jeune fille de bonne famille à qui Joe doit donner des leçons de piano tous les samedis, dans la demeure du comte voisin, qui s’avèrera être en fait un Monsieur Leconte sans particule, mais dont la fille lui semble aussi inaccessible que si elle était celle d’un roi. Je n’en dirai pas plus.

Et puis, et puis…. il y a la fin de ce livre, aussi bouleversante qu’imprévue, comme lorsque l’on pense tomber au fond d’un trou et qu’une branche inopinée nous rattrape. On reste alors blessé, mais indemne. Et, surtout, malgré la noirceur, on n’a pas oublié qu’il était possible, un jour, de revoir la lumière. Même ténue, même fragile. Mais bien là quand même.

Inutile de vous préciser à quel point j’ai adoré cette écriture, cette beauté d’un récit qui n’en fait jamais trop, qui va à l’essentiel et qui, forcément, nous touche en plein cœur.


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Merci, Grazie, Thanks you de Julien Sandrel

Un roman fantasque, léger et rafraîchissant, sans prétention, parfait pour buller sur la plage 🌞😎

Gina est italienne, porte plutôt très bien ses 85 ans, et adore jouer aux machines à sous. Le jour où elle gagne une grosse somme d’argent, elle réfléchit à ce qu’elle souhaite accomplir plus que tout avant de mourir. Il ne s’agit pas pour elle de s’offrir une vie de luxe, mais d’exprimer sa reconnaissance à tous ceux qui ont marqué son existence, en leur offrant à chacun la somme de cent mille euros.

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Ce que les étoiles doivent à la nuit de Anne-Gaëlle Huon

Ce que j’aime par-dessus tout dans les romans de Anne-Gaëlle Huon, c’est son aisance à flirter avec le drame sans en avoir l’air, sa faculté de manier la légèreté avec un soupçon de gravité, de sorte que les thèmes profonds sont toujours traités intensément sans altérer pour autant la grâce d’une gaieté qui surfe sur (presque) toutes les pages.

Liz est une jeune cheffe sur le point d’obtenir son étoile au Michelin. Brillante jurée d’un concours de cuisine très médiatisé, tout semble lui réussir, jusqu’à cette soirée désastreuse au cours de laquelle elle voit s’écrouler tous ses espoirs. Accusée de harcèlement par son équipe, son restaurant doit fermer pour cause d’intoxication alimentaire. Adieu étoile, adieu rêves de gloire… Après avoir reçu une étrange lettre, elle se réfugie chez son expéditrice au fin fond du pays basque, et découvre Rosa, une vieille dame fantasque et généreuse, auprès de qui elle trouve un réconfort inattendu. Celui d’un certain Monsieur Etchegoyen ne l’est pas moins… Mystérieux pourvoyeur de bonnes attentions qui lui font croire en une possible seconde chance, il la convainc de redonner de l’éclat au restaurant du coin dont le chef Peyo est un ours mal léché au caractère aussi revêche que détestable.

En parallèle, nous suivons le destin de Balthazar, dans les années cinquante, qui tombe amoureux d’une jeune Romy incendiaire et fantasque – la future mère de Liz -, et se pliera en quatre pour continuer de lui plaire malgré les avatars qui se mettront en travers de leur chemin.

Entre rencontres improbables de personnages hauts en couleur et cuisine du terroir, ce roman fait la part belle à la fantaisie, à la saveur perdue d’une certaine qualité de vie, d’une humanité dont le monde ferait bien de se souvenir un peu plus…

NB : Il est préférable d’avoir lu avant Les demoiselles (chroniqué ici même), même si l’inverse n’est pas un obstacle à la compréhension de l’ensemble 😉