Blog littéraire 2025

Les douleurs fantômes de Mélissa Da Costa

Résumé éditeur

« Rosalie, Gabriel, Tim, Anton et Ambre formaient un groupe d’amis soudé jusqu’à ce qu’un drame les éloigne les uns des autres. C’est pourtant un appel au secours qui, cinq ans après, va à nouveau les réunir. Entre silences amers et regrets, ces retrouvailles vont raviver leurs douleurs fantômes et bousculer leurs certitudes : mènent-ils vraiment la vie dont ils rêvaient ? Un rendez-vous à la croisée des chemins qui leur prouvera qu’on peut se perdre de vue, mais pas de cœur… Et qu’il n’est jamais trop tard pour changer de vie et être heureux. »

MON AVIS

J’ai lu le premier tome il y a si longtemps que je ne me souvenais plus des problématiques des uns et des autres dans ce groupe d’amis vingtenaire… Cela n’a pas trop gêné ma lecture grâce aux rappels fréquents de leur histoire passée, mais j’avoue que j’ai été un peu désarçonnée par la « fraîcheur » de l’ensemble, la plume de Mélissa a tellement évolué depuis ses premiers romans!

J’ai lu cette année Tenir debout qui m’a bluffée, il est certain qu’en regard ce tome 2 paraît un peu fade. Néanmoins, malgré le peu d’action et l’aspect répétitif des journées que passent ses héros à s’observer et panser leurs plaies, le talent de l’auteure consiste à nous immerger dans une ambiance, des vies entremêlées dont nous devenons familiers au fil des pages, et on y retourne avec gourmandise, sans forcer…

Bref, vous l’aurez compris, c’est un livre parfait pour buller sous la couette en hiver, ni plus ni moins !

Blog littéraire 2025

La fille qui s’échappa d’Auschwitz de Ellie Midwood

Résumé éditeur :

« Des millions de personnes ont franchi les portes d’Auschwitz, mais elle a été la première femme à s’échapper. Ce puissant roman raconte l’histoire vraie et inspirante de Mala Zimetbaum, dont l’héroïsme ne sera jamais oublié et dont le destin a changé le cours de l’histoire… Personne ne quitte Auschwitz vivant. Mala, matricule 19880, comprend qu’elle vient d’arriver en enfer au moment où elle descend du wagon à bestiaux à Auschwitz. En tant qu’interprète pour les SS, elle utilise sa position pour sauver autant de vies qu’elle le peut, faisant passer des miettes de pain aux autres détenus. Edward, matricule 531, est un ancien combattant du camp et un prisonnier politique. Bien qu’il ressemble à tout le monde, avec une tête rasée et un uniforme rayé, il est un combattant dans la résistance souterraine. Et il a un plan d’évasion. Mais quand ils se rencontrent, l’ombre sombre d’Auschwitz est illuminée par une lueur d’espoir. Edward fait croire à Mala l’impossible. Qu’en dépit d’être encerclés par des fils électriques, des mitrailleuses et des projecteurs, ils quitteront ce camp de la mort. Une promesse est faite – ils s’enfuiront ensemble ou ils mourront ensemble. Ce qui suit est l’une des plus grandes histoires d’amour de l’histoire.« 

MON AVIS :

Un livre absolument poignant sur une période tristement célèbre de l’Histoire, traitée sous un angle résolument humain.

Les faits sont sordides, abominables, à tel point que l’on se demande encore comment une telle déshumanisation à grande échelle a été rendue possible… Ce n’est pas le premier livre que je lis sur ce thème, loin de là, mais à chaque fois l’horreur revient, et avec elle le devoir de mémoire. Ne rien oublier, ne rien banaliser.

L’histoire d’amour entre Edward et Mala vient mettre un peu de lumière sur ces jours noirs, tout comme l’espoir de lendemains meilleurs, mais leur rêve d’évasion ensemble tournera court rapidement, comme annoncé dès le prologue du livre.

PS : en ce jour où je publie cette chronique, Ginette Kolinka, survivante des camps et passeuse de mémoire de la Shoah, fête ses 100 ans, j’en profite pour lui rendre hommage…

Blog littéraire 2025

Enfants à vendre de Kristina Mc Morris

Résumé éditeur

« Deux enfants en guenilles, le visage crasseux et le regard triste, sont assis sur le porche d’une maison. À côté d’eux, une simple pancarte : « Enfants à vendre ». Dans l’Amérique des années 30, alors que la crise économique fait rage, certaines familles n’ont plus de quoi se chauffer, rien à manger. Lorsque le jeune journaliste Ellis Reed découvre cette scène, il prend une photo. Un cliché terrible et émouvant qui va lancer sa carrière. Mais à quel prix ? Car cette photographie de deux enfants en détresse va avoir des conséquences dévastatrices. Rongé par la culpabilité, Ellis revient au même endroit, quelques semaines plus tard. Mais la maison est vide, les enfants ont été vendus. Le journaliste décide alors de tout faire pour retrouver leur trace et, si c’est encore possible, réparer ses erreurs… »

Mon avis

Un roman singulier, basé sur des faits réels, en tous cas en ce qui concerne la photo à l’origine de tout le reste, à savoir deux enfants assis devant leur maison, à côté d’une pancarte « À vendre ». Dans cette Amérique des années 30 laminée par la crise, on ne peut qu’imaginer le désespoir de parents démunis au point d’envisager de vendre leurs propres enfants pour que la famille survive, eux y compris.

L’histoire est très romanesque et prend le parti de suivre l’investigation de deux jeunes journalistes, dont celui à l’origine de cette photo, plutôt que d’analyser le fond du problème, à savoir la misère sociale à cette époque. Toute la première partie du livre aurait pu, à mon sens, être diminuée presque de moitié tant les faits sont dilués, ainsi que la montée en puissance de l’attirance entre les deux protagonistes principaux.

Par contre, une fois l’intrigue bien mise en place, un intérêt de lecture croissant est revenu jusqu’à la fin, notamment lorsque le suspense et l’action s’accélèrent, et m’a permis de vraiment m’immerger dans cette histoire traitant de thèmes liés à l’éthique et à ce que sont réellement les liens entre parents et enfants.

Bref, un moment de lecture dépaysant et assez enrichissant!

Blog littéraire 2025, Livre reçu dans une box

Si tu passes la rivière de Geneviève Damas

Un court roman beau comme un diamant brut ; il y a un peu de Giono dans cette histoire…

À dix-sept ans, François vit à la ferme de son père violent, rustre et taiseux, en compagnie de deux frères aussi indifférents à son sort qu’on peut l’être. Sa grande soeur Maryse, dont la douceur lui manque cruellement, est partie depuis longtemps déjà. Elle a osé franchir cette rivière que le père lui interdit presque de regarder. Que s’est-il donc passé de si terrible, de l’autre côté, pour que le tabou soit encore à ce point pregnant dans leur vie à tous?

Le jeune homme est considéré par son entourage comme simplet, et la narration, parfois un peu enfantine, à la première personne, retranscrit à merveille ce côté à la fois naïf et lucide, sauvage, du désarroi qui s’empare régulièrement de lui. Il n’a personne à qui se confier, hormis les cochons qu’il garde et ceux pour lesquels il se prend d’affection, comme Oscar et Hyménée. Aussi, lorsqu’il se rapproche de Roger, le curé du village, et que celui-ci commence à lui apprendre à lire, c’est un monde nouveau qui s’ouvre à lui.

Petit à petit, de découverte en découverte, François comprendra quelle est son histoire et les tabous qui l’entourent. Avec humanité, tendresse et sensibilité, l’auteure nous démontre que personne n’est condamné d’avance, que l’accès à la connaissance et à la lecture sont autant de clés initiatiques pour découvrir le sens de sa propre existence, et qu’il vaut mieux, parfois, croiser une seule bonne personne que vivre des années auprès de la mauvaise.

Un livre qui se lit vite, mais qui imprègne l’âme…

Une lecture qui m’a été adressée par la box littéraire Kube

Blog littéraire 2025

Là où les souvenirs se révèlent de Delphine Giraud

RESUMÉ ÉDITEUR

Le craquage est survenu sans crier gare, un jour de classe ordinaire, alors que Thomas se tenait face à ses élèves. Soudain, il ne pouvait plus bouger ni parler. Le diagnostic des médecins est tombé : un burn out. Aussi épuisé qu’effrayé par son état, il demande à son père de le ramener en Bretagne, à Concarneau, le temps de sa convalescence. Deux décennies qu’il n’avait pas remis les pieds dans sa ville natale. La faute à la rumeur. Celle qui déformait les propos de son père quant aux circonstances de la mort de sa mère, alors qu’il n’avait pas encore cinq ans. Tandis que Thomas renoue avec ses origines, il comprend que sa crise ne s’est pas produite par hasard… Et si le moment était venu de se confronter à son passé ?

MON AVIS

Un livre intéressant pour les thèmes abordés, notamment celui du burn-out, tristement d’actualité et plutôt bien rendu dans ce qu’ il a d’incontrôlable et de vertigineux. La quête d’un passé dont le mystère prend de l’ampleur au fil des pages est également prenante, mais j’ai regretté le côté lisse du personnage principal et de son histoire d’amour naissante, très fleur bleue, qui, compte tenu du contexte de l’ensemble aurait mérité une dimension un peu plus dramatique.

Néanmoins, j’ai passé un bon moment de lecture!

Blog littéraire 2024

Le petit-fils de Nickolas Butler

Résumé éditeur :

Après trente ans à travailler dans un petit commerce, Lyle vit désormais au rythme des saisons avec sa femme Peg, dans leur ferme du Wisconsin. Il passe ses journées au verger où il savoure la beauté de la nature environnante. Leur fille adoptive, Shiloh, et leur petit-fils bien aimé, Isaac, se sont récemment installés chez eux, pour leur plus grande joie.
Une seule ombre au tableau : depuis qu’elle a rejoint les rangs des fidèles de Coulee Lands, Shiloh fait preuve d’une ferveur religieuse inquiétante. Cette église, qui s’apparente à une secte, exige la foi de la maison entière et Lyle, en proie au scepticisme, se refuse à embrasser cette religion. Lorsque le prédicateur de Coulee Lands déclare qu’Isaac a le pouvoir de guérison, menaçant par là-même la vie de l’enfant, Lyle se trouve confronté à un choix qui risque de déchirer sa famille.
Interrogeant les liens filiaux, la foi et la responsabilité, Le Petit-fils dépeint avec justesse, tendresse et amour le combat d’un couple de grands-parents prêts à tout pour leur petit-fils.

Mon avis :

Inspiré d’une histoire vraie, ce livre réaliste explore avec lucidité la lente dérive des gens fragiles vers les mouvements sectaires, et le danger réel que ces gourous des temps modernes représentent.

L’ensemble forme un très beau texte, touchant et juste, mêlant des réflexions universelles sur la maladie, la mort, l’amour parental, le deuil, la religion… Et de longues descriptions centrées sur le quotidien d’un couple vieillissant, pour qui l’angoisse de perdre leur petit-fils se surajoute à la douleur de voir décliner les proches et amis.

Ce n’est pas un coup de coeur pour moi, car j’ai trouvé malgré tout l’ensemble un peu trop descriptif, mais cela reste une lecture intéressante.

Blog littéraire 2024

Les gens heureux lisent et boivent du café – La vie est facile, ne t’inquiète pas de Agnès Martin-Lugand

Résumé éditeur

« Ils étaient partis en chahutant dans l’escalier. J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux. »
Diane perd brusquement son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre.
Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence.
C’est peut-être en foulant la terre d’Irlande, où elle s’exile, qu’elle apercevra la lumière au bout du tunnel.
Entre « Le Journal de Bridget Jones » et « Love Story », l’histoire de Diane nous fait passer par toutes les émotions.
Impossible de rester insensible au parcours tantôt dramatique tantôt drôle de cette jeune femme à qui la vie a tout donné puis tout repris, et qui n’a pas d’autre choix que de faire avec.

Résumé éditeur

« Alors que j’étais inconsolable, il m’avait mise sur le chemin du deuil de mon mari. J’avais fini par me sentir libérée de lui aussi. J’étais prête à m’ouvrir aux autres. »
Depuis un an que Diane est rentrée d’Irlande, elle a tourné la page sur son histoire tumultueuse avec Edward, bien décidée à reconstruire sa vie à Paris. Avec l’aide de Félix, elle s’est lancée à corps perdu dans la reprise en main de son café littéraire.
C’est là, aux « Gens heureux lisent et boivent du café », son havre de paix, qu’elle rencontre Olivier. Il est gentil, attentionné, et surtout il comprend son refus d’être mère à nouveau. Car Diane sait qu’elle ne se remettra jamais de la perte de sa fille.
Pourtant, un événement inattendu va venir tout bouleverser : les certitudes de Diane quant à ses choix, pour lesquels elle a tant bataillé, vont s’effondrer les unes après les autres.
Aura-t-elle le courage d’affronter un autre chemin ?

Mon avis :

Que dire?…. J’ai téléchargé les deux tomes sur ma liseuse en un seul coffret, donc j’ai enchaîné ces deux lectures en espérant y trouver la profondeur que j’espérais… et ce ne fût malheureusement pas le cas.

Le thème d’un double deuil aussi terrible que celui-là (l’héroïne perd son mari et sa fille) n’a pour moi pas forcément sa place dans un roman qui traite plutôt d’une reconstruction après une rupture, pas d’une perte aussi massive que celle-ci, et je n’ai pas aimé non plus les innombrables clichés ou références aux codes de la romance pure, qui, pour moi, n’avaient pas lieu d’être dans un tel cadre.

Mais ce n’est que mon avis 🙈

Blog littéraire 2024

Comment font les gens? de Olivia de Lamberterie

Un roman court et percutant, comme un arrêt sur image de la vie bien remplie d’une femme d’aujourd’hui, un peu comme vous, un peu comme moi, qui nous fait prendre du recul sur ce sentiment d’impuissance que l’on ressent face à une actualité qui nous dépasse, une société devenue folle et narcissique, le temps qui file et emporte nos vieux et le rire de nos enfants…

La plume d’Olivia de Lamberterie, dont j’avais adoré Avec toutes mes sympathies, est vive, enlevée, urgente, comme le quotidien de son héroïne Anna, pressée de toutes parts entre sa mère à l’Alzheimer rebelle qui en fait voir de toutes les couleurs à la directrice de sa maison de retraite, ses filles en pleine adolescence, sa cheffe exigeante et un mari dont la trahison sera d’autant plus intolérable qu’il constituait (presque) le seul élément stable de sa vie…

Les notifications incessantes agressent Anna, les exigences et la médiocrité du monde moderne la consternent, l’absurdité des injonctions paradoxales récurrentes de nos vies la poussent à effectuer un pas de côté et à s’interroger, en compagnie d’amies bienveillantes, sur le sens de tout cela…

En existe-t-il seulement un? Le but n’est-il pas de tenir, tout simplement, de ne pas se renier malgré le courant si fort qui nous emporte dans un tourbillon incessant duquel il devient urgent de s’extraire en… lisant ce livre, par exemple? …

Une parenthèse talentueuse, bienveillante et pleine d’empathie pour les femmes, que je vous recommande fortement ❤️

Blog littéraire 2024, Livre reçu dans une box

Mon petit de Nadège Erika

Résumé éditeur :

Mon petit – Poche 7,70€

Belleville dans les années 90 : chez Grand-Maman dans la cité HLM de la rue Piat, Naëlle porte des robes à col claudine, apprend qu’il faut dire les « intempéries » et non « un temps de merde », va manger chez Madame Ah qui expose des canards sans tête dans son restaurant chinois.
Porte de Montreuil : chez Jeanne, sa mère, infirmière, libre et bohème, abonnée aux huissiers, c’est dîners Banania-biscottes, tourne-disque et les Jackson Five à fond.
Entre les deux, avec ses frères et sœurs, Naëlle fait la navette, grandit, pose des questions qui restent sans réponse, rencontre des hommes jamais comme il faut, tombe amoureuse de Gustave, de ses yeux verts et de ses nouvelles Nike.
Les éclats de rire, l’amour des femmes et leur silence sont toujours là. Le drame fait comme s’il attendait son heure…

Mon avis

Un livre original et poignant, qui m’a été proposé par la box littéraire Kube, et qui a bien rempli sa mission, à savoir me faire découvrir des pépites que je n’irais pas forcément dénicher moi-même 😉

Le quartier de Belleville est un élément central de ce roman doux-amer, tendre et tragique, qui s’attache aux pas de Naëlle, depuis son enfance à demi-préservée du chaos grâce à sa Grand-Maman à la fois décalée et terriblement rassurante, jusqu’à sa vie de jeune femme abimée par un drame que je n’avais pas vu venir.

L’écriture est fluide et tonique, sans artifices, et vous embarque au coeur d’une réalité parfois difficilement soutenable, mais qui donne la force de l’authenticité à ce récit qui sent le vécu.