
Ce que j’aime par-dessus tout dans les romans de Anne-Gaëlle Huon, c’est son aisance à flirter avec le drame sans en avoir l’air, sa faculté de manier la légèreté avec un soupçon de gravité, de sorte que les thèmes profonds sont toujours traités intensément sans altérer pour autant la grâce d’une gaieté qui surfe sur (presque) toutes les pages.
Liz est une jeune cheffe sur le point d’obtenir son étoile au Michelin. Brillante jurée d’un concours de cuisine très médiatisé, tout semble lui réussir, jusqu’à cette soirée désastreuse au cours de laquelle elle voit s’écrouler tous ses espoirs. Accusée de harcèlement par son équipe, son restaurant doit fermer pour cause d’intoxication alimentaire. Adieu étoile, adieu rêves de gloire… Après avoir reçu une étrange lettre, elle se réfugie chez son expéditrice au fin fond du pays basque, et découvre Rosa, une vieille dame fantasque et généreuse, auprès de qui elle trouve un réconfort inattendu. Celui d’un certain Monsieur Etchegoyen ne l’est pas moins… Mystérieux pourvoyeur de bonnes attentions qui lui font croire en une possible seconde chance, il la convainc de redonner de l’éclat au restaurant du coin dont le chef Peyo est un ours mal léché au caractère aussi revêche que détestable.
En parallèle, nous suivons le destin de Balthazar, dans les années cinquante, qui tombe amoureux d’une jeune Romy incendiaire et fantasque – la future mère de Liz -, et se pliera en quatre pour continuer de lui plaire malgré les avatars qui se mettront en travers de leur chemin.
Entre rencontres improbables de personnages hauts en couleur et cuisine du terroir, ce roman fait la part belle à la fantaisie, à la saveur perdue d’une certaine qualité de vie, d’une humanité dont le monde ferait bien de se souvenir un peu plus…
NB : Il est préférable d’avoir lu avant Les demoiselles (chroniqué ici même), même si l’inverse n’est pas un obstacle à la compréhension de l’ensemble 😉