Blog littéraire 2025

Et que Dieu me pardonne

Et que Dieu me pardonne – Broché 19,90€*

À mi-chemin entre thriller et développement personnel, ce roman un peu inclassable aborde frontalement les thèmes du pardon et de la vengeance.

Élodie est une mère comme les autres. Aimante et attentionnée, elle aimerait mettre ses deux petites filles à l’abri de la violence du monde. Maëlle, son aînée de 8 ans, ne lui répète-t-elle pas qu’elle « ne ferait pas de mal à une mouche? ». Alors, quand, par un matin pluvieux, son enfant disparaît pour être retrouvée une quinzaine d’heures plus tard, morte sur un banc, et qu’un homme reconnaît être responsable de ce qu’il plaide être un accident, Élodie disjoncte. Elle ne sera plus ni gentille ni courtoise, et ne pourra jamais accepter que l’assassin de sa fille soit relâché pour bonne conduite 3 ans après les faits. Persuadée qu’il a menti aux jurés, elle décide alors de le séquestrer pour le faire parler et découvrir la vérité sur la mort de Maëlle.

Entre un huis clos angoissant et quelques passages étonnants où elle rencontre une vieille dame dans la forêt, sorte de « sage » mise sur son passage pour l’aider à franchir un cap, le lecteur est invité à réfléchir sur le sens de tout cela, et notamment sur l’intérêt du pardon, même dans un cas aussi abominable que le meurtre (supposé) d’une enfant.

La torture physique du détenu est très bien rendue et fait monter habilement le suspense, on se demande dans quel état cet homme va finir… J’ai été un peu moins convaincue par l’authenticité de la démarche de l’héroïne, ainsi que par cette injonction au pardon. En revanche, j’ai bien aimé son rapport à la nature, le réconfort trouvé au pied d’un arbre et l’apprivoisement d’un petit renard blessé, qui viennent la réconforter et donner du sens au chaos qu’elle traverse (tout cela n’est pas sans rappeler mon roman L’arbre de Rose d’ailleurs! Une maison isolée dans la forêt, un arbre majestueux, un renard docile et sensible, un travail de deuil… mais toute comparaison s’arrête là 😉).

L’ensemble est en tout cas très prenant, et, pour ma part, je n’en avais pas deviné le dénouement avant la fin.


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Blog littéraire 2025

Une toute petite minute de Laurence Peyrin

Une toute petite minute – Poche 4€

Un roman bien construit et très bien écrit, tout en nuances malgré l’âpreté du sujet choisi autour de l’univers carcéral des femmes.

Madeline Oxenberg a 17 ans lorsque sa vie bascule. Étudiante sans histoires et fortunée de l’Upper East Side, personne ne comprend son geste terrible et insensé un soir de Nouvel An, d’autant plus qu’elle ne donne aucune explication et semble sidérée par le déroulement des faits. Accusée du meurtre de sa meilleure amie, elle ne niera jamais sa responsabilité, allant même jusqu’à vouloir l’endosser entièrement, au grand dam de son avocat qui ne parviendra pas à la convaincre d’accepter la moindre remise de peine. Mad veut payer pour ce qu’elle a fait. Elle écope de 20 ans de prison et compte bien aller au bout.

Mais un jour, alors que son corps est devenu celui d’une femme de 37 ans, elle a accès au monde libre et l’infini des possibles la terrorise. Privée de repères, elle se réfugie momentanément chez sa mère avant de réapprivoiser sa vie grâce à des rencontres qui bouleversent son rapport à l’autre, forcément malmené derrière les barreaux.

La construction du récit en analepse permet de mesurer l’évolution de Madeline et de comprendre tous les freins qui entravent sa reconstruction à la sortie de prison. Il en ressort une héroïne vulnérable et attachante malgré son crime dont on devine la violence, et un espoir de rédemption comme fil rouge de ce récit atypique et sensible.

J’ai beaucoup aimé!


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Blog littéraire 2025, Livre reçu dans une box

Une ardente patience de Antonio Skarmeta

Une ardente patience – Poche 9,30€*

Un petit roman atypique, à mi-chemin entre conte, hommage et poésie…
En route pour l’Ile Noire, dans l’Antarctique chilien. Mario Jimenez est un jeune homme qui devient facteur dans le seul but de ne pas finir pêcheur comme son père. Enfourchant sa bicyclette, il distribuera chaque jour le courrier à son unique client, le grand poète Pablo Neruda. Au fil des jours, une amitié improbable se noue entre ces deux amateurs de métaphores, l’élève et le maître, le novice et le talentueux, l’inconnu et l’illustre figure de la poésie auquel ce livre rend un hommage vibrant.

Un roman qui m’a été adressé par la bok littéraire Kube.


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Blog littéraire 2025

L’embuscade de Émilie Guillaumin

L’embuscade – Poche 7,50€*

Un roman qui nous plonge au cœur du monde de l’armée française actuelle, plutôt du côté des proches, mais néanmoins immersif, car ils sont eux-mêmes soumis à ses codes.

Clémence est très amoureuse de son mari, l’adjudant des forces spéciales Cédric Delmas, dont elle a trois garçons et est enceinte d’un quatrième. L’action démarre assez rapidement, car le prologue décrit une scène de guerre au cours de laquelle Cédric et ses hommes sont la cible d’une explosion. Quelque temps plus tard, une délégation militaire sonne chez elle à sept heures du matin pour lui annoncer la mort tragique de son mari, qu’elle se refuse à envisager. Elle ne l’annonce pas à ses enfants et met un temps fou à prévenir ses beaux-parents, comme pour tenir à distance l’événement.

Lorsqu’elle se rend à Paris en compagnie des cinq autres veuves afin de procéder à la reconnaissance des corps et affronter le protocole strict de l’armée, elle réalise que la mission de renseignement annoncée au cours de laquelle leurs maris ont perdu la vie se trouve être bien plus obscure qu’il n’y paraît. Entre les absences prolongées de Cédric et le nécessaire secret entourant les missions spéciales, Clémence, pourtant habituée à la rigueur de l’armée, se heurte à des zones d’ombre auxquelles elle se raccrochera jusqu’au bout pour comprendre ce qui est réellement arrivé à son mari.

Tout au long du roman, on compatit à sa douleur, on espère avec elle, on tente de comprendre les enjeux en présence, ce qui n’est pas toujours évident, car le roman comporte des parties assez techniques sur les organisations djihadistes et le conflit en cours en Syrie, le tout ponctué de langage militaire authentique. Le suspense est bien amené. Malgré quelques longueurs et une approche assez classique du processus de deuil, j’ai trouvé l’ensemble efficace et instructif.


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Blog littéraire 2025

À la folie de Joy Sorman

Un livre presque cruel de réalisme, à la fois restitution fidèle du milieu psychiatrique et remise en question d’un système qui se contente souvent de vouloir sauver les apparences au détriment des vrais besoins des patients…

L’auteure s’est immergée dans le pavillon 4B pendant un an, tous les mercredis, afin de restituer au plus près le quotidien et, plus généralement, la vie, des patients schizophrènes, mélancoliques, bipolaires, dépressifs… Mais avant tout des hommes et des femmes avec des désirs, des rêves, des obsessions, de la souffrance. Beaucoup de souffrance. Parfois, même les médecins luttent pour discriminer celui ou celle qui simule, qui fait semblant, qui joue avec son pouvoir de le maintenir enfermé ou non, de décider s’il ou elle constitue une réelle menace pour son entourage, pour la société ou pour lui-même.

Comme le dit l’auteur, on cache nos fous là où, auparavant, on s’en accommodait, on les intégrait à la vie collective, pas forcément mieux, d’ailleurs, mais peut-être étaient-ils moins stigmatisés. La folie, c’est l’affaire de tous, semble-t-elle nous dire. Peut-être, mais n’est-ce pas une réduction un peu facile? Avant de condamner le médecin cynique ou l’infirmière désabusée, il faut passer toutes ses journées dans leur milieu, et pas seulement une par semaine. Mais même si certains y parviennent, peut-on réellement faire preuve d’empathie au long cours lorsque l’on côtoie d’aussi près la folie, la vraie, celle qui fait peur, celle qui engendre de la violence et des comportements complètement hors normes, celle qui demande cinq personnes pour en contenir une seule, celle qui renvoie à une condition humaine réellement effrayante, perdue quelque part entre le cauchemar et la réalité?

Le fait de prendre parti des malades est une bonne chose, mais pour avoir effectué un stage infirmier en psychiatrie fermée durant de longues semaines, je peux attester de la difficulté, humainement parlant, de vivre aux côtés de ces personnes aux réactions imprévisibles, enfermées dans leur propre cerveau qui les malmène, au point qu’aujourd’hui encore, quinze ans après, je me souvienne de certains d’entre eux comme si c’était hier.

En revanche, je rejoins à cent pour cent la dénonciation de la prise de pouvoir de l’administration sur le soin, qui est délétère et extrêmement dangereuse dans tous les secteurs de soins et qui, malheureusement, est devenue une réalité aujourd’hui. Ici, un constat sans appel, mais aussi sans solution.

L’une des vocations de la littérature est de nous mettre face à nos vérités, face à ce qui dérange, et, en cela, ce livre remplit parfaitement sa mission, tout comme celle de nous obliger à nous décentrer de la vision rassurante (ou pas!) que l’on peut se faire d’une certaine réalité, pour nous montrer qu’au-delà de nos frontières connues se trouve une autre contrée, mystérieuse et inquiétante, que l’on abrite peut-être aussi en nous, et que l’on ferait bien de s’en soucier. Car ce qui noue relie aux fous, c’est avant tout notre humanité.

« C’est une expérience qui, loin d’éclairer, de démêler, opacifie et maintient dans l’ignorance, l’ambivalence, une expérience sans révélation, sans dénouement, sans fin. Pourtant cette ignorance est une grâce, elle apaise et fortifie, libère et assagit, rend disponible, vacant, simple pisteur de chants et de traces en forêt, simple récepteur, tympans vibratiles et pupilles béantes pour, le temps d’une expérience, se débarrasser de l’écrasante charge de la vérité.« 

Blog littéraire 2025, Mes coups de coeurs ❤️

JE SERAI TON OMBRE DE LISA JEWELL

Je serai ton ombre – Poche 8,98€*

J’ai hésité à mettre ce livre dans mes coups de coeur, mais finalement, je me suis tellement régalée à sa lecture, surtout durant toute la deuxième moitié du livre, que cela me semble juste !

Je ne suis pas une grande connaisseuse en matière de thrillers psychologiques, donc forcément « bonne cliente », mais j’ai vraiment trouvé la construction de celui-ci très habile, suffisamment en tous cas pour que je ne me doute pas de l’issue finale, pas plus que des nombreux retournements de situation, qui m’ont tous surprise.

L’intrigue démarre dans une banlieue chic de Londres, au sein d’une famille classique dont la mère Cate est plus ou moins femme au foyer, le père pédopsychiatre Roan exerce dans un centre psychologique du quartier, et les deux enfants adolescents mènent leur vie sans encombre, jusqu’au jour où Georgia, leur fille, se sent suivie dans la rue jusqu’à chez eux. Elle identifie rapidement le voisin d’en face, un trentenaire bizarre et solitaire qui vit encore chez sa tante, et les soupçons s’intensifient dans un contexte d’agressions à caractère sexuel répétées dans les environs. En parallèle, Cate s’en veut encore d’avoir soupçonné son mari l’année précédente d’avoir une liaison inappropriée avec l’une de ses jeunes patientes, la très jolie Saffyre, dont on suit également la trajectoire.

Tout bascule le jour où Saffyre disparait. La tension monte lorsque l’on se rend compte que la jeune fille avait pris en filature son ancien pédopsychiatre, Roan, et c’est là que l’auteure brouille subtilement les pistes. Je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler les futurs lecteurs…

Je n’ai pas été forcément fan de l’écriture, assez simple, mais j’ai adoré la construction de l’ensemble et, surtout, le fait de promener le lecteur de piste en piste jusqu’au dénouement…

Se lit très vite!


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Blog littéraire 2025, Mes coups de coeurs ❤️

Blizzard de Marie Vingtras

Blizzard – Poche 7,90€*

Un livre saisissant, d’une âpreté qui m’a à la fois surprise et happée, tant par la construction talentueuse de l’ensemble que par l’authenticité de l’écriture.

Il s’agit d’un roman choral, alternant le point de vue de Bess, dont on comprend rapidement qu’elle devait s’occuper d’un enfant qui lui a échappé en plein blizzard donc potentiellement en danger de mort, de Benedict, le père de l’enfant, de Cole, un sale type assez rustre, et de Freeman.

Les protagonistes vivent dans le même coin reculé d’Alaska et doivent faire face à des conditions de vie extrêmes, où la solidarité n’est pas un vain mot. Aussi, quand le petit Thomas disparait dans la tempête, tous se mettent à sa recherche, même les odieux Cole et Clifford.

Tout en affrontant le pire, chacun se livre à une introspection passionnante, au cours de laquelle nous en apprenons un peu plus sur leur passé et leurs motivations profondes.

La tension monte peu à peu à travers des chapitres courts et un rythme parfaitement maîtrisé, jusqu’à atteindre un point d’acmé et une violence qui n’est pas sans rappeler celle des éléments extérieurs. J’ai particulièrement aimé le dévoilement progressif de l’intrigue, les descriptions courtes et percutantes et la finesse de l’analyse psychologique des personnages, de sorte que l’on va de surprise en surprise sans presque s’en rendre compte…

Bref, un coup de coeur pour moi! Âmes sensibles, attention, il y a quelques scènes un peu violentes, mais sinon, régalez-vous, c’est un excellent moment de littérature ! ❤️


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Blog littéraire 2025

Qu’à jamais j’oublie de Valentin Musso

Résumé éditeur

« Et si votre famille n’était pas celle qu’elle prétendait être ?
Nina Kircher, une sexagénaire, veuve d’un photographe mondialement célèbre, passe quelques jours dans un hôtel de luxe dans le sud de la France. Soudain, elle quitte la piscine où elle vient de se baigner pour suivre un homme jusqu’à son bungalow puis, sans raisons apparentes, elle le poignarde dans un enchaînement inouï de violence, avant de s’enfermer dans un mutisme complet.
Pour tenter de comprendre cet acte insensé, son fils Théo, avec lequel elle a toujours entretenu des relations difficiles, n’a d’autre choix que de plonger dans le passé d’une mère dont il ne sait presque rien. De Paris à la Suisse en passant par la Côte d’Azur, il va mener sa propre enquête, jusqu’à découvrir des secrets inavouables et voir toute sa vie remise en question…
L’histoire bouleversante d’une femme décidée à prendre en main son destin.
Un suspense redoutable qui vous manipule jusqu’à la dernière page.
Avec des succès comme Une vraie famille, Dernier été pour Lisa ou Un autre jour, VALENTIN MUSSO s’est imposé comme l’un des meilleurs auteurs de thriller psychologique de sa génération. Qu’à jamais j’oublie est son neuvième roman. »

Mon avis

Un thriller psychologique qui m’a donné envie de comprendre l’histoire de Nina, cette femme malmenée par la vie dont le mystère s’éclaircit peu à peu au fil du déroulé de l’intrigue.

Nous suivons la quête de Théo, le fils de Nina, qui s’acharne à démêler les fils du passé de sa mère, dont la jeunesse semble avoir basculé le jour de son internement à l’institut Sainte-Marie, en Suisse, pour des faits obscurs. Les passages relatant la vie des jeunes filles dans les années soixante sont intéressants, tout comme l’analyse du comportement des différents protagonistes. En revanche, la romance en filigrane n’était peut-être pas indispensable.

Un agréable moment de lecture !

Blog littéraire 2025

Les simples de Yannick Grannec

Résumé éditeur

« 1584, en Provence. L’abbaye de Notre-Dame du Loup est un havre de paix pour la petite communauté de bénédictines qui y mène une existence vouée à Dieu et à soulager les douleurs de Ses enfants. Ces religieuses doivent leur indépendance inhabituelle à la faveur d’un roi, et leur autonomie au don de leur doyenne, sœur Clémence, une herboriste dont certaines préparations de simples sont prisées jusqu’à la Cour.
Le nouvel évêque de Vence, Jean de Solines, compte s’accaparer cette manne financière. Il dépêche deux vicaires dévoués, dont le jeune et sensible Léon, pour
inspecter l’abbaye. À charge pour eux d’y trouver matière à scandale ou, à défaut… d’en provoquer un. Mais l’évêque, vite dépassé par ses propres intrigues, va allumer un brasier dont il est loin d’imaginer l’ampleur.
Il aurait dû savoir que, lorsqu’on lui entrouvre la porte, le diable se sent partout chez lui. Évêque, abbesse, soigneuse, rebouteuse, seigneur ou souillon, chacun garde une petite part au Malin. Et personne, personne n’est jamais aussi simple qu’il y paraît.
« 

Mon avis

Un roman riche et dépaysant, à lire si l’on aime les fictions historiques car le lecteur se retrouve réellement propulsé plusieurs siècles en arrière, y compris dans le langage utilisé, même si l’auteur a adapté l’ensemble pour que son texte reste compréhensible.

L’histoire de ces religieuses est extrêmement documentée et restitue à merveille l’ambiance oppressante de ce couvent de bénédictines qui tentent désespérément de conserver leur indépendance dans un monde où la domination des puissants n’est pas une option, mais une réalité. Entre l’influence des seigneurs d’un côté, du clergé régulier de l’autre, sans parler de rancoeurs plus individuelles, la petite communauté jusque-là préservée se retrouve prise au piège des vélléités des uns et des autres et laisse entrer le loup dans la bergerie…

Certains passages sont poétiques, d’autres abominables (on est tout de même content de vivre au 21ème siècle!), et l’ensemble dresse un portrait acide d’une société qui, loin d’avoir autant évolué qu’on le souhaiterait, présente aujourd’hui encore de troublantes similitudes avec les luttes obscures d’autrefois.

Blog littéraire 2025, Livre reçu dans une box

Imaginer la pluie de Santiago Pajares

Résumé éditeur :

« Il n’a jamais connu que les dunes et le désert, et pour toute compagnie sa mère qui lui raconte un monde détruit par la folie des hommes. Ici point de rose à soigner, point de renard ou d’astéroïde à chérir. La nostalgie n’a pas cours, seul compte ce qui autorise la survie : un appentis pour s’abriter des tempêtes de sable ; quelques palmiers et un puits ; beaucoup de lézards – et de rares légumes.
Consciente que son petit prince devra un jour désirer autre chose, la mère fait de lui le dépositaire de ses souvenirs. Elle lui représente ce qui composait l’existence d’avant : le goût du café fumant, l’arôme des fleurs, la rosée du matin sur les fougères, les notes d’un piano – mais aussi la haine, la cupidité et la guerre. Elle sait qu’un jour il faudra partir, s’arracher à ce lieu familier mais précaire.
À la mort de sa mère, terrassé par le silence, le garçon entreprend un long voyage pour revenir vers les hommes.
Fable exquise sur le désert intérieur de chacun, composé d’épreuves, de solitudes et de mirages, Imaginer la pluie s’attache à l’inventaire de ce qui est réellement indispensable à notre bonheur. »

MON AVIS :

Conte ou dystopie, ce roman singulier m’a au départ désarçonnée, mais une fois le concept assimilé, je l’ai lu hyper rapidement, ce qui est plutôt bon signe!

Livré à lui-même en plein coeur d’un désert aussi aride qu’impitoyable, on a vite envie de savoir si Ionah va s’en sortir, et surtout comment. Quant à la question de déterminer si le fait qu’il rejoigne les hommes et mette fin à sa longue solitude est une bonne chose ou non, je n’ai toujours pas la réponse, même après avoir fini le livre…

À lire si vous êtes curieux d’un autre genre de littérature, et si vous vous posez des questions sur la bonne marche du monde…