Blog littéraire 2023

Purge de Sofi Oksanen

Un livre sombre et dérangeant venant des pays nordiques, qui explore le destin trouble de l’Estonie entre 1940 et 1992…

Pour une raison inconnue du lecteur, la jeune Zara vient s’échouer dans le jardin de la vieille Aliide, dans un état pitoyable. On soupçonne des maltraitances, qui viennent réveiller des peurs ancestrales chez Aliide. La vieille femme recueillera néanmoins cette inconnue au passé étrange et tentera de percer à jour ses mensonges.

Sur fond historique de l’occupation soviétique en Estonie et de tout un passé de collaboration et de résistance, il sera question de peurs ancrées dans les corps des femmes, de soumission, d’une violence sourde et honteuse, de viol, de faute et de culpabilité… mais aussi de vengeance, de jalousie entre sœurs, et d’une tragédie familiale que la vieille Aliide devra décider de dépasser pour venir en aide à la jeune Zara.

Même si ce livre m’en a appris un peu plus sur le passé tragique de l’Estonie, prise en étau entre l’Allemagne et l’URSS, et malgré sa renommée et ses nombreux prix, j’avoue ne pas avoir aimé cette lecture, trop glauque à mon goût 🙈 mais ce n’est que mon avis!

Blog littéraire 2023

La Chute des géants de Ken Follet

Une fresque époustouflante dont j’ai découvert le tome 1, centré sur la première guerre mondiale, ses prémices et ses conséquences, à travers le destin foisonnant de personnages hauts en couleur issus de tous les milieux sociaux.

Nous voyageons en Russie, en Angleterre, aux États-Unis, en France… et suivons de près les aventures de cinq familles touchées de près par les événements historiques qui emportèrent le monde entier dans la tourmente jusque dans les années vingt.

Amours contrariées, trahisons, actes d’espionnage, de bravoure ou de lâcheté… les petites histoires entrent dans la grande et permettent de comprendre en finesse l’enchevêtrement d’événements historiques dont le déclenchement tient parfois à peu de choses.

Du droit de vote des femmes à la lutte des classes ouvrières, d’importants volets sont consacrés aux évolutions sociétales, richement documentées, de même que tous les passages évoquant la politique internationale, la guerre des tranchées ou encore le souffle révolutionnaire en Russie.

Bref, une saga longue de plus de mille pages dont la lecture vous emporte et vous éclaire un peu mieux dans la compréhension du monde.

Blog littéraire 2023, Mes coups de coeurs ❤️

La carte postale de Anne Berest

La carte postale – Poche 9,90€*

Coup de coeur ❤️ pour ce livre bouleversant qui a eu le succès qu’il mérite!

Lélia reçoit une étrange carte postale anonyme, sur laquelle sont maladroitement écrits quatre prénoms : Éphraïm, Emma, Jacques et Noémie… Ce sera le point de départ pour sa fille Anne, l’auteure du livre, d’une enquête intime et terriblement poignante sur l’histoire de sa famille, depuis une lointaine Russie des années vingt jusqu’à leur déportation à Auschwitz en 1942, sans oublier la période de la libération et des années de silence qui ont suivi.

À travers ce livre autobiographique, c’est ce silence et les tabous du passé que l’auteure veut briser, quitte à bousculer un peu Lélia, sa mère, qui a elle-même subi toute sa vie la douleur de sa propre mère Myriam, la grand-mère de Anne donc, seule survivante de la Shoah.

La quête de vérité et d’identité qui anime tout le récit ressuscite les vies injustement oubliées d’Ephraïm, Emma et leurs enfants, et nous permet d’entrevoir une fois de plus quelle fût l’horreur des persécutions antisémites de cette époque.

L’écriture est sobre et pudique, la narration fine et intelligente, et l’ensemble nous transporte à travers les âges et les destinées de ces hommes et femmes dignes dans la tempête, entre devoir de mémoire, compassion pour ces vies brisées et réflexion sur le sens à donner aux répétitions du passé.

🌟 À lire absolument! 🌟

« – L’indifférence concerne tout le monde. Envers qui, aujourd’hui, es-tu indifférente? Pose-toi la question. Quelles victimes, qui vivent sous des tentes, sous des ponts d’autoroute, ou parqués loin des villes, sont tes invisibles? Le régime de Vichy cherche à extraire les Juifs de la société française, et y parvient… »


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Blog littéraire 2023, Mes coups de coeurs ❤️

Son odeur après la pluie de Cédric Sapin-Defour

Son odeur après la pluie – Poche 8,90€*

Je le savais, je le pressentais… ça ne m’arrive pas souvent pourtant, de verser des larmes sur un livre 💖 mais là ! …

Il s’agit d’une ode à l’amour authentique qui peut unir l’humain à l’animal. Avec pudeur et tendresse, l’auteur confie ce que seuls les heureux compagnons d’un chien peuvent connaître, ce lien si particulier qui ne sombre ni dans le sentimentalisme ni dans le comblement d’un manque quelconque. Il est, c’est tout.

Grâce à des mots choisis empreints de poésie mais non dénués d’humour, Cédric Sapin-Defour nous embarque dans l’histoire de sa rencontre avec Ubac, ce bébé Bouvier Bernois qui entre dans sa vie un beau matin et qui bouleversera l’air de rien son rapport au monde. Avec un chien, on peut être seul sans l’être tout à fait. Les balades innombrables qu’ils font ensemble ravivent une sensibilité perdue, une autre façon de considérer la nature. Sans parler de cette présence continue et de l’élan de vie qui en résulte.

C’est pourquoi aussi l’inéluctable fin fait tant de mal. Il y a quelque chose de l’enfance dans ce chagrin entier qui nous envahit à la perte d’un animal, quelque chose de pur et dénué de ressentiments, quelque chose qui renvoie à l’innocence et à la beauté du monde.

Bref, vous l’aurez compris, j’ai été très – très ! – touchée par ce livre magnifique que je conseille à tout le monde, car au-delà des compagnons à quatre pattes, il s’agit de la vie, de l’amour et de la mort, contés avec talent, d’une façon à la fois singulière et universelle.

« Prendre un chien, c’est accueillir un amour immarcescible, on ne se sépare jamais, la vie s’en charge, les déclins sont illusoires et les fins insoutenables. »

« Pour cette réalité et le cran requis à son acceptation, je porte à tout être adoptant un chien de façon loyale une admiration immédiate et définitive. »

« À cette minute précise, ce chien m’a choisi. Numéro douze entre dans ma vie. Avec l’aisance gracieuse des êtres attendus. »

« Nous nous regardons, aimantés, sans cligner, et ce jeu d’enfants où le premier baissant les yeux perd la partie, prétexte à tant d’idylles naissantes, débute pour ne s’achever qu’à la seconde où l’un d’entre nous les fermera pour toujours. Ce chien ne me lâchera jamais de son œil attentif et je sais que par les lucarnes de l’âme, au-delà de voir, il regardait et savait tout de moi dont ce que je m’efforçais à rendre invisible. »

« J’ai essayé avec ramener, démener, malmener. Ça n’a jamais agi. Quand bien même rehaussés du ton de l’escampette, les suffixes ne font pas illusion. Statisme absolu chez mon compagnon. En revanche, parce qu’il y a dedans un bout de promesse, « on va se promener ? » à demi chuchoté et la vie remue jusqu’au tournis. Ce mot est le sien, celui de ses élans. »

« À vivre auprès de lui s’installe cette lente certitude que nos âmes s’alignent jusqu’à se ressembler et l’idée qu’elles se rejoignent n’est pas si répugnante ; ce pas vers l’autre, n’est-ce pas cela une relation ? »

« Qui s’est déjà rendu au cœur d’un chien ? »

« La seule scission du temps dont j’étais déjà conscient est qu’il y avait eu un avant Ubac et désormais Ubac ; l’amour, ça coupe la vie en deux. »

« Nos journées n’étaient que ça, un égayant protocole pointillé d’imprévus. Comment font les gens pour garnir ces minutes d’un nouveau matériau ? »

« Etre heureux ensemble occupait tout mon temps, que vais-je faire de cette masse confisquée ? Nous le savions, c’était écrit, à contaminer infiniment nos existences, le gouffre serait sans fond, mais que fallait-il faire, nous retenir ? Nous cousions nos vies. »

« Si je ne le pouvais pas plus, je n’avais pas tout à fait fini de t’aimer. »

« Dans la nature où nous vivions inséparés d’elle, je t’apercevrai dans les traits d’un autre, dans l’aboiement d’un chiot né aux alentours de mi-juillet, dans le survol de l’aigle ou dans les grincements d’un mélèze. Ton esprit sera là, ta force aussi. »

« C’est irracontable le bonheur, il ne peut s’agir que d’une vacance de la peine. »


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Blog littéraire 2023

Montaigne de Stefan Zweig

🌟 Citations choisies 🌟

« Rien ne peut élever ton moi ou le rabaisser si ce n’est toi – même la contrainte extérieure la plus lourde est aisée à dissiper pour qui conserve sa fermeté et sa liberté intérieures. »

« Toute notre gratitude doit aller à ceux qui, en une époque d’inhumanité comme la nôtre, affermissent en nous l’humanité et nous exhortent à ne pas aliéner notre seul bien, ce que nous ne devons surtout pas perdre, à savoir notre moi intime. Seul celui qui reste libre envers et contre tout fait croître et perdurer la liberté sur terre. »

« En cessant de vivre pour le monde extérieur, il entre dans une oisiveté créatrice. C’est dans sa tour que Montaigne devient Montaigne. »

« Ce n’est pas la position sociale, le privilège du sang, du talent qui font la noblesse d’un homme, mais sa capacité de préserver sa personnalité et de vivre sa propre vie. »

« On ne doit pas se laisser entraîner par le sens du devoir, par la passion, par l’ambition au-delà du point où l’on voulait, où l’on veut aller, on doit sans relâche examiner ce que valent les choses et ne pas les surestimer, s’arrêter là où s’arrête le plaisir. Rester en éveil, ne pas s’engager, ne pas devenir esclave, être libre. »

« Montaigne s’est essayé à ce qu’il y a de plus difficile au monde : vivre sa propre vie, être libre et le devenir toujours plus. À présent qu’il a atteint sa cinquantième année, il se croit proche du but. Or il se produit une circonstance singulière : au moment même où il s’est détourné du monde pour se tourner exclusivement vers lui-même, le monde vient le chercher. »

Blog littéraire 2023

Ce que je n’ai pas su de Solène Bakowski

✨ Un beau roman qui parle de vie et de mort, de liberté et d’amour…

Hélène, la quarantaine, est institutrice et vit mal le départ de Paul, romancier célèbre avec qui elle vivait un grand amour depuis dix ans. Cela fait plusieurs mois qu’il l’a quittée du jour au lendemain, en lui laissant la plupart de ses affaires et un petit mot sur un bout de table. Depuis, elle n’a aucune nouvelle et s’efforce de dépasser la tristesse et la colère qui se sont emparés d’elle face au vide que Paul a laissé dans son existence. Se serait-elle leurrée sur leur amour depuis le début?

Aussi, lorsque l’éditrice de Paul Chevalier lui annonce par téléphone qu’il vient de décéder dans un accident de voiture, le monde s’écroule pour Hélène. Toutes ses questions demeurent en suspens, et son retour qu’elle continuait d’espérer devient alors définitivement impossible. Lorsque les deux femmes se rendent à l’enterrement de Paul, elles ne s’attendent pas aux révélations qui vont peut à peu émerger sur la vraie vie de ce dernier.

En parallèle, Paul raconte sa version de l’histoire, depuis ses origines modestes et sa découverte de la littérature jusqu’à sa vie d’écrivain à succès. C’est grâce à Rachel, une femme meurtrie par la vie de trente ans son aînée, qu’il a eu accès au monde de l’écriture, alors qu’il avait à peine vingt ans. Leur histoire particulière a en partie forgé l’homme qu’il est devenu et qu’Hélène a aimé.

L’histoire prend alors un tour surprenant et bien moins convenu que ce que le début pouvait laisser penser, lorsque Rachel et Hélène font connaissance et confrontent la puissance de ce qu’elles ont vécu avec Paul. Entre amitié naissante, jalousie, regrets et compassion, se tisse alors une étrange relation qui rend hommage à l’homme qu’elles ont aimé.

L’ensemble est bien écrit, à la fois touchant et réaliste…

Un très beau moment de lecture que je vous conseille fortement! ✨

« L’intensité de l’amour est toujours une affaire solitaire, on n’est jamais sûr d’avoir vécu la même histoire que l’autre. »

« Une rencontre vous donne envie de donner davantage, d’aller plus loin, de rêver plus fort… Les rencontres nous forgent. Nous leur devons notre place au monde. »

« Elle a rappelé qu’un écrivain est immortel, vu qu’il suffit de le lire pour l’entendre nous parler. Que cela tient à une sorte de télépathie, d’esprit à esprit, de cœur à cœur. »

Blog littéraire 2023

Beyrouth-sur-Seine de Sabyl Ghoussoub

À mi-chemin entre quête identitaire et récit initiatique, ce roman tente de nous livrer les secrets d’un exil et d’une guerre sans fin…

Avec beaucoup de tendresse et une pointe d’autodérision, l’auteur de cette biographie, journaliste franco-libanais de 34 ans, entreprend d’enregistrer ses parents afin de tenter de comprendre l’histoire de sa famille, si intimement mêlée à celle d’un pays déchiré par les guerres civiles. Mais il découvre aussi que rien n’est simple et que certains non-dits perdurent.

J’avoue que je me suis sentie comme l’auteur lorsqu’il énonce « La vie de mes parents, c’est comme la guerre au Liban. Plus je m’y plonge, moins j’y comprends quelque chose …/… Trop de dates, d’événements, de trous, de silences, de contradictions… ». 

Certes, j’ai compris cette douce et violente nostalgie de la chaleur et des odeurs d’une terre perdue, l’écartèlement entre deux cultures, la difficulté de devoir s’adapter à un pays qui n’est pas le sien, contraint et forcé par la guerre… mais je me suis aussi un peu égarée dans cette accumulation de personnages et de faits, livrés souvent chapitre après chapitre sans lien évident entre eux, de sorte qu’on ne sait plus si l’on est en 1975 ou en 2015, à Paris ou à Beyrouth, sous un régime pro chrétien ou pro palestinien…

Avis en demi-teinte donc, même si l’ensemble est riche et lève un voile très intéressant sur la question des origines et les identités multiples de la société libanaise.

🏆 Prix Goncourt des Lycéens 2022 🏆

Mon père n’est d’aucun milieu, d’aucun monde. Mon père est un homme seul, dans ce que la solitude a de plus grand. Je l’admire, mon père. Un jour, je deviendrai muet comme lui.

Blog littéraire 2023, Livre reçu dans une box

Le cœur cousu de Carole Martinez

Un récit lyrique et fantastique, à mi-chemin entre conte et roman d’initiation…

Soledad est née dans un village du sud de l’Espagne au siècle dernier, et nous conte les aventures de sa mère Frasquita, avec pour point de départ la transmission entre plusieurs générations d’une boîte aux pouvoirs fascinants et inquiétants. Pour Frasquita, ce sont des fils et des aiguilles magiques qui lui permettent de réparer autant les tissus que les âmes, de rattacher les ombres aux vivants, mais qui la propulsent aussi dans un monde où la mort rôde en permanence.

Sorcière ou fée, elle accomplira son devoir sans relâche, transmettant à son tour la mystérieuse boîte à ses filles, qui découvriront l’une après l’autre ce qui sera leur chance ou leur malédiction.

Entre voyage initiatique et combats collectifs, l’auteure relie sans cesse le cœur de son histoire à la condition humaine et à la chair meurtrie des hommes et des femmes, que les dons surnaturels de cette famille étrange ne permettent pas de soustraire à un destin tragique.

C’est une lecture étonnante, un surprenant périple dans le monde de l’art, du vivant, à la croisée d’un monde fantastique et pourtant si réel, qui m’a autant inquiétée qu’intriguée…

À lire si vous êtes curieux et avez envie de découvrir de nouveaux univers!

Une lecture qui m’a été adressée par la box littéraire Kube

Blog littéraire 2023

Set et match! de Liane Moriarty

J’ai retrouvé avec plaisir la plume de Liane Moriarty, qui se lit comme on regarderait une bonne série télé…

Avec un suspense au maximum, l’auteure croque la vie quotidienne comme personne dans un style qui fourmille de détails et nous plonge une fois de plus au cœur des quartiers de banlieues aisées, avec leur lot de mensonges et petites misères sous le vernis des sourires et d’une vie en apparence parfaite, bref on est en plein dans Desperate Housewives!

Joy et Stan Delaney ont tout pour être heureux. Jeunes retraités, ils ont élevé quatre beaux enfants et viennent de céder leur école de tennis, profitant notamment de leur temps libre pour disputer des matchs amicaux en double et continuer à exercer leur passion.

Mais… le jour de la St-Valentin, Joy disparaît en laissant au préalable un message étrange à ses enfants. L’auteure fait alors des allers-retours entre passé et présent pour nous parler de Savannah, une jeune femme perturbée qui avait débarqué chez eux un soir d’automne pour soi-disant échapper à un petit ami violent.

L’ensemble est si bien construit que la chute reste surprenante, et malgré quelques longueurs au milieu de l’histoire, j’ai vraiment bien aimé l’ensemble.

Blog littéraire 2023

Vivre avec nos morts de Delphine Horvilleur

Le livre étonnant d’une femme rabbin, tout en subtilité et tolérance, qui parvient à rendre presque lumineux les thèmes difficiles du deuil et de la mort…

Avec beaucoup d’humilité, de clairvoyance, de sincérité et d’empathie, l’auteure rompue à l’accompagnement des familles endeuillées nous livre ici les coulisses de cérémonies qu’elle a présidées au cimetière, qu’il s’agisse de parfaits inconnus ou de célébrités telles que Simone Veil ou Elsa Cayat (la psychologue assassinée de Charlie Hebdo).

À travers ces onze chapitres, Delphine Horvilleur nous livre ses réflexions sur la vie et la mort, ses propres questionnements, qu’elle mesure tant à l’aune des textes sacrés que de théories plus contemporaines sur le processus de deuil ou d’acceptation de sa propre mort.

Qu’il s’agisse de son positionnement ou de celui des autres, elle reste extrêmement bienveillante et tolérante, à l’écoute des doutes et des espérances de tout un chacun.

Ce livre peut se lire tel un conte, un recueil de nouvelles, un essai philosophique accessible à tous, bref si vous avez envie de prendre un peu de recul sur votre vie quotidienne, allez-y 😉