Blog littéraire 2025

Les simples de Yannick Grannec

Résumé éditeur

« 1584, en Provence. L’abbaye de Notre-Dame du Loup est un havre de paix pour la petite communauté de bénédictines qui y mène une existence vouée à Dieu et à soulager les douleurs de Ses enfants. Ces religieuses doivent leur indépendance inhabituelle à la faveur d’un roi, et leur autonomie au don de leur doyenne, sœur Clémence, une herboriste dont certaines préparations de simples sont prisées jusqu’à la Cour.
Le nouvel évêque de Vence, Jean de Solines, compte s’accaparer cette manne financière. Il dépêche deux vicaires dévoués, dont le jeune et sensible Léon, pour
inspecter l’abbaye. À charge pour eux d’y trouver matière à scandale ou, à défaut… d’en provoquer un. Mais l’évêque, vite dépassé par ses propres intrigues, va allumer un brasier dont il est loin d’imaginer l’ampleur.
Il aurait dû savoir que, lorsqu’on lui entrouvre la porte, le diable se sent partout chez lui. Évêque, abbesse, soigneuse, rebouteuse, seigneur ou souillon, chacun garde une petite part au Malin. Et personne, personne n’est jamais aussi simple qu’il y paraît.
« 

Mon avis

Un roman riche et dépaysant, à lire si l’on aime les fictions historiques car le lecteur se retrouve réellement propulsé plusieurs siècles en arrière, y compris dans le langage utilisé, même si l’auteur a adapté l’ensemble pour que son texte reste compréhensible.

L’histoire de ces religieuses est extrêmement documentée et restitue à merveille l’ambiance oppressante de ce couvent de bénédictines qui tentent désespérément de conserver leur indépendance dans un monde où la domination des puissants n’est pas une option, mais une réalité. Entre l’influence des seigneurs d’un côté, du clergé régulier de l’autre, sans parler de rancoeurs plus individuelles, la petite communauté jusque-là préservée se retrouve prise au piège des vélléités des uns et des autres et laisse entrer le loup dans la bergerie…

Certains passages sont poétiques, d’autres abominables (on est tout de même content de vivre au 21ème siècle!), et l’ensemble dresse un portrait acide d’une société qui, loin d’avoir autant évolué qu’on le souhaiterait, présente aujourd’hui encore de troublantes similitudes avec les luttes obscures d’autrefois.

Blog littéraire 2025, Livre reçu dans une box

Imaginer la pluie de Santiago Pajares

Résumé éditeur :

« Il n’a jamais connu que les dunes et le désert, et pour toute compagnie sa mère qui lui raconte un monde détruit par la folie des hommes. Ici point de rose à soigner, point de renard ou d’astéroïde à chérir. La nostalgie n’a pas cours, seul compte ce qui autorise la survie : un appentis pour s’abriter des tempêtes de sable ; quelques palmiers et un puits ; beaucoup de lézards – et de rares légumes.
Consciente que son petit prince devra un jour désirer autre chose, la mère fait de lui le dépositaire de ses souvenirs. Elle lui représente ce qui composait l’existence d’avant : le goût du café fumant, l’arôme des fleurs, la rosée du matin sur les fougères, les notes d’un piano – mais aussi la haine, la cupidité et la guerre. Elle sait qu’un jour il faudra partir, s’arracher à ce lieu familier mais précaire.
À la mort de sa mère, terrassé par le silence, le garçon entreprend un long voyage pour revenir vers les hommes.
Fable exquise sur le désert intérieur de chacun, composé d’épreuves, de solitudes et de mirages, Imaginer la pluie s’attache à l’inventaire de ce qui est réellement indispensable à notre bonheur. »

MON AVIS :

Conte ou dystopie, ce roman singulier m’a au départ désarçonnée, mais une fois le concept assimilé, je l’ai lu hyper rapidement, ce qui est plutôt bon signe!

Livré à lui-même en plein coeur d’un désert aussi aride qu’impitoyable, on a vite envie de savoir si Ionah va s’en sortir, et surtout comment. Quant à la question de déterminer si le fait qu’il rejoigne les hommes et mette fin à sa longue solitude est une bonne chose ou non, je n’ai toujours pas la réponse, même après avoir fini le livre…

À lire si vous êtes curieux d’un autre genre de littérature, et si vous vous posez des questions sur la bonne marche du monde…

Blog littéraire 2025

Un soir d’été de Philippe Besson

Résumé éditeur

« Nous étions six – cinq garçons et une fille – insouciants, frivoles, joyeux, dans un été de tous les possibles. Pourquoi a-t-il fallu que l’un d’entre nous disparaisse ? »

S’inspirant d’une histoire vécue, Philippe Besson retrace un drame de sa jeunesse, survenu dans l’île de Ré, un soir de juillet, au milieu des années 80.

MON AVIS

Petite déception pour moi à la lecture de ce roman, tout comme le dernier du même auteur Paris-Briançon, j’ai trouvé l’ensemble un peu plat, sans relief, peut-être parce que j’avais eu un gros coup de coeur pour Arrête un peu avec tes mensonges, qui m’avait happée, et que je recherche depuis dans l’ensemble de ses livres, mais que je ne retrouve pas…

Il y a une mélancolie, presque une langueur qui s’échappe des pages de ce récit (autobiographique?), propre aux errances de la fin de l’adolescence, et qui est très bien retranscrite, tout comme le charme de l’île de Ré avant qu’elle ne s’embourgeoise, ou les vacances d’été sans fin…

Mais je n’ai pas été embarquée et j’ai attendu en vain un dénouement qui, pour moi, ne s’est jamais vraiment produit.

Comme d’habitude lorsque je suis mitigée, il s’agit d’un ressenti très personnel et ce n’est que mon avis! 🙈

Blog littéraire 2025

Un travail comme un autre de Virginia Reeves

Résumé éditeur :

« On naît avec quelque chose dans les veines, pour mon père, c’était le charbon, pour Marie, c’est la ferme, pour moi un puissant courant électrique. »
Roscoe T Martin est fasciné par cette force plus vaste que tout, plus grande que lui, qui se propage avec le nouveau siècle : l’électricité. Il s’y consacre, en fait son métier. Un travail auquel il doit pourtant renoncer lorsque Marie, sa femme, hérite de l’exploitation familiale. Année après année, la terre les trahit. Pour éviter la faillite, Roscoe a soudain l’idée de détourner une ligne électrique de l’Alabama Power. L’escroquerie fonctionne à merveille, jusqu’au jour où son branchement sauvage coûte la vie à un employé de la compagnie.

MON AVIS :

Un roman américain fort et âpre, qui se déroule en Alabama dans les années 20, lorsque la vie pouvait vous happer et vous broyer pour peu que vous ne rentriez pas tout à fait dans le rang où que vous vous laissiez tenter par des chemins de traverse…

C’est ce qu’a fait Roscoe lorsqu’il a choisi de détourner le flux d’électricité vers sa maison, point de départ d’un engrenage infernal dont il n’allait plus jamais sortir. La prison de Kilby n’est certes pas faite pour les enfants de choeur, mais la dureté de sa femme à son égard ne l’aide pas non plus à supporter la violence de ses conditions de détention. Tout cela sur fond du racisme primaire qui touche de plein fouet son ami Wilson, entraîné malgré lui dans cette descente aux enfers.

Le livre est noir, rude ; même si quelques îlots d’humanité émergent parfois au milieu d’un océan de haine et de rancoeur, on ne peut qu’admirer la force de rédemption de Roscoe et Wilson face à l’adversité.

L’écriture épurée, à l’os, de l’auteure, rend magnifiquement hommage à ces hommes malmenés par l’existence et secoue le lecteur jusqu’à la dernière page.

Un beau moment de littérature.

Blog littéraire 2025

Samouraï de Fabrice Caro

Les livres qui parviennent à me faire pleurer sont rares, ceux qui arrivent à me faire rire aussi, et pourtant, durant la lecture de celui-ci, j’ai eu la banane tout du long!!

Avec une authenticité et un sens de l’humour aussi fin que désopilant, Fabrice Caro parvient à nous attendrir autant que nous amuser sur un quotidien qui révèle nos habitudes, nos travers, nos angoisses les plus loufoques, celles qui surgissent sans prévenir et les associations d’idées farfelues que l’on pense être les seuls à faire… Apparamment, non, et c’est ce qui est formidable dans ce livre, au-delà de sa performance hilarante, tant l’autodérision nous ramène à ce qui nous relie tous les uns aux autres…

Le narrateur, un écrivain dénommé Alan Cuartero, est chargé par ses voisins de surveiller leur piscine durant quinze jours. Son meilleur ami s’est suicidé, sa compagne vient de le quitter pour un universitaire dont le sérieux le complexe, ses amis essaient de le caser tous les soirs ou presque avec leurs copines célibataires, les ventes de ses livres ne décollent pas, et la piscine verdit de jour en jour…

Triste tableau, et pourtant, je vous assure, qu’est-ce qu’on rit!

Blog littéraire 2025

Une vraie mère… ou presque, de Didier Van Cauwelaert

Résumé éditeur

« En trois mois, ma mère a perdu onze points. Elle n’a jamais conduit aussi mal que depuis qu’elle est morte. Il faut dire que j’ai laissé la carte grise à son nom, et j’ai l’excès de vitesse facile. Mais voilà qu’un jour, une lettre de la préfecture la convoque à un stage de récupération de points. C’est alors que Lucie Castagnol, bouillonnante comédienne à la retraite, se jette sur moi avec la ferme intention d’interpréter le rôle de la disparue. »
Irrésistible de drôlerie et d’émotion, l’histoire plus vraie que nature d’un romancier aux prises avec la doublure de sa mère qui, de catastrophes en élans fusionnels, réactive en lui les conflits qu’elle a décidé de résoudre.

MON AVIS

Du pur Cauwelaert, décalé, sensible, drôle, loufoque à souhait !

D’une plume fluide et agréable, l’auteur explore et dézingue les relations d’un fils à sa mère, et de celle-ci avec sa belle-fille, mais aussi le rapport à la mort, le sens de la vie, le regard des autres et la mise en scène dont certains ont besoin dans la leur pour se sentir exister…

Pour ma part, je l’ai lu assez rapidement et facilement, mais il ne me laissera pas non plus un souvenir impérissable… Vite lu, vite oublié? Ce n’est bien sûr que mon avis 🙈

Blog littéraire 2025, Livre reçu dans une box, Mes coups de coeurs ❤️

Cette nuit qui m’a donné le jour de Frédéric Perrot

Cette nuit qui m’a donné le jour – Poche 7,60€*

Autant le dire tout de suite, c’est un gros coup de coeur pour ce roman qui m’a bouleversée… Je verse rarement des larmes sur un livre, mais la fin de celui-ci m’en a volé quelques unes!

Étienne vient de perdre son père d’une terrible maladie, qui l’a mis à terre bien trop tôt. Les photos, les souvenirs l’assaillent lorsqu’il rejoint sa mère chez eux pour le dernier adieu. Depuis sa plus tendre enfance, le jeune homme n’a jamais douté de l’amour idyllique, presque intimidant, qui unissait ses parents l’un à l’autre ; aussi, lorsqu’il découvre le témoignage que lui destinait son père pour lui révéler son plus grand secret, le monde d’Étienne commence par s’écrouler, pour se révéler finalement plus grand encore qu’il ne l’était auparavant.

Lire la suite « Cette nuit qui m’a donné le jour de Frédéric Perrot »
Blog littéraire 2025

Les douleurs fantômes de Mélissa Da Costa

Résumé éditeur

« Rosalie, Gabriel, Tim, Anton et Ambre formaient un groupe d’amis soudé jusqu’à ce qu’un drame les éloigne les uns des autres. C’est pourtant un appel au secours qui, cinq ans après, va à nouveau les réunir. Entre silences amers et regrets, ces retrouvailles vont raviver leurs douleurs fantômes et bousculer leurs certitudes : mènent-ils vraiment la vie dont ils rêvaient ? Un rendez-vous à la croisée des chemins qui leur prouvera qu’on peut se perdre de vue, mais pas de cœur… Et qu’il n’est jamais trop tard pour changer de vie et être heureux. »

MON AVIS

J’ai lu le premier tome il y a si longtemps que je ne me souvenais plus des problématiques des uns et des autres dans ce groupe d’amis vingtenaire… Cela n’a pas trop gêné ma lecture grâce aux rappels fréquents de leur histoire passée, mais j’avoue que j’ai été un peu désarçonnée par la « fraîcheur » de l’ensemble, la plume de Mélissa a tellement évolué depuis ses premiers romans!

J’ai lu cette année Tenir debout qui m’a bluffée, il est certain qu’en regard ce tome 2 paraît un peu fade. Néanmoins, malgré le peu d’action et l’aspect répétitif des journées que passent ses héros à s’observer et panser leurs plaies, le talent de l’auteure consiste à nous immerger dans une ambiance, des vies entremêlées dont nous devenons familiers au fil des pages, et on y retourne avec gourmandise, sans forcer…

Bref, vous l’aurez compris, c’est un livre parfait pour buller sous la couette en hiver, ni plus ni moins !

Blog littéraire 2025

La fille qui s’échappa d’Auschwitz de Ellie Midwood

Résumé éditeur :

« Des millions de personnes ont franchi les portes d’Auschwitz, mais elle a été la première femme à s’échapper. Ce puissant roman raconte l’histoire vraie et inspirante de Mala Zimetbaum, dont l’héroïsme ne sera jamais oublié et dont le destin a changé le cours de l’histoire… Personne ne quitte Auschwitz vivant. Mala, matricule 19880, comprend qu’elle vient d’arriver en enfer au moment où elle descend du wagon à bestiaux à Auschwitz. En tant qu’interprète pour les SS, elle utilise sa position pour sauver autant de vies qu’elle le peut, faisant passer des miettes de pain aux autres détenus. Edward, matricule 531, est un ancien combattant du camp et un prisonnier politique. Bien qu’il ressemble à tout le monde, avec une tête rasée et un uniforme rayé, il est un combattant dans la résistance souterraine. Et il a un plan d’évasion. Mais quand ils se rencontrent, l’ombre sombre d’Auschwitz est illuminée par une lueur d’espoir. Edward fait croire à Mala l’impossible. Qu’en dépit d’être encerclés par des fils électriques, des mitrailleuses et des projecteurs, ils quitteront ce camp de la mort. Une promesse est faite – ils s’enfuiront ensemble ou ils mourront ensemble. Ce qui suit est l’une des plus grandes histoires d’amour de l’histoire.« 

MON AVIS :

Un livre absolument poignant sur une période tristement célèbre de l’Histoire, traitée sous un angle résolument humain.

Les faits sont sordides, abominables, à tel point que l’on se demande encore comment une telle déshumanisation à grande échelle a été rendue possible… Ce n’est pas le premier livre que je lis sur ce thème, loin de là, mais à chaque fois l’horreur revient, et avec elle le devoir de mémoire. Ne rien oublier, ne rien banaliser.

L’histoire d’amour entre Edward et Mala vient mettre un peu de lumière sur ces jours noirs, tout comme l’espoir de lendemains meilleurs, mais leur rêve d’évasion ensemble tournera court rapidement, comme annoncé dès le prologue du livre.

PS : en ce jour où je publie cette chronique, Ginette Kolinka, survivante des camps et passeuse de mémoire de la Shoah, fête ses 100 ans, j’en profite pour lui rendre hommage…

Blog littéraire 2025

Enfants à vendre de Kristina Mc Morris

Résumé éditeur

« Deux enfants en guenilles, le visage crasseux et le regard triste, sont assis sur le porche d’une maison. À côté d’eux, une simple pancarte : « Enfants à vendre ». Dans l’Amérique des années 30, alors que la crise économique fait rage, certaines familles n’ont plus de quoi se chauffer, rien à manger. Lorsque le jeune journaliste Ellis Reed découvre cette scène, il prend une photo. Un cliché terrible et émouvant qui va lancer sa carrière. Mais à quel prix ? Car cette photographie de deux enfants en détresse va avoir des conséquences dévastatrices. Rongé par la culpabilité, Ellis revient au même endroit, quelques semaines plus tard. Mais la maison est vide, les enfants ont été vendus. Le journaliste décide alors de tout faire pour retrouver leur trace et, si c’est encore possible, réparer ses erreurs… »

Mon avis

Un roman singulier, basé sur des faits réels, en tous cas en ce qui concerne la photo à l’origine de tout le reste, à savoir deux enfants assis devant leur maison, à côté d’une pancarte « À vendre ». Dans cette Amérique des années 30 laminée par la crise, on ne peut qu’imaginer le désespoir de parents démunis au point d’envisager de vendre leurs propres enfants pour que la famille survive, eux y compris.

L’histoire est très romanesque et prend le parti de suivre l’investigation de deux jeunes journalistes, dont celui à l’origine de cette photo, plutôt que d’analyser le fond du problème, à savoir la misère sociale à cette époque. Toute la première partie du livre aurait pu, à mon sens, être diminuée presque de moitié tant les faits sont dilués, ainsi que la montée en puissance de l’attirance entre les deux protagonistes principaux.

Par contre, une fois l’intrigue bien mise en place, un intérêt de lecture croissant est revenu jusqu’à la fin, notamment lorsque le suspense et l’action s’accélèrent, et m’a permis de vraiment m’immerger dans cette histoire traitant de thèmes liés à l’éthique et à ce que sont réellement les liens entre parents et enfants.

Bref, un moment de lecture dépaysant et assez enrichissant!