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Blog littéraire 2023

Ciao Bella de Serena Giuliano

Un roman rafraichissant, que j’ai lu pendant mes vacances, parfait pour l’occasion…

Anna est une jeune femme souffrant de crises de panique en lien avec une enfance malmenée, dont elle essaie de se débarrasser à coup de séances chez sa psy qu’elle adore, et à qui elle confie tous les tracas de sa vie quotidienne de mère et d’épouse qui s’apprête à mettre au monde son deuxième enfant.

Avec humour, sensibilité et une bonne dose d’autodérision, l’auteure nous embarque sans prétention dans ses préoccupations familiales et professionnelles, nous faisant partager la nostalgie de son Italie natale, fil rouge de tous ses romans.

À lire si vous avez envie de vous détendre!

Blog littéraire 2023, Livre reçu dans une box

L’homme qui savait la langue des serpents de Andrus Kivirähk

Bienvenue dans les contes et légendes d’Estonie grâce à ce roman étonnant qui nous plonge dans un univers onirique, pas tant déconnecté que ça de la réalité…

Leemet est le dernier à savoir la langue des serpents, le dernier homme de la famille, le dernier habitant de la forêt… mais surtout le dernier représentant d’un monde en extinction, celui où les hommes parlaient une langue qui leur permettait d’assujettir certains animaux et d’être amis avec d’autres, ainsi Ints le serpent qui conseille et soutient Leemet dans l’adversité. C’est Vootele, son oncle, qui a insisté pour lui transmettre cette langue difficile, car peu à peu la forêt se vide au profit des villages, devenus symboles de la modernité et d’une vie civilisée. Adieu fourrures et viande d’élan, place aux vêtements tissés et aux outils qui permettent de travailler la terre pour fabriquer du pain.

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Blog littéraire 2023, Mes coups de coeurs ❤️

Là où chantent les écrevisses de Delia Owens

Là où chantent les écrevisses – Poche 9,90€*

Énorme coup de cœur pour ce roman foisonnant, si beau, une ode à la nature et une histoire singulière, forte, poignante, quel talent !!

Vivre au cœur des marais en Caroline du Nord dans les années 60, c’est bon pour la racaille selon les gens bien-pensants. Impossible d’y vivre décemment tant les conditions y sont rudes, entre une humidité permanente et des sols mouvants et dangereux, nul n’a envie de s’en approcher, encore moins d’y rester.

C’est pourtant là que vit Kya, une petite fille de dix ans, abandonnée par les siens comme un chiot au cœur des bois. C’est Ma qui est partie la première, fuyant leur cabane insalubre et la violence d’un mari alcoolique ; les aînés de la fratrie suivent ce départ de près, puis enfin Jodie, son frère de treize ans qui prenait pourtant soin d’elle. Quand elle se retrouve seule avec Pa, celui-ci s’intéresse un temps à sa fille, pour mieux la rejeter ensuite et disparaître comme les autres.

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Blog littéraire 2023

Tu t’appelais Maria Schneider de Vanessa Schneider

Une biographie intéressante, sans plus.

L’auteure est la cousine de l’actrice décédée Maria Schneider, et ce récit à mi-chemin entre la biographie de cette dernière et l’autobiographie, puisque l’on découvre son histoire à travers le prisme de celle de l’auteure, m’a laissée une impression en demi-teinte.

Certes, on ressent la puissante fascination que Maria exerçait sur sa cousine plus jeune, à cause des paillettes du monde du cinéma, de son côté fantasque et rebelle, son fort caractère et son destin tragique… Mais pas seulement. Ce récit démontre aussi un fort besoin d’expliquer, de rétablir une certaine vérité, depuis le scandale en 1972 de cette malheureusement célèbre scène du film « Le dernier Tango à Paris », dans lequel Bertolucci a forcé Maria Schneider à tourner une scène de viol choquante en la prenant par surprise pour voler sa réaction de stupeur, de colère et son sentiment d’humiliation ; il ne voulait pas qu’elle joue mais qu’elle ressente tout ces sentiments en direct devant la caméra. Marlon Brando s’est prêté au jeu, et ce fût le début de la descente aux enfers pour Maria, entre drogue, alcool et internements successifs.

L’écriture est pudique mais les révélations faites ne le sont pas, et je n’arrive pas à déterminer s’il s’agit d’un réel hommage à titre posthume, ou bien d’un besoin de l’auteure de vider un sac familial sacrément lourd à porter… probablement un mélange des deux!

Mais ce n’est que mon avis 😉

Blog littéraire 2023

La discrétion de Faïza Guene

Un roman éclairant, pudique et très touchant sur l’histoire des familles immigrées d’Algérie.

Yamina incarne cette discrétion dont a honte sa fille Hannah, perpétuelle indignée face à la condition de ses parents. Sa mère qui s’est effacée toute sa vie pour faire oublier ses origines mérite le respect et la considération, car elle est courageuse et digne. Mais Yamina est née à Msirda, en Algérie colonisée, elle a connu l’exil, le dénuement extrême, la souffrance physique, la faim et la soif; alors malgré son chagrin de quitter ses proches, et surtout son père, lorsqu’en France elle parvient à offrir à ses enfants un toit, de la nourriture et la sécurité, elle ne veut surtout prendre aucun risque de perdre ce qu’elle a si chèrement gagné.

Elle se fâche lorsque ses enfants se font remarquer, même si la plupart du temps elle n’exprime à leur encontre qu’une grande fierté. Ils sont tous les quatre honnêtes et travailleurs, n’ont jamais été en garde à vue, sont gentils avec elle…

Entre un passé algérien omniprésent et l’intégration de ses enfants nés en France qui peinent à trouver leur juste place, l’auteure exprime avec une justesse confondante le poids des origines, la stigmatisation, la mécompréhension qui jalonnent le parcours de vie de ces immigrés malgré eux, la souffrance de devoir justifier en permanence qu’ils ont le droit d’être là où ils sont.

Quête d’identité, légitimité, nostalgie, respect, immigration, intégration, amalgame … Les thèmes abordés sont multiples et si riches que le livre semble presque trop court tant il est bien écrit, et encore une fois d’une grande justesse.

J’ai beaucoup aimé!

Blog littéraire 2023

Liv Maria de Julie Kerninon

Un portrait de femme remarquablement bien écrit, à la fois juste et pudique, tout en retenue.

Liv Maria grandit sur une île bretonne, entre un père norvégien qui lui fait aimer les livres, et une mère taiseuse dont elle admire la force et la ténacité. Un beau jour, suite à un événement malheureux, Liv doit s’exiler à Berlin. À dix-sept ans, elle tombe follement amoureuse de son professeur d’été, Fergus, un homme marié qui repartira pourtant en Irlande tout en lui promettant de lui écrire. Sans nouvelles de lui, le coeur de Liv Maria se brise.

Le temps passe, la jeune femme s’endurcit et poursuit sa route en menant une vie aventureuse et prospère en Amérique du Sud, au milieu des chevaux. Elle rencontre un homme qui sera son amant durant de nombreuses années, sans jamais rien lui offrir en retour, car déjà engagé par ailleurs.

Et puis un beau jour, lasse d’errer sans but, Liv Maria tombe amoureuse de Flynn, son futur mari et père de ses enfants, sans savoir que cette rencontre allait la renvoyer dans un passé qu’il devient alors interdit de révéler.

À travers l’histoire de Liv, ce sont de vraies questions de fond qui sont posées sur la vie des femmes, leur identité, le poids de leur vie propre et du secret, la façon dont elles s’appartiennent encore malgré l’injonction qui leur est faite de donner leur corps et leur âme à leurs proches… et comment s’en libérer?

Un dilemme qui fera écho à beaucoup d’interrogations que les mères de famille sont en droit de se poser dans la société actuelle.

Bref, un très beau livre que je vous recommande sans hésitation!

« Depuis plus d’une décennie, elle essayait de toutes ses forces d’être cette femme stable, cette épouse, cette mère de famille. Elle ne manquait pas de générosité, ni d’attention, elle était là et debout, elle faisait les choses, mais sous le vacarme de la vie quotidienne elle continuait d’entendre la ligne de basse de son propre coeur, de ce qui n’était qu’à elle. »

Blog littéraire 2023

La disparition de Josef Mengele de Olivier Guez

On ne sort pas indemne de lectures comme celle-ci.

On a beau savoir, se confronter à l’histoire d’un monstre hideux comme ce médecin nazi qui jusqu’à la fin de sa vie n’a jamais regretté les atrocités innommables ni les milliers de crimes perpétrés durant les années où il était surnommé l’Ange de la mort à Auschwitz, c’est comme regarder la mort en face. C’est désespérer à jamais de l’humanité.

Le récit démarre à l’arrivée de Mengele en Argentine, et relate de façon ultra documentée l’histoire de sa fuite, de sa presque renaissance et de la chasse aux nazis dont il fût – enfin – victime sur la fin de sa vie. Ce n’est pas pour autant qu’il regrettera ses actions passées, bien au contraire. Grâce à un improbable réseau de solidarité familiale et le soutien nauséabond de fanatiques du 3ème Reich, il parvient même à voyager et revenir en Europe avant de s’installer définitivement en Amérique du sud, où son exil aura finalement eu raison de lui, mais pas la justice des hommes, à laquelle il échappera toujours.

La vermine s’accroche, résiste, et fait des petits… un livre tel que celui-ci nous rappelle à quel point le devoir de mémoire est essentiel. Ne pas oublier, c’est le fondement de l’humanité, et l’un des grands pouvoirs de la littérature.

Blog littéraire 2023

La belle famille de Laure de Rivières

Un thriller psychologique qui m’a tenue en haleine du début à la fin…

L’auteure explore finement les mécanismes de l’emprise, des personnalités borderline et de la difficulté à vivre avec une personne atteinte d’un trouble invisible, qui n’émerge que dans l’intimité du foyer, et encore…

Manon Jackson est une jeune fille de vingt ans métisse, belle comme le jour, qui atterrit par hasard au sein d’une famille ultra catholique, limite intégriste. Au départ, elle devait simplement aider la mère de famille, qui sortait alors de l’hôpital pour une raison inconnue, à gérer ses cinq enfants en bas âge au quotidien.

Mais le décès subit de cette dernière précipite Manon dans une autre configuration, dans laquelle sa présence devient essentielle à la survie de cette famille en perdition. Elle travaille désormais comme nounou à temps plein chez les Leprince, et s’attache si fort aux enfants qu’elle ne peut plus envisager de partir, sacrifiant alors ses projets personnels et ses études en pointillés.

Au cours de l’été suivant, un lien inattendu s’installe entre elle et Thierry Leprince, et nous découvrons un nouveau visage à ce père de famille traditionnaliste, dont le comportement évolue d’une manière si insidieuse qu’on a du mal à identifier à quel moment tout bascule.

Manon est ingénue, entière, pleine d’empathie, et nous aimerions penser comme elle que l’amour peut suffire. Mais la vie n’est pas un conte de fées… surtout lorsqu’on apprend que cette histoire chorale et addictive est inspirée de faits réels…

En bref, une très belle découverte !

Blog littéraire 2023

La valse lente des tortues de Katherine Pancol

Le tome 2 est un pavé comme le tome 1, mais cette fois-ci je connaissais déjà les personnages et leur histoire donc j’ai mis beaucoup moins de temps pour entrer en immersion dans l’univers un peu baroque de l’auteure.

J’ai retrouvé avec plaisir Joséphine, décidément très attachante, à qui j’ai pu facilement m’identifier… Tout comme dans le premier opus, elle poursuit ses efforts pour s’affirmer, oser être elle-même et s’autoriser à aimer et être aimée malgré les traumatismes du passé.

Iris, sa grande sœur parfaite, est toujours aussi odieuse malgré sa chute après la révélation publique qui l’a faite passer pour une usurpatrice aux yeux de tous, lorsque la fille aînée de Joséphine a annoncé que c’était sa mère et non sa tante qui avait écrit un best-seller en se faisant passer pour elle…

Les enfants grandissent, les personnages évoluent, les histoires d’amour fleurissent, quelques crimes mystérieux pimentent le tout, jusqu’à un dénouement assez inattendu…

Bref, même si pour l’instant j’en reste là (envie de lire autre chose après deux tomes de 700 pages chacun !), l’ensemble reste une trilogie bien sympathique pour les vacances.

Blog littéraire 2024

Les yeux jaunes des crocodiles de Katherine Pancol

Un roman parfait pour l’été! D’ailleurs je commence le tome 2, un pavé comme le premier 😉

Pour être tout à fait honnête, en première intention j’ai eu du mal à accrocher. Je trouvais les personnages trop stéréotypés, les situations caricaturales, le langage gouailleur exagéré, bref… tout cela manquait un peu de finesse à mon goût!

Et puis la longueur de l’histoire aidant, j’ai fini par m’attacher à tous ces personnages hauts en couleur, notamment celui de Joséphine, la quarantaine effacée et humble qui en début de roman se fait quitter par son mari pour une autre, et régulièrement marcher sur les pieds par tout son entourage… Quel plaisir de la voir évoluer, s’affirmer et découvrir son talent lorsqu’elle écrit un livre sur le Moyen âge, dont elle est spécialiste, pour le compte de sa sœur Iris.

Toutes les bonnes fées semblent s’être penchées sur le berceau de cette dernière lorsqu’elles étaient petites… Iris est plus jolie, plus brillante, plus intéressante que Joséphine; elle a fait un beau mariage après une carrière artistique hollywoodienne interrompue assez jeune, et fréquente le gratin parisien à qui elle rêve d’en mettre plein la vue. C’est ce qu’elle fera en se faisant passer pour l’auteure du livre écrit par Joséphine, à qui elle remettra tous les droits d’auteur en compensation, elle qui n’a pas besoin d’argent : la gloire pour l’une, les espèces sonnantes et trébuchantes pour l’autre…

Mais tout le subterfuge repose sur un équilibre fragile, et la naïveté touchante de Joséphine ne viendra rien arranger face au désir sans fin de reconnaissance d’Iris.

Bref, une lecture jubilatoire et sans prétention, qui croque avec allégresse les petits et grands travers des humains, lesquels doivent prendre garde de ne pas se faire croquer à leur tour par les crocodiles aux yeux jaunes qui rôdent parfois là où on les attend le moins …