
Un brin déroutant, ce livre original et très touchant m’a bien plus interpellée que je ne l’aurais cru au départ…
Eleanor Oliphant est une jeune femme trentenaire solitaire et atypique, enfermée dans des routines rassurantes que viennent à peine troubler les micro événements de sa vie quotidienne. Comptable dans une agence de design, régulièrement moquée par ses collègues, elle trace une route singulière, ponctuée de réflexions désopilantes sur ses semblables, de soirées et de week-ends en solo en compagnie d’une bouteille de vodka, mais aussi d’appels hebdomadaires à maman, que l’on perçoit rapidement comme une personne menaçante au sein de son univers restreint.
Et puis… Eleanor fait la connaissance de Raymond, du service informatique, qui ne semble pas se formaliser du décalage de la jeune femme avec le monde, ni de son habitude de dire ce qu’elle pense au moment où elle le pense, sans filtre ni respect des codes sociaux dont elle semble dépourvue, un peu à la manière des personnes Asperger. Un lien assez unique se forme entre eux, et le lecteur au départ désarçonné par ce personnage un peu loufoque finit par s’y attacher drôlement, d’autant plus qu’au fur et à mesure de l’avancée du récit il en apprend de plus en plus sur le destin dramatique d’Eleanor et comprend de mieux en mieux ses réactions, ses petites manies, et tous les mécanismes de défense qu’elle a élaborés au fil des années pour mieux se protéger de l’indicible.
Bref, une petite pépite littéraire qui m’a finalement beaucoup plu!