
Un roman un peu étrange, mais fascinant, sur une histoire d’emprise, d’amitié, de réminiscence du passé, de filiation…
Candice est une jeune mère célibataire de trente ans, ingénieure du son, maman d’un petit garçon de bientôt quatre ans, dont la vie va basculer lorsqu’elle assiste malgré elle à un accident de la voie publique, au cours duquel une femme d’une soixantaine d’années se fait violemment percuter par une voiture. Candice lui tient compagnie et la soutient jusqu’à ce que les secours arrivent, et ne peut s’empêcher de prendre de ses nouvelles à l’hôpital. Elle découvre alors une femme terriblement seule, grièvement blessée à la jambe, et lui propose spontanément un peu de réconfort.
Un lien étonnant se lie alors entre ces deux femmes, qui s’accentue lorsque Candice vient chercher des affaires dans l’appartement de Dominique. Elle découvre un intérieur raffiné, à l’instar de l’occupante des lieux, et apprend que ces murs ont abrité durant de longues années les amours clandestines du célèbre écrivain Émile Zola avec Jeanne, qui fut le deuxième amour de sa vie et mère de ses deux uniques enfants. Le roman tout entier est imprégné de l’histoire et des écrits de Zola, Dominique étant elle-même fascinée par ses livres, qu’elle possède tous.
Mais Candice ne va pas bien. Elle vient de perdre son père et se remet difficilement de ce deuil, d’autant plus qu’elle souffre de troubles du comportement alimentaire envahissants qui ne font que s’accentuer. Dans un mouvement de va-et-vient régulier, les deux femmes s’entraident alors à supporter un quotidien rendu difficile par les épreuves qu’elles traversent, jusqu’à ce moment où, peut-être, l’une va en faire trop.
Jusqu’à la fin de l’histoire, on se demande qui est réellement Dominique, est-ce une présence toxique et dangereuse dans la vie de Candice, comme semblent en être persuadées sa mère et sa sœur? Ou bien une sorte d’ange gardien qui l’accepte telle qu’elle est et finit par la connaître mieux que personne? Dans ce roman, rien n’est noir ou blanc, bien ou mal. Les rapports sont ambigus, les personnalités complexes, et il faut réellement attendre les dernières pages pour découvrir où l’auteure souhaite nous emmener, tout en laissant au lecteur une petite marge personnelle d’interprétation…
L’écriture est fluide et agréable, et malgré parfois une impression de tourner un peu en rond, j’ai fini par me prendre au jeu, et terminé ma lecture plus vite que prévu!