Blog littéraire 2024

La fille de l’ogre de Catherine Bardon

Une biographie intéressante et très bien documentée de Flor de Ojo – Fleur d’Or -, la fille aînée de l’ogre des Caraïbes, autrement dit le général Rafael Trujillo, président dictateur de la République dominicaine depuis son coup d’état en 1930 jusqu’à son assassinat en 1961.

Dès sa plus tendre enfance, Flor est soumise aux volontés parfois cruelles de son père, surnommé T dans tout le livre, comme celle de la séparer de sa mère à l’âge de neuf ans pour l’envoyer en pensionnat à Paris, seule, bien loin de son île adorée.

L’auteure rentre finalement assez peu dans les détails de l’histoire du règne de T, insistant seulement sur son caractère despotique et la terreur qu’il inspirait à ses semblables. Durant toute sa vie, Flor devine les exactions multiples dont il se rend coupable, les tortures, les emprisonnements, la démesure grotesque d’un pantin à l’égo surdimensionné dont se moque le monde entier… Mais il reste son père, celui dont elle craindra le jugement jusqu’au bout de sa vie, nourrissant à son égard des sentiments complexes d’amour et de haine, de crainte et de ressentiment.

Elle étouffe littéralement sous sa coupe, car T veut tout contrôler dans les moindres détails. Dès qu’elle a un début d’aventure avec un homme, elle doit l’épouser, pour sauver les apparences, ce qui la conduira à enchaîner les mariages et les divorces, passant régulièrement de la coupe de son père à celle d’un énième mari. Mais Flor n’a eu qu’un seul grand amour, le premier, celui qui le hantera toute sa vie et dont elle ne parviendra jamais à se défaire totalement, noyant ses regrets dans l’alcool et les médicaments.

J’avais adoré la saga des Déracinés, de la même auteure, j’ai été cette fois-ci un peu moins emportée, malgré le destin hors-normes de cette héroïne à la fois touchante et agaçante, dont on guette un apaisement vain, mais qui répète indéfiniment les mêmes erreurs.

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