
Deuxième volet d’une trilogie familiale et politique dont j’avais beaucoup aimé le premier opus (le 3ème n’est pas encore sorti), Regardez-nous danser prend la suite avec brio.
On retrouve Amine et Mathilde Belhaj dans les années 60-70, ce couple franco-marocain dont la rencontre et l’installation à la médina puis au bled, dans des conditions assez rudes, avaient été le thème du Tome 1.
Avec les années et au prix d’un dur labeur, les ambitions et la réussite professionnelle d’Amine ont permis à leur famille de s’élever au rang de notables locaux dans un Maroc à la fois magnifique et corrompu, dont les luttes politiques et le patriarcat brutal rythment le quotidien d’Amine et Mathilde, mais aussi de leur fils Selim, et d’Aïcha et Medhi, leur fille et futur gendre, dont l’une est médecin après avoir fait ses études en France, et l’autre haut fonctionnaire, tandis que Selim fuit l’autorité paternelle en compagnie des hippies de passage.
La personnalité des uns et des autres s’épanouit ou s’étiole dans un Maroc répressif et soumis à la volonté de son roi, mais du simple paysan au riche propriétaire, du colon nostalgique à l’enfant du pays, tous aiment ces terres que Leïla Slimani décrit à merveille, grâce à une écriture magnifique à la fois riche et épurée, dense et fluide, qui confère à l’ensemble une profondeur digne de cette fresque brûlante.