
Un court livre saisissant, âpre et cruel sur les réalités de l’âme humaine et de la vie sauvage…
Je ne conseillerais pas forcément cette lecture à tout le monde, âmes sensibles s’abstenir, car j’ai moi-même éprouvé des sentiments ambigus à sa lecture, notamment envers le protagoniste principal dont au début du livre je comparais les réactions à celles d’un animal, et encore…
Liam a fait le choix il y a des années de vivre reclus dans la montagne, au cœur de paysages qu’on imagine être ceux du Canada ou de l’Amérique du Nord, dans un lieu reculé où il est encore possible de chasser les ours, les cerfs et les loups. Il part donc de longues journées durant traquer les animaux pour sa survie et celle d’Ava, sa compagne, et de leur enfant Aru âgé de cinq ans.
Seulement voilà, un soir en rentrant de la chasse, Liam trouve sa femme morte, tuée par un ours. Fou de douleur, il pense se séparer de l’enfant, bien trop petit pour le suivre dans ses pérégrinations solitaires. C’est là que j’ai eu du mal à comprendre le personnage, qui réduisait son fils à une présence inutile dont on pouvait se débarrasser comme d’un chaton encombrant. Rien ne justifie de tels sentiments selon moi.
Certes, la suite du roman montre l’évolution du personnage et son repentir, on comprend le parallèle entre une nature sauvage et la rudesse d’un homme qui a lui-même grandi dans de terribles conditions, dont il doit s’affranchir pour apprendre à considérer autrement son propre enfant, mais tout de même, la terreur d’Aru tout au long du périple paternel prend aux tripes et m’a profondément dérangée.