Blog littéraire 2023

Beyrouth-sur-Seine de Sabyl Ghoussoub

À mi-chemin entre quête identitaire et récit initiatique, ce roman tente de nous livrer les secrets d’un exil et d’une guerre sans fin…

Avec beaucoup de tendresse et une pointe d’autodérision, l’auteur de cette biographie, journaliste franco-libanais de 34 ans, entreprend d’enregistrer ses parents afin de tenter de comprendre l’histoire de sa famille, si intimement mêlée à celle d’un pays déchiré par les guerres civiles. Mais il découvre aussi que rien n’est simple et que certains non-dits perdurent.

J’avoue que je me suis sentie comme l’auteur lorsqu’il énonce « La vie de mes parents, c’est comme la guerre au Liban. Plus je m’y plonge, moins j’y comprends quelque chose …/… Trop de dates, d’événements, de trous, de silences, de contradictions… ». 

Certes, j’ai compris cette douce et violente nostalgie de la chaleur et des odeurs d’une terre perdue, l’écartèlement entre deux cultures, la difficulté de devoir s’adapter à un pays qui n’est pas le sien, contraint et forcé par la guerre… mais je me suis aussi un peu égarée dans cette accumulation de personnages et de faits, livrés souvent chapitre après chapitre sans lien évident entre eux, de sorte qu’on ne sait plus si l’on est en 1975 ou en 2015, à Paris ou à Beyrouth, sous un régime pro chrétien ou pro palestinien…

Avis en demi-teinte donc, même si l’ensemble est riche et lève un voile très intéressant sur la question des origines et les identités multiples de la société libanaise.

🏆 Prix Goncourt des Lycéens 2022 🏆

Mon père n’est d’aucun milieu, d’aucun monde. Mon père est un homme seul, dans ce que la solitude a de plus grand. Je l’admire, mon père. Un jour, je deviendrai muet comme lui.

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