
Bienvenue dans les contes et légendes d’Estonie grâce à ce roman étonnant qui nous plonge dans un univers onirique, pas tant déconnecté que ça de la réalité…
Leemet est le dernier à savoir la langue des serpents, le dernier homme de la famille, le dernier habitant de la forêt… mais surtout le dernier représentant d’un monde en extinction, celui où les hommes parlaient une langue qui leur permettait d’assujettir certains animaux et d’être amis avec d’autres, ainsi Ints le serpent qui conseille et soutient Leemet dans l’adversité. C’est Vootele, son oncle, qui a insisté pour lui transmettre cette langue difficile, car peu à peu la forêt se vide au profit des villages, devenus symboles de la modernité et d’une vie civilisée. Adieu fourrures et viande d’élan, place aux vêtements tissés et aux outils qui permettent de travailler la terre pour fabriquer du pain.
Commence alors pour Leemet une longue quête, qui démarre lorsqu’il sauve Hiie, la dernière jeune fille de la forêt, des griffes de son père, et qui se poursuit tout au long du livre, entre poursuites sur les mers et les terres, rencontres hautes en couleur et massacres en tous genres. Car le choc des générations, et plus largement des civilisations, se fait dans une violence rare… à méditer!
Dans un langage actuel et non dépourvu d’humour, l’auteur brosse le portrait d’une civilisation qui chasse l’autre, tout en soulignant que sous couvert de modernité les hommes sont toujours prêts à avaler les mêmes couleuvres…
Une petite satire de la religion au passage, à mi-chemin entre pamphlet et conte fantastique, ce récit d’un certain désenchantement du monde a connu un énorme succès en Estonie.
À lire si vous êtes curieux et aimez découvrir d’autres univers, évasion assurée!