
On ne sort pas indemne de lectures comme celle-ci.
On a beau savoir, se confronter à l’histoire d’un monstre hideux comme ce médecin nazi qui jusqu’à la fin de sa vie n’a jamais regretté les atrocités innommables ni les milliers de crimes perpétrés durant les années où il était surnommé l’Ange de la mort à Auschwitz, c’est comme regarder la mort en face. C’est désespérer à jamais de l’humanité.
Le récit démarre à l’arrivée de Mengele en Argentine, et relate de façon ultra documentée l’histoire de sa fuite, de sa presque renaissance et de la chasse aux nazis dont il fût – enfin – victime sur la fin de sa vie. Ce n’est pas pour autant qu’il regrettera ses actions passées, bien au contraire. Grâce à un improbable réseau de solidarité familiale et le soutien nauséabond de fanatiques du 3ème Reich, il parvient même à voyager et revenir en Europe avant de s’installer définitivement en Amérique du sud, où son exil aura finalement eu raison de lui, mais pas la justice des hommes, à laquelle il échappera toujours.
La vermine s’accroche, résiste, et fait des petits… un livre tel que celui-ci nous rappelle à quel point le devoir de mémoire est essentiel. Ne pas oublier, c’est le fondement de l’humanité, et l’un des grands pouvoirs de la littérature.