
Un roman initiatique poignant et douloureux, sur l’acceptation, l’identité et les ravages du harcèlement …
Mais aussi une ode à l’amour de façon universelle, celui qui unit deux êtres quel que soit leur genre, par-delà les conventions et les années.
« Les yeux rivés sur le présent et surtout sur leur avenir, il s’efforce de leur montrer qu’il n’y a que des itinéraires singuliers, que la norme n’est qu’une invention destinée à privilégier un groupe d’individus sur tous les autres, que tout ça ne mène nulle part, si ce n’est vers la violence et le néant. Parce qu’il l’a compris : une norme, ça se crée par inadvertance. Ca n’a pas de réelle nécessité. Et même, ça peut être ce qu’il y a de plus minable. Au fond, c’est juste un nombre. Le plus grand nombre. »
« Le lendemain, Paul, Cécile et leur mère se rendent au cimetière. Paul aime les visites de ces lieux. C’est un pas de côté, une respiration loin du tumulte des vivants. Les vieilles allées gravillonnées sont des lieux salutaires pour qui oublierait que toute cette vie n’est qu’une fable. Paul est d’ailleurs convaincu que si les hommes gardaient à l’idée la façon dont tout s’achève, les choses seraient sans doute plus simples. Oui, les choses seraient bien différentes, elles ressembleraient à des histoires et des espérances d’enfants. Où rien n’est impossible. Où tout est réversible. Mais dans la réalité, ce qui gouverne nos existences d’adultes est lesté d’une gravité et d’une rancœur auxquelles on ne peut rien. »
« Le battement du cœur reprend là où il s’était interrompu presque vingt ans auparavant. Joseph saisit alors que le désir d’une peau n’a pas d’histoire, qu’il ne vieillit pas, ne s’érode pas, qu’il est toujours là, ardent et intact. L’amour comme une partition inachevée et inachevable. »